MOLLY HATCHET au Mühle Henziken

MOLLY HATCHET… Voilà un concert qui s’est fait désirer puisqu’il devait avoir lieu en avril mais que l’ensemble de la mini tournée européenne a été repoussée juste avant Noël. C’est après le bon concert de LYNYRD SKYNYRD le 10 juillet dernier au Zénith de Paris, que je m’étais décidé à voir enfin – plus de 40 après, ces grands noms du Rock Sudiste.

Curieusement, je n’ai jamais vraiment été attiré par le Rock Sudiste si ce n’est en 1980, en découvrant, grâce à un copain, le groupe 38 SPECIAL. Cela fut confirmé par le mini festival Rock’ 81 (avec ROSE TATTOO, KANSAS et FOREIGNER). Pour les anciens qui étaient présents, vous me direz, « Mais il y avait BLACKFOOT aussi, non ? ». Eh bien non, car pour la date d’Annecy, les douaniers suisses avaient fait du zèle et le matériel du groupe était resté coincé à la frontière. J’ai quand même vu la tribu, cinq jours après au fameux Monsters of Rock de Donington où BLACKFOOT à l’affiche du festival a joué après MORE mais avant SLADE, BLUE OYSTER CULT, WHITESNAKE et enfin AC /DC. Bref, tout cela pour dire que mes connaissances en Rock Sudiste restent limitées – même si je connais le nom des groupes – mais, je vous le promets, j’essaie de rattraper le retard… à mon rythme.

Mais revenons à cette fameuse soirée vers la capitale suisse. Malgré les barrages des agriculteurs sur la route (vers la frontière), j’ai réussi à arriver à bon port ! Le brouillard étant présent sur tout le trajet, surtout juste avant la frontière, il m’a fallu une attention particulière sur ce trajet avec une vitesse un peu réduite. Malgré cela, j’ai loupé une bretelle d’autoroute et de fait, j’ai raté le premier groupe de la soirée, à savoir les locaux de Thun : GARY TWINS.

Il y a un deuxième groupe qui ouvre pour la tête d’affiche : les Allemands de MOONDAY 6. On dit d’eux que c’est un mélange d’AC /DC, de GUNS N’ROSES, des FOO FIGHTERS…  J’ai cherché ces influences pendant les 40 minutes de leur show, en vain ! Je peux dire que je n’ai pas été emporté par leur musique.

Là, je suis bien placé sur le côté de la scène pour immortaliser cette soirée. Pour rappel, MOLLY HATCHET a commencé en 1971 et ce n’est vraiment qu’en 79 avec la sortie de leur 2e album « Flirtin’ with Disaster » que le groupe est arrivé au sommet de son art. Dans les années 90, c’est l’hécatombe : il n’y a plus aucun musicien de la formation originale ! Le guitariste Bobby INGRAM est, depuis 1987, le propriétaire du nom du groupe. Dans les anciens, on retrouve John GALVIN (piano/claviers) qui a rejoint le groupe en 83. On peut aussi parler d’un autre vieux briscard en la présence de Tim LINDLEY, sévissant à la basse de MOLLY HATCHET depuis 2003. On peut aussi parler de ce dernier parce qu’il a joué au début des 70’s avec le lead guitariste Dave HLUBEK dans le groupe MIND GARDEN puis dans la 1ère mouture de MOLLY HATCHET.

Mais on a là une belle relève avec le chanteur et le batteur qui, avec moins de 30 balais, maintiennent l’héritage du groupe, et apporte du sang neuf avec une certaine énergie. On peut quand même regretter la grande époque avec trois guitaristes, ce qui a fait la marque de fabrique de MOLLY HATCHET

Mais ce soir, ça démarre fort avec le trio de classiques : « Whiskey Man », « Bounty Hunter» et « Gator Country ». Je suis impressionné par le son et la dextérité de Bobby INGRAM. Ce n’est pas une réunion de vieux musiciens fatigués mais bien un show où la frappe énergique du batteur et la fougue du nouveau chanteur, stimulent les anciens.

Encore un classique avec « One Man’s Pleasure » (tiré du superbe « Flirtin’ with Disaster ») et « Beatin’ the Odds » de l’album éponyme. Bobby INGRAM aime taquiner ses acolytes même s’il râle un peu quand le chanteur vient piquer, à son micro, une série de médiators pour les jeter au public. « I ‘m gonna live ’til I die » se termine, enchaîné avec un titre inédit « Stranger ».

 Et voilà l’éternel solo de claviers qui annonce l’hymne « Fall of the Peacemakers ». Là où il y avait trois guitaristes, Bobby INGRAM s’en sort très bien dans de superbes solos. Et c’est confirmé par « Junkin’ City ». Le public est aux anges et c’est avec « Dreams I’ll never See », un classique du ALLMAN BROTHERS BAND que la salle s’enflamme. Ce Bobby INGRAM, quelle maîtrise du manche !

Il nous annonce un album pour 2026. Il précise qu’il a déjà été enregistré à Londres et que 4 titres l’ont été sous le contrôle de David GILMOUR.

Le groupe quitte la scène pour mieux revenir rapidement avec « Boogie no More » et clore le show avec l’énorme « Flirtin’ with Disaster » (de l’album éponyme – dont nous aurons eu droit ce soir à 5 titres).

Le vieux et fidèle roadie fait la retape pour la 3e fois en disant qu’il reste encore des Tee-Shirts de la tournée au stand de merchandising et que le groupe va venir les dédicacer. Après un court quart d’heure, les musiciens sont déjà assis à signer et à discuter avec les fans. Gentillesse et plaisir d’être là… ce qui n’est pas le cas de tous les groupes américains.

Les MOLLY HATCHET terminaient ce soir leur mini tournée européenne avec 7 dates en Allemagne et celle de ce soir, en Suisse. Je peux dire que j’ai été réellement bluffé par le groupe, ce qui n’est pas toujours le cas ces derniers temps avec des vétérans ! Et à une semaine de Noël : quel beau cadeau !

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