Vendredi 20 février 2026 à Bonneville (Haute Savoie)

Ce soir on enchaîne. Quatre groupes à l’affiche. Moins blindé que la veille. On est sur du 500–600 personnes. Jauge plus “raisonnable”. Moins de monde que le sold out d’hier et tout autant de place… Certains diront moins impressionnant. Moi je dis plus confortable.
A l’affiche :
– EVE’S BITE
– THE FOXY LADIES
– BUY JUPITER
– LOFOFORA
Report : RED – Photos : Bérénice FLECHARD et L. FRACASS Photographie
Petits changements logistiques :
Le merch’ des groupes est cette fois dans la salle. En bas, on retrouve ANARTISANART (textile écolo, éthique, bio, vinyles, CD’s….). A l’étage, une personne aux platines pour ambiancer.
Ambiance un peu différente. Moins “événement unique”, plus “soirée Metal entre initiés”.

EVE’S BITE – 19h30
EVE’S BITE ouvre le bal. Je ne connais pas. Découverte totale.
On est sur du Heavy / Hard Rock. Cheveux longs, poses assumées, riffs classiques. Ca shred, ça joue. Typing… typing… typing… parfois beaucoup typing.
Bon. Je vais être honnête : ce n’est pas ma tasse de thé. Je préfère le café bien noir.
Ça fait le taf. Ça chauffe la salle. Mais je ne suis pas transcendé. On sent « de simples influences Heavy »… je n’en dirais pas plus. Désolé. Peut-être qu’à une autre époque ils auraient été précurseurs. Aujourd’hui, ça sonne plus hommage que révolution.
Ils mettent la machine en route quoi…
Et quelque part, c’est ce qu’on leur demande.

THE FOXY LADIES – 20h40
Là, on change d’énergie.
THE FOXY LADIES revient après 18 mois d’absence. Changement de bassiste, set peaufiné, envie de prouver. Et ça se sent dès les premières notes. La guitare, une vraie.
Pas une guitare qui cherche à être moderne. Une guitare qui crie, qui whoua-whoua. Basse, batterie, guitare et chant. Point barre, pas besoin de 12 pistes, pas besoin de samples. Et le chant… Naturel. Pas transformé par une machine ou autre V-codeur.
Ça fait du bien, putain que ça fait du bien d’entendre une voix pas compressée à mort. On est sur un Rock sincère, un truc qui oscille entre énergie Punk et sensibilité plus mélodique. Franchement, à quatre, elles remplissent la scène et la salle. Pas d’esbroufe, pas de posture forcée, ça joue avec le cœur. On a même droit à des passages plus “ballades” mais pêchus.
Et finalement ça fait du bien aussi de ne pas se faire atomiser par des doubles pédales pendant 50 minutes. La chanteuse traverse la fosse. Rien de calculé. Juste spontané.






Mais que se passe-t-il après le set ??
On voit le taulier débarquer sur scène accompagné de membres du staff.
Je ne vais pas spoiler.
Mais je peux vous dire que l’artiste a les cheveux roux, qu’elle est une star internationale. Un vrai moment cadeau pour les personnes présentes.
Un de ces instants que tu ne peux pas vivre sur YouTube.

BUY JUPITER – 22h
Changement brutal.
On a clairement pris 100 dB dans la tronche. Ils ne sont pas là pour acheter le terrain, ils sont là pour faire trembler les murs. On était sur une rose avec FOXY LADIES. Là, avec BUY JUPITER on prend la ronce à pleine main, épines comprises ! Ça blaste. Ça growle comme des porcs. Guitares accordées plus bas, descente d’organes assurée… On navigue entre Metal Progressif, noirceur Post Metal. Univers apocalyptique. Je tire mon chapeau au batteur. Les breaks sont monstrueux. Il passe de la double pédale à des contretemps qui te font perdre la notion du temps. Les secondes deviennent des minutes. C’est intense. C’est violent. Ce n’est pas accessible.
Et là je me pose une question : « Un tel contraste dans la programmation, est-ce la meilleure idée pour remplir la salle ? ». Puis, je discute avec l’orga. Choix assumé me disent-t-il : « Proposer plusieurs genres pour faire découvrir un maximum de styles ». Ok…. Mais audacieux.



Final du set ?
Déflagration sonore totale.
Un putain de final d’anthologie. On remercie la solidité des installations (ceux qui étaient présent savent de quoi je parle).
Je profite du stand de merch’ pour poser enfin « the question » aux BUY JUPITER afin de définir leur style musical. Ils tranchent : Metal Progressif. Très bien. Va pour le Prog’….

LOFOFORA – 23h15
Place aux vétérans… LOFOFORA ouvre les hostilités.
Guitares compressées à mort, basse lourde, batterie qui pilonne, voix grave.
Message d’intro sur la tolérance, l’intégration. Batterie drapée d’un petit drapeau arc-en-ciel. Les sujets d’actualité…
Dans la fosse, ça pogote sévère, du riff assassin, du son gras. Si t’aimes le lourd, tu es servi. (On a même « Jérôme » qui tente un slam, rappelé gentiment à l’ordre pour que ça soit “bien fait”). “Enfant du chaos” résonne fort…






Mais je ne vais pas esquiver un point qui me chiffonne. Proclamer l’acceptation de tous et lancer quelques piques envers un autre groupe… Petit moment ambigu pour moi. Second degré ? Difficile à cerner… Je sais qu’il existe des guéguerres dans le Rap. On a le droit de ne pas aimer, mais chacun écoute ce qu’il veut.
Malgré ça, LOFOFORA livre une masterclass de puissance et d’engagement.

Bilan ?
Moins plein que la veille.
Mais plus varié.
Du Heavy classique.
Du Rock brut.
Du Prog’ apocalyptique.
Du Metal engagé.
Un grand écart stylistique assumé.
Pas forcément confortable mais audacieux et clairement les batteurs ont eu leur dose.
Le Winterock ne joue pas la facilité. Et après 10 ans, il tient encore debout.
Merci le Winterock Fest pour l’accred’, merci W.T.R. de la confiance, merci Béré pour les photos, merci à L. FRACASS Photographie pour le dépannage sur BUY JUPITER, merci aux bénévoles. La prochaine fois Cyril, j’essayerai d’être avec vous pour partager, écrire… et manger… si vous êtes d’accord !
