Dimanche 07 décembre 2025 à Barberaz (73)

Report : Cédric LeMagic – Photos : Bérénice FLECHARD
07 décembre 2025. Barberaz est plongé dans un froid sec, mais au Brin de Zinc il y a du monde. Les fidèles du Desert Rock, les vieux routards du Stoner, et même quelques jeunes venus découvrir les pionniers du genre, se massent dans la salle. Il faut dire que la tournée européenne annoncée quelques semaines plus tôt a mis le feu aux réseaux, et la venue de YAWNING MAN pour leur seule date en France dans une salle comme le Brin de Zinc, c’est rare.

Lorsque j’arrive un peu avant 20h, le groupe est en train de boire un canon tranquille. Contrairement à d’habitude le dimanche soir, le concert va commencer avec un peu de décalage et il est quasi 20h30 quand le premier groupe arrive sur scène. La salle n’est pas blindée mais il y a quand même beaucoup de monde.
Le premier groupe, SOFTSUN, ouvre la soirée. A la guitare, il y a Gary ARCE, à la basse et au chant, c’est Pia ISAKSEN et à la batterie, c’est Robert GARSON qui officie. Dès les premières nappes, la salle se tait. Leur mélange de Doomgaze et de Psyché désertique s’envole et prend toute son ampleur. C’est la musique du fond de la mer, la quiétude avec quelques vagues en surface.



La chanteuse a une voix éthérée qui me transporte, et la basse lourde vibre jusque dans mes côtes. C’est clairement un groupe que j’aurais adoré écouter plongé dans ma banquette. On a des montées en intensité lentes, un morceau instrumental long. C’est hypnotique. En gros, il manque le pétard et le whisky et on y est.
Ils nous déroulent « Unholy Waters », « Sacred Heart », « A Hundred and Sixteen », « Delight in the Dark » et « Anywhere but There » sur un set de 35 mn de set devant un public totalement absorbé. Quant à moi, j’avoue que je n’ai, au final, pas accroché. L’impression d’avoir toujours le même morceau y étant pour beaucoup.

On a droit à un petit quart d’heure d’entracte avant que les très attendus YAWNING MAN débutent leur set. Avoir YAWNING MAN, le groupe culte qui a inventé le Desert Rock et posé les fondements du Stoner, au Brin de Zinc, c’est presque surréaliste et le public est vraiment en attente.
C’est toujours Gary ARCE qui assure le lead guitar. La basse est tenue par Mario LALLI. Le batteur du premier groupe, Robert GARSON, devient pedal steel guitar / slide guitar et Bill STIMSON s’empare de la batterie.
Pour moi qui suis plutôt néophyte dans ce style, je découvre que c’est purement instrumental.






Le premier morceau démarre sans un mot, comme souvent. Leur musique parle – ou plutôt, elle peint des paysages. Les sons de guitare sont aériens. La musique est souple, sinueuse, organique. Le set déroulé au travers de titres comme « Burrito Power », « Gestapo Pop », « Bomba Negra », « Dust Suppression », « Pavement Ends » ( titre éponyme du dernier album sorti mi-novembre), « Bad Time to be Alive », « Inpsu Jam », est en fait un long ruban instrumental avec des passages… contemplatifs, des envolées psyché et des grooves qui ne sont pas s’en rappeler les fameuses Generator Parties du désert californien.
Ce n’est pas du tout accessible à tout le monde et, une fois de plus, je décroche. Je sors même un moment et quand je reviens, j’ai l’impression de n’avoir rien loupé et qu’on en est toujours au même point. Là aussi, j’ai l’impression que c’est toujours pareil. Mais je le redis, je suis néophyte dans ce genre et je ne suis, du coup, pas le meilleur juge. Bon, je vois quand même pas mal de gens se barrer et je constate qu’à la moitié du set, on circule bien mieux dans le Brin de Zinc. Les gens semblent avoir déserté le Desert Rock.

Pour le dernier morceau, Mario, le bassiste, nous fait découvrir qu’il parle un peu notre langue et nous annonce « Liquor Store Light », titre sur lequel il chante.
Après 1h15, le concert se termine et je dois dire que ça m’a semblé très, très long. Voilà. Je pourrais enjoliver, faire semblant d’avoir vécu un moment mystique mais, désolé, pour moi ça ne l’a pas fait.
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