Jeudi 19 mars 2026 à Annecy (Haute-Savoie)

Report : RED – Photos : BERENICE FLECHARD
Le Brise-Glace – Metalcore, sueur et génération écran
Ouverture des portes : 20h02. Un peu de retard… histoire de faire monter la pression avant même le premier riff.
Le Brise-Glace, c’est ce format parfait :
Assez grand pour envoyer du gros son,
Assez petit pour finir collé aux amplis.
Confort si tu veux t’asseoir façon cinéma,
Chaos si tu descends dans la fosse.
Lumières impeccables toute la soirée (sauf pour les photographes). Synchronisation propre. Que ce soit pour ASHEN ou pour REVNOIR, le light show fait clairement le boulot.

Pas d’intro, pas de montée progressive. “JUMP !” et la salle explose direct, pas de tour d’échauffement !
Pogo immédiat, chaleur infernale, odeur de combat. Le pit devient une zone de non-droit.
Le chanteur (Angel) tient la baraque, mais il faut le dire : le bassiste assure au chant comme un monstre. Pas seulement des chœurs, une vraie deuxième voix qui apporte du poids au set.
Le groupe est rodé, et ça se sent. Tout est fluide, tout est maîtrisé, mais surtout : tout est vivant.









Le public répond à tout. Et évidemment… les téléphones s’allument. Parce que oui, les temps changent, les Zippos du Heavy des années 80 ont laissé place aux écrans. Même rituel, autre génération.
Gros moment avec la reprise de « Smells Like Teen Spirit »… Enfin… sur le papier. Parce qu’en réalité, le morceau est ralenti, plus lourd, plus posé… et du coup, ça manque un peu de pêche. L’intention est là, la réinterprétation aussi, mais ça ne déclenche pas l’explosion attendue.
Dommage, surtout vu l’énergie du reste du set.

Autre moment fort, le chanteur de REVNOIR qui débarque pour un duo. Connexion naturelle entre les groupes, et clairement un des meilleurs passages du concert.
Et toujours ce détail qui tue, le pied de micro en grosse chaîne rouge (complètement inutile donc totalement indispensable).
ASHEN termine en laissant une salle rincée.

Derrière, REVNOIR arrive.
Première date de tournée.
Set de 45 minutes.
Ambiance sombre, posée, presque intérieure. Le contraste est immédiat. Là où ASHEN attaque, REVNOIR s’installe tranquillement.
Le chant alterne français / anglais, et ça apporte une vraie identité.







Sur « Night Terror », le chanteur évoque ses peurs d’enfance. On est dans quelque chose de plus intime, plus contenu.
Musicalement, c’est très propre, double pédale précise, breaks nets, structures carrées
growl solide (voire supérieur à ASHEN).
Mais ça reste… très contrôlé…

Le set propose de bonnes idées : piano sur scène, moment émotion avec « Crève », lumières toujours aussi efficaces mais certains passages cassent un peu la dynamique. Les musiciens disparaissent, le public attend… et rien ne se passe.
Les téléphones se rallument pour le moment “émotion”. Mais ici, ça prend un peu moins.
REVNOIR joue bien – très bien même – mais il manque ce petit lâcher-prise qui fait basculer un bon set en moment marquant.

Mon verdict ?
Technique : REVNOIR / ASHEN ex-æquo
Growl : REVNOIR
Énergie / impact : ASHEN
Connexion avec le public : ASHEN
ASHEN te percute, REVNOIR t’immerge. Mais dans cette fournaise, c’est l’énergie brute qui l’emporte. Quand ça joue avec le cœur… ça fait toujours la différence.
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