Propos recueillis le 02 février 2026 By KERIDWEN



Bonjour, Sam SPADE, comment vas-tu ?
Oh bien, je viens d’entamer ma semaine de boulot… Je suis DJ dans un strip club, on travaille 6 jours par semaine, et ça fait déjà 66 nuits.
Ça te fait un emploi du temps chargé ! On m’a chargé de te demander si les MIDNIGHT DEVILS sont un vrai groupe (un grincheux a affirmé sur les réseaux qu’il s’agissait d‘IA).
Bien-sûr que nous somme un vrai groupe ! Mais nous ne sommes comme aucun autre groupe passé ou présent, un peu comme des sortes d’aliens de l’espace Rock. Je suis très heureux parce qu’en 2026, nous célébrons les 9 ans de cette formation, 9 ans de tournées et de fêtes Rock n’Roll, n’est-ce pas incroyable ? Pratiquement 10 ans, c’est complètement fou, quelle aventure !
Justement, peux-tu décrire ton groupe et son histoire ?
Les MIDNIGHT DEVILS, ce sont 3 mecs, 3 entités, ce qui est vraiment unique et passablement cool. Nous sommes au cœur du truc, on est de gros fans de Rock, on aime la musique et on adore être un groupe en tournée qui travaille très dur pour apporter des choses que la plupart des gens n’ont jamais vu. On a commencé en 2018 avec Jimmy MESS, notre batteur, SNIPER notre guitariste et moi, Sam SPADE, chanteur et bassiste. Nous sommes très indépendants. On fait un peu tout nous-même, on fait nos costumes de scène, la mise en place, on conduit les vans ou les bus, et tout ! On se débrouille tout seuls, on apprend et on se crée notre propre chemin. On a créé cet univers cosmique et cool que sont les MIDNIGHT DEVILS, et les fans aiment ces personnages qui gravitent autour du groupe. Ils sont une extension de nous depuis presque 10 ans.

Je voulais justement savoir comment vous était venu l’idée ce look tellement improbable sur scène.
Oh ça ? Ce qui est bien avec ce groupe, c’est la liberté de faire ce qu’on veut. On s’habille comme on veut. Je suis un grand fan de KISS et des NEW YORK DOLLS, et il est évident que beaucoup de mon inspiration vient de là. On joue de l’ALICE COOPER, des MISFITS, tous ces trucs-là, et ça nous inspire. Nous sommes un groupe de Glam, et il y a beaucoup de groupes de Glam, mais il n’y en a pas beaucoup qui vont aussi loin, qui mettent du maquillage et des costumes, non, y en a pas des tas qui savent.
Je vais te dire, on a beau être un groupe de Glam théâtral et festif, sans vouloir me faire mousser, je pense que point de vue énergie, engagement et cœur et âme, on rivalise avec n’importe quel groupe au monde. Mais ce que les autres n’ont pas, c’est notre état d’esprit, c’est comme ça.
Ce look moitié JEM et les HOLOGRAMS, moitié MISFITS leur Nemesis, totalement cartoonesque, c’est une vraie salade de fruit, c’est assez surprenant.
Oui, toutes ces influences combinées, on mélange tout et on s’en fout, c’est ce qu’on va faire, que ça te plaise ou non, on s’en tape. Ça va faire 10 ans et 1000 shows tout autour du monde, on n’a plus rien à prouver. On fait ce qu’on veut. C’est l’attitude Punk Rock ultime, et c’est différent des autres groupes.
Ça me rappelle une certaine chanson…. (Rage, sur l’album “So Hard It Hurts”, dont le refrain est “We do what we want”)
Hahahah !!!

Au vu de tes influences, tu penses qu’il y a encore un public pour le Glam Metal ?
J’aime beaucoup cette question, parce que j’y pense souvent, Est-ce que dans 10 ans on fera autant la fête, est-ce qu’on sera toujours invités ? Est-ce que cette musique sera toujours viable ? J’y pense assis chez moi dans le Nebraska, je me demande si on peut maintenir ce rythme. Dans deux semaines, on repart en tournée, on va faire de la musique incroyable.
Les gens ont envie de faire la fête, maintenant plus que jamais. Ils ont envie de sortir, d’avoir du bon temps, et nous sommes pareils. Les MIDNIGHT DEVILS aiment s’amuser, on adore ce qu’on fait et on ne s’arrêtera pour personne. En fait, je pense qu’il n’y a pas de fin à prévoir pour nous, que ce soit au point de vue de la création, de l’écriture, des tournées. On crée des histoires intéressantes, des images percutantes avec ces personnages à qui on a donné vie, que ce soit le gros bâtard, le diable peint en rose, qui est mon cousin, au passage, ou encore Roxanne, et tous les autres qui peuplent l’univers des MIDNIGHT DEVILS. Ils existeront encore bien après qu’on ait raccroché les gants.
Depuis plus de 10 ans, on me dit que le Glam c’est dépassé, que c’est un public de niche, mais je vois pleins de jeunes qui s’y intéressent, qui veulent savoir comment c’était, qui collectionnent des vinyles, qui montent des groupes. Ils ont l’âge des mes gosses, mais ils sont à fond ! As-tu remarqué ça aussi durant tes tournées ?
Je suis d’accord. Nous nous enorgueillissons d’emmener régulièrement des groupes plus jeunes en tournée avec nous, nous l’avons toujours fait. Là, on va partager l’affiche avec READY TO STRIKE, puis avec BAD MARRIAGE et CASTER VOLOR. Et tu as absolument raison, je vois des tas de gosses aller aux festivals, et ils jouent le jeu à fond, ils adorent ce style de musique. Et crois-le ou non, bien que nous ne soyons pas très connus de par le monde, nous sommes à la fois un nouveau groupe, en quelque sorte, et comme nous tournons depuis si longtemps nous sommes aussi considérés comme des piliers du genre. Comme on a vu et vécu des tas de trucs, les gars viennent nous voir et nous posent des questions, et j’adore ça ! Si je peux aider à faire l’ingé son ou donner un coup de main dans ce grand voyage, je le fais volontiers.

Comme vous travaillez de manière indépendante, comment organisez-vous vos tournées, trouvez vos dates, et dans un autre ordre d’idées, est ce que les plateformes d’écoutes sont un bon outil pour vous ?
C’est une excellente question. Quand on a commencé, aucun label ne voulait de nous, la routine habituelle, quoi. Ni Golden Robot, ni Frontiers Records. Trop sauvage, c’était trop pour eux… Ils ne voulaient pas y toucher.
Alors devant ces refus, comme pas mal de groupe avec qui on a grandi, comme TWISTED SISTER, on a dit « Allez vous faire foutre ! Vous savez quoi ? On va se débrouiller tout seuls si vous ne voulez pas
nous booker, si on ne rentre pas dans votre putain de moule d’album orienté Rock mielleux ! Tant mieux si on ne correspond pas, on va le faire nous même ! ».
Et c’est devenu notre mantra, notre noyau dur, totalement dans l’esprit Punk Rock : pas de maison de disque ? On en monte une, on crée notre agence pour démarcher toutes les portes afin d’ avoir des dates de concert jusqu’à ce qu’on en trouve, qu’on trouve les tournées, qu’on trouve les gens qui s’en occupent.
C’est ça l’amour de la musique, l’amour que je porte à ce groupe. Je ferais tout pour lui, je travaille comme un acharné et j’en retire une grande fierté. Récemment, on a signé avec Mr More Records, qui est une boîte australienne. C’est la première fois qu’on fait équipe, mais ils sont prêts à nous apporter du soutien, un endroit où fleurir et nous développer, c’est exactement ce dont on avait besoin. Nous avons la certitude qu’ils sont là pour nous épauler, qu’ils ne nous chieront pas dans les bottes et ne se tireront pas avec notre pognon en nous laissant à poil. Jusqu’à présent, on est réellement heureux de cette collaboration.
Pour les plateformes, quelqu’un m’a dit qu’on était sur Spotify. On est sur chaque plateforme d’ailleurs, et j’utilise aussi Spotify à titre personnel. Maintenant, est-ce qu’il vaut mieux sortir et acheter des disques… On fait avec son temps, l’industrie du disque est ce que tu en fais. Ce n’est pas parfait, un peu cassé même, on le sait tous, mais il faut faire avec qu’on a.

Est-ce que c’est commun pour les groupes de faire leur promo tout seul ?
Pas du tout, enfin si, souvent, mais tu arrives souvent au bout de tes limites si tu n’as pas un peu d’aide. Maïs les MIDNIGHT DEVILS sont tellement têtus depuis le départ qu’on a juste continué tout droit, même quand on ne pouvaitpas, que c’était impossible,
qu’on était fauchés, qu’on n’avait pas les ressources, les gens qui nous sécurisent, qu’on n’était pas le groupe à la mode, on s’en foutait. On voulait juste épater les gens et les impressionner à tout prix. A chaque show, dans chaque cave où on a joué pour 4 personnes, il a toujours été question d’établir une relation personnelle. Tous ces gens qu’on a rencontré sur la route, ils sont devenus des fans, des amis, à travers tous les États-Unis, et maintenant on en a aussi en Europe, au Japon et en Australie et on va en avoir en France. C’est un bel objectif, aller dans tous ces endroits où les autres n’ont pas les couilles d’aller, nous on fait ce qu’on veut et c’est ça qui nous fait du bien à la fin de la journée.
Tu as mentionné un concert en France, vous allez tourner en Europe ?
Oui, en avril et en mai, ce sera notre 3e ou 4e tournée je ne sais plus, mais notre première fois en France. On est très contents, ça va être une fête vraiment, vraiment énorme, c’est tout ce que je peux dire, j’ai vraiment hâte. C’est marrant parce que pleins de gens m’avaient mis en garde contre les Français. On a tourné avec un groupe français, HIGHWAY, il y a quelques années et on s’est amusé comme des fous ! Alors je pense qu’amener notre musique en France ça va être incroyable, parce que je suis sûr qu’il y a une demande pour ce type de Rock n’Roll qui vient du fin fond du cœur, comme quand nous sommes allés en Australie.

C’était justement ma prochaine question, comment c’était l’Australie, transition parfaite !
Oh c’était super, il n’y avait que nous trois, on a pris l’avion, on a le bus et on s’est dit qu’on allait abattre tous les obstacles sur notre chemin, et il y en a eu des tonnes en Australie ! Mais en fin de compte, ensemble, rien ne peut nous atteindre et tout ce qui compte à la fin de la journée, c’est qu’on ait explosé les portes des endroits où on a joué, pas vrai ?
Qu’il y ait du monde ou pas, peu importe, on est là pour jouer alors on joue, on s’amuse, on fait du Rock n’Roll et ça m’apporte de la joie. C’est ça les MIDNIGHT DEVILS ! On est venus, on a vus, on a fait l’impensable, l’impossible et maintenant on est là pour vous raconter toute cette histoire.
Vous allez jouer pour le Hard Rock Hell en Angleterre sur plusieurs dates, et vous y avez joué l’an dernier. Comment avez-vous connu ce festival, et à quoi ressemble-t-il ? ( ndlr : si le Hard Rock Hell existe en plusieurs déclinaisons, le Hard Rock Hell Sleaze est le plus important rassemblement du genre en Europe)
C’est une chouette question, je suis content que tu en parles. En 2022, quand Chip du groupe ENUFF’Z’NUFF a produit notre album « Never Beg for It », alors qu’il venait juste de sortir, Chip est arrivé et a dit « Allez, on emmène les DEVILS au Royaume-Uni, et vous serez notre groupe d’ouverture sur la tournée anglaise ». Cette tournée s’est avérée finalement être une tournée européenne. On a fait l’Italie et l’Espagne aussi. C’est Chip qui nous a fait faire tout ça, cette première tournée internationale !
Moi, quand j’ai pris l’avion, je n’étais jamais sorti de mon pays, je ne savais pas à quoi m’attendre quand on a quitté Omaha pour l’Angleterre. Ils nous ont emmené direct au Hard Rock Hell, où on a joué devant 1 000 personnes pour la première fois ! Quand je me suis avancé sur scène devant ces 1 000 personnes, j’étais mort de trac, mais les gens étaient comme fous. On a eu une sorte de standing ovation, le courant est vraiment bien passé avec le public, tout comme avec les organisateurs.

Alors comme nous sommes un groupe qui travaille dur, qu’on ne demande pas grand-chose, juste un peu de lumière et un bout de scène pour faire sauter la baraque, bah on revient pour la 4e année consécutive. C’est un gros festival, mais c’est indoor, un truc qui ne se fait pas aux Etats Unis. Mais en Angleterre, ça marche. Ils organisent un show énorme, avec pleins de groupes supers, des tas de gens, du fun à gogo, on a hâte d’y retourner.
Que dirais-tu aux gens pour les convaincre d’aller vous voir en concert ?
Je dirais à tout le monde que que les MIDNIGHT DEVILS sont un des groupes les plus fun et l’expérience la plus marrante que vous puissiez faire depuis le moment où vous sortez de votre voiture, ou que vous entrez dans ce bar sans savoir vraiment à quoi vous vous exposez mais en sachant que ça va être pas ordinaire.
Et le lendemain matin, quand vous verrez tous ces bleus, ces égratignures pour prouver à quel point vous vous êtes éclatés avec les MIDNIGHT DEVILS la nuit d’avant, c’est pas tout le monde qui peut faire ça ! Tout le monde a une histoire à raconter : « Les MIDNIGHT DEVILS sont venus et on a fait ça. Le cirque des DEVILS s’est installé en ville et devine quoi, les flics sont arrivés blablabla…. ». C’est ce qu’il y a de bien avec ce groupe, ce que j’aime, ça peut paraitre ridicule, mais on s’éclate, on s’amuse du début jusqu’à la fin. Et c’est ça les MIDNIGHT DEVILS, un groupe qui donne le ton comme aucun autre groupe.
Les MIDNIGHT DEVILS seront en concert le 18 avril prochain à Dijon au club de la Vapeur dans le cadre des Must Hard Sessions organisées par Phoenix Rising. C’est un format qu’ils avaient un peu délaissé depuis leur concert QUIREBOYS / SIDEBURN, mais qu’ils souhaitent pérenniser en un rendez-vous régulier. Les Américains turbulents partageront l’affiche avec les HIGH SCHOOL MOTHERFUCKERS et les STICKY BOYS, tête d’affiche de cette soirée qui s’annonce mémorable. Et si vous vous demandez s’ils vont vous entraîner jusqu’au bout de la nuit, hummm…. C’est plus que probable !
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