AVATAR à la Fiducial Asteria

Une soirée métal bien Metal !

Lundi soir, Lyon. Première mandale : 20 balles le parking. Bientôt le prix d’un placement en fosse à lui tout seul, bordel. Heureusement, l’entrée est fluide. Sur le parvis, le décor est planté : merch, food, tireuses (35€ le t-shirt, 65€ la manche longue). Pizza, burger pour le “repas sain” et deux, trois tireuses à l’extérieur pour s’échauffer. La bière est à 8€ le soft à 4. On respire un grand coup… Hail to the thiel  (Petit tuyau : deux tireuses CB en libre-service à l’opposé du bar principal indoor. Rapide. Efficace. A condition d’aimer… la bière. Et rien d’autre.)

Public 100% métal. T-shirts de groupes partout. Zéro touriste.On est entre initiés.

Les gradins existent, oui, mais ce n’est clairement pas le genre de concert où on s’assoit poliment. Ce soir, ça va vivre en fosse.

À l’intérieur, la Fiducial Asteria impressionne : 3000 personnes

WITCH CLUB SATAN – Partie ratée

Le premier groupe, WITCH CLUB SATAN, on l’a malheureusement manqué. Taf, route, timing serré.

Désolé les filles, ce n’est que partie remise.

ALIEN WEAPONRY – Le choc néo-zélandais (waka-waka héhé)

Le second groupe attaque.

Chant tribal. Langue inconnue, groupe inconnu, mais forte intuition. Une vibration venue d’ailleurs.

Quelques minutes plus tard, ils l’annoncent : Nouvelle-Zélande.

Intuition validée !

ALIEN WEAPONRY, trio basse-guitare-batterie formé en 2010, connu pour intégrer la langue maorie dans son Thrash Metal moderne. (j’ai fait quelques  recherches)…. Et en live, ça cogne.

Le son est lourd, profond. On oublie les harmonies aériennes : ici, ça sort du fond de la terre.

Le bassiste, chevelure de 3 mètres attachée, moulinette façon hélicoptère. Le public entre immédiatement en ébullition.

On flirte avec le Thrash / Metal moderne… parfois limite Metalcore dans l’énergie. Ca fonctionne grave.

“JUMP!” crie le chanteur.

Et ça jump….. de partout !

Les basses font vibrer le sol. Le chant maori résonne dans la cage thoracique. Ça commence à bourriner sérieusement dans la fosse. Le public fait le boulot et me fait rentrer dans le concert.

Côté look ? J’aurais peut-être imaginé quelque chose de plus animal qu’un t-shirt façon football américain… mais bon. Vu que je suis en baskets et survêt’, je vais éviter de donner des leçons…

Set efficace, un peu court, et une sortie sans grand au revoir….

Mais l’impact est là.

Entracte……

30 minutes. Un peu long. Mais suffisant pour refaire un don à la fondation à but lucrative (à 8€ le demi, on savoure chaque gorgée…) et observer la marée noire de t-shirts.

 AVATAR entre en scène !

La salle siffle. Gazouille. Puis beugle.

Tonnerre et Trombes d’eau dans les esgourdes.

Deux  batteries glissent sur les côtés, pour n’en former plus qu’une. Entrée théâtrale. Lampe à la main.

Les premières notes explosent. Les gobelets volent.

Et là, on comprend.

Voici la différence entre un groupe… et AVATAR.

AVATAR, formé en 2001 en Suède, ne joue pas un concert, Ils le vivent.

Les guitares chantent autant qu’elles frappent. Tapping d’une précision insolente. Double pédale qui martèle. Les bras se lèvent comme un réflexe collectif.

On pense à GHOST pour la théâtralité, à MARILYN MANSON pour la noirceur, à IRON MAIDEN quand la voix s’élève avec clarté (et au prix du gazol quand Le chanteur se désaltère dans un jerrican de sans-plomb).

Mais AVATAR reste difficile à enfermer dans une case.

Musicalement, c’est solide. Très solide.

Les riffs sont lourds comme du plomb. Les duels de guitares sont magistraux. La salle reprend tout en chœur. Zéro touriste.

Mais (encore un), et c’est là que le bât blesse….

Entre certains morceaux, les interludes s’étirent.

Les discours prennent un peu trop de place à mon goût.

L’énergie, pourtant parfaitement lancée, retombe parfois avant de repartir.

Il orchestre, complimente la salle (Youre botiful!…thank you very mutch ! ….tout ce que j’ai pu traduire de mon niveau LV1).

Un passage “mix radio” au milieu du set me laisse une impression mitigée… Pourquoi ?

Je comprends le concept narratif. Mais à chaud, moi j’aime que la machine continue d’avancer sans freiner.

Ce n’est pas catastrophique ni rédhibitoire mais quand-même…

Heureusement, à chaque reprise musicale, tout est effacé.

Quand l’un des gratteux revient, trône installé, pour une démonstration de guitare, je replonge immédiatement.

Quand les rythmes accélèrent, que la voix passe du cristallin aux abysses, je mesure l’étendue de leur palette.

Ils naviguent entre rythmes du XIIe  et modernité métallique du XXIe siècle.

Un coup Groove, un coup abyssal.

Un coup presque Rock-Pop au piano, un coup mur de son massif.

Les cinq sont taillés pour la scène.

Ils jouent. Ils dominent. Ils transmettent.

Je ressors avec la sensation d’avoir vu un grand groupe.

Un groupe qui maîtrise son art.

Un groupe qui pourrait simplement parler un peu moins… et jouer encore plus.

Et vu le niveau, je n’en demande pas davantage.

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