TAILGUNNER, Midnight Blitz

TAILGUNNER, Midnight Blitz
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MEDIATOR 5 ETOILES - 2025 https://wtrmag.com/

Label : Napalm Records

Sortie : 06 février 2026

Un jour, j’ai découvert TAILGUNNER sur une affiche anglaise. Déjà j’aime bien les bombardiers, c’est aussi un bon morceau de MAIDEN, deux références sympa. J’ai découvert un groupe Heavy tout à fait dans la veine de ce qu’on programme d’habitude. Mais personne d’autre que moi n’avait l’air de les connaitre. Cependant, ces derniers mois, je les ai vu apparaitre de plus en plus souvent… Alors quand j’ai vu « le nouvel album sort vendredi ! » j’ai sauté sur l’occasion ! Par contre, à part un morceau ou deux, je n’ai pas écouté les précédents albums, c’est donc avec des oreilles totalement neuves que je découvre celui-ci.

« Midnight Blitz«  commence : J’ai une vague appréhension, il y a beaucoup de clavier, quand même. Je n’aime pas trop les nappes de clavier qui bouffent tout. Sentiment vite balayé, parce que la guitare n’amuse pas le terrain, elle est omniprésente, et pas pour faire de la figuration. Et la voix ! Chaude, profonde, aigüe sans être perçante, super ! « Tears In The Rain«  confirme cette impression de Heavy mâtinée de Hard Rock à l’américaine, calibré grand public sans être insipide. « Follow Death«  produit une rupture, le rythme est nettement plus élevé, on est dans le canon en batterie, et ça crache ! Les guitares virevoltent comme un combat aérien, la voix s’élève, aérienne, et ça me rappelle un peu « Aeronautics » de MASTERPLAN.

Le 4e morceau commence. Déjà ? Mais je n’ai pas vu le temps passer ! Je remarque des harmonies vocales qui m’avaient échappées jusque-là. Ce « Dead Until Dark » possède lui aussi des solos d’anthologie. On voit qu’ils ont bien étudié les recettes maideniennes. « Barren Lands And Seas of Red » : on a beau être à fond à chaque fois, les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas. Quelle superbe intro ! Les bonnes recettes Heavy sont appliquées, mais on ne va surtout pas s’en plaindre, parce que c’est fait avec maestria, 6 minutes de pur bonheur!

« War In Heaven«  démarre, doucement, on avait bien besoin de cette respiration. Moins de ce son de clavier Bontempi, mais c’est personnel (c’est quand même dommage, le morceau est une collaboration avec Adam WAKEMAN, une pointure du clavier métal). Une voix envoutante, une guitare qui porte toute la douleur du monde, une batterie lourde comme un regret, c’est l’alibi douceur de l’album. Parce que dès « Blood Sacrifice« , on reprend l’attaque. C’est acéré, tranchant, calculé. « Night Raids » ne fait pas exception à la règle : une intro léchée, une salve de riffs en pleine tronche, un chant dont la souplesse et la puissance ferait pâlir d’envie les pilotes de la RAF.

Il reste deux morceaux et il n’y a absolument rien à jeter dans cet album. Sûre que dans 3 écoutes j’oublie que je n’aime pas le clavier. Ah, « Eye of the Storm » est plus proche des premiers morceaux que la salve précédente, on repart dans du Hard Rock d’excellente facture. Vous vous étiez ramolli ? Grossière erreur ! « Eulogy«  vous cueille comme un uppercut. Manifestement le batteur n’est pas du tout fatigué, il frappe comme si sa vie en dépendait. Piqués au vif, les guitaristes montrent qu’ils ne sont pas en reste et enchaînent les figures comme à la parade. J’ai l’impression d’être assise le nez en l’air dans un meeting aérien. On ne sait où donner de la tête tellement il se passe de choses extraordinaires. Ce morceau n’en finit pas et d’ailleurs, on n’en a pas envie. Pourtant il s’efface sur une ambiance acoustique, presque un peu comme un souvenir à moitié effacé, une photo sépia qui n’a qu’un lointain rapport avec la scène colorée qu’elle devrait représenter.

Je pense que le parallèle avec MASTERPLAN n’est pas usurpé, même si « Midnight Blitz » est dans un registre beaucoup plus Heavy et rapide. Cependant la sensation est la même : TAILGUNNER est une machine à tuer. Tout est pensé, en place, percutant et coule comme du miel.

Jetez-vous sur cette galette anglaise et s’il leur venait l’idée de revenir en France après leur tournée avec POWERWOLF, jetez-vous sur les billets de concert, parce que je pense que ça doit valoir le détour. Une excellente production ne fait pas tout, il y a aussi d’excellents musiciens qui connaissent leur partition sur le bout des doigts (ce qui, pour des guitaristes est un pléonasme, j’en conviens).