VOODOO SKIN au Brin de Zinc

Ce soir, VOODOO SKIN revient une nouvelle fois sur la scène chambérienne du Brin de Zinc et la salle est quasi pleine, ce qui relève presque du miracle, voire d’un alignement cosmique, pour un groupe de compos. François ROTA, le leader du groupe a la banane XXL : « Merci d’être venus pour un groupe qui joue ses propres morceaux ! », nous dit-il. On sent le mec sincère, presque ému, genre “si vous saviez comme ça fait du bien de pas jouer « Highway to Hell » pour la 800e fois ».

Après ce préambule, le groupe balance “Get Out” et l’impact de son Hard Rock est immédiat. Le son est massif, précis, parfaitement taillé pour le BDZ. Premier morceau, première claque. Le public est comme happé et se resserre devant la scène. Malgré leurs quinze ans à reprendre du AC/DC, ça ne sonne pas AC/DC. Ca ne sonne pas THIN LIZZY non plus. Ça sonne… eux. Ils ont trouvé leur propre terrain, leur propre rugosité, leur propre façon de nous faire vibrer. C’est agréable comme une bière sortie du frigo pendant la canicule.

Ils enchaînent avec Let Me Love You” et “Wherever You Go”, deux titres qui marque l’espace avec des riffs lourd et nerveux et un chant habité. Le groupe est en forme, on le sent soudé, prêt à dérouler un set qui casse la baraque.

Quand arrivent “Sweet Fallin’ Angels” (le titre d’ouverture de leur premier album), “Need to Know” et “Hey You” et son refrain fédérateur, l’ambiance monte encore d’un cran. Les premiers rangs chantent, les têtes bougent, ça remue dans le Brin de Zinc.

Ils nous chantent « Midnight Darling » une chanson d’amour et de sexe. Puis, changement d’ambiance : chanson sur les disparus, chanson sur la guerre, chanson sur les enfants malades du cancer… François lâche : « Les gamins ont une force incroyable… Nous on se plaint pour un oui pour un non… Eux ils sont forts mais ils meurent quand même». La salle est calmée d’un coup. On sent les épaules se tasser, mais c’est aussi ça, le Rock : dire les choses sans filtre. Mon verre de bière est devenu soudain bien méditatif.

On est quand même pas loin du moment où tu te dis : “Bon… on va peut-être reprendre un truc qui bouge, non ?”

Heureusement, derrière, ça repart en mode Hard Rock total. Les deux guitaristes se renvoient les solos comme des balles brûlantes en duel à l’ancienne. Phil dégaine sa Flying V blanche — repeinte maison, parce qu’à l’origine elle était noire — et d’un coup, on se croirait dans un vieux bootleg de UFO ou de Schenker. Le bassiste, Guillaume, est le seul membre extérieur au tribute band initial et il tient la baraque ! François, lui, est en forme olympique. Le mec pourrait réveiller un cimetière avec sa présence, sa voix pleine et son attitude de frontman qui connaît son job.

Je ne suis carrément pas déçu, moi car le rythme ne faiblit plus. Ces mecs vont quand même nous balancer 1h50 de set en piochant dans leurs deux albums !

VOODOO SKIN nous fait une reprise du « Too Bad » de RIVAL SONS. La salleréagit au quart de tour comme si quelqu’un avait distribué des shots gratuits.

Avant le rappel, François nous fait un petit speech en mode : « Vous êtes super de faire vivre la musique live et de vous déplacer ». Il fait la promo du merch’ et nous explique que le but c’est d’acheter un tour bus… mais que, pour l’instant, ils n’ont que 50 balles. On est tous morts de rire. 

Pour finir, on a droit à « One of this Days » et à nouveau à « Get out » – au cas où quelqu’un serait arrivé en retard – et on se prend ainsi le dernier uppercut de la soirée.

Comme toujours au Brin de Zinc, le groupe reste dans la salle. On discute, on rigole, on refait le set autour du merch’. Cette proximité, c’est ce qui fait du BDZ un lieu à part pour ceux qui vivent la musique et ne se contentent pas de l’écouter.

Merci Thomas de nous permettre de vivre ce genre de moments !

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