CACHEMIRE à L’Atelier

C’est fou, mais en ce moment, les concerts défilent les uns après les autres. Ce soir, c’est de nouveau dans mon département de naissance que se déroule le concert. C’est mon binôme qui, lorsque nous étions à OVERDRIVERS, m’a demandé si je voulais aller voir CACHEMIRE à Cluses. Ayant ré-entendu ce nom depuis quelques temps, je me suis dit que ce n’était pas une mauvaise idée, surtout que je n’ai jamais écouté. Ca fera une découverte de plus.

Donc, direction la vallée de l’Arve, en ce vendredi 13. Autre ambiance cependant, ce n’est pas du Hard Rock qu’on va voir, mais plutôt du Rock français à tendance Punk. Même si j’aime beaucoup le Punk Rock, je me méfie de ses fans pour les pogos (je n’ai plus l’âge), alors malin comme je suis, je prends mes précautions : casque de footballeur américain sur la tête, épaulières, plastron, c’est bon je suis équipé. La dernière fois, c’est mon armure médiévale qu’ils avaient refusée. Cette fois-ci, ça devrait passer. Comment ? C’est interdit ? Ah ben vous aurez ma mort sur votre conscience ! Non mais !

Je me dirige donc, sans l’équipement prévu, vers les portes de l’Atelier de Cluses, là où est censé se dérouler le concert. Une fois rentré dans l’antre, des souvenirs me reviennent en tête, ceux des BELLRAYS que j’avais vu ici même il y a quelques années. La population de ce soir est majoritairement composée de quadras, voire de quinquas. Quelques jeunes pousses sont présentes accompagnées de leurs parents. Comme quoi, la musique rassemble tous les âges.

Il est 20h30 pétante quand une intro démarre. Le premier groupe va commencer. DARCY est un groupe de Rock français originaire de Rennes, formé autour de Irvin DARCY (chant), Vincent COSSON (guitare), Marc CORLETT (basse) et Clément DARCY (batterie).

Dès le premier titre, « Plus rien à foutre », je suis séduit par leur son Rock et Punk avec des paroles en français, une énergie brute et un message bien engagé. Irvin ne se ménage pas et monte déjà sur les retours. C’est un frontman qui ne tient pas en place éructant à qui veut bien l’entendre ses paroles pleines de motivation et emplies de combats.

Sur scène, personne ne tient en place. Outre le chanteur Vincent et Marc échangent régulièrement leurs places quand ils ne vont pas se frotter au plus près du public sur les bords de la scène. C’est quand même étrange, nous en sommes au second morceau et celui-ci est très calme. Même après que le chanteur ait annoncé « Tu es avec nous ou tu es contre nous » durant « Tout est à nous ».

Musicalement ça joue fort et le public est déjà à fond derrière le groupe. Il chante les refrains et semble connaître les paroles parfaitement. « L’Atelier de Cluses, vous allez bien ? On est venu foutre le bordel l’an passé pas très loin d’ici et vous aviez mis le feu. Alors ce soir, on va faire pareil » nous dit Irvin avant d’entamer « Ce soir ça va chier ». Le calme ne va pas durer puisqu’après cet uppercut, le groupe enchaîne les titres qui font bouger le public : « Machine de guerre », « Viens chercher pogo », « Poings en l’air ».

J’aime bien l’énergie déployée même si je trouve que c’est un peu linéaire. Bon, c’est du keupon, on ne leur demande pas de faire des riffs de partout.

Deux, trois morceaux plus tard, les pogos sont de nouveau déclenchés durant « La bagarre » puis un circle pit. Il est temps de faire un retrait stratégique. Surtout que le prochain morceau s’appelle « Rien à perdre ». Parfois on sent des riffs proches du Metalcore tout en restant mélodique. Il y a même un wall of death durant « La force ».

Ils rendent un hommage à Denis CHARMOT, le photographe atteint de la maladie de Charcot dont on peut voir les photos affichées de partout dans la salle. Le groupe n’en a pas fini et continue de faire plaisir à leurs fans en enchaînant les titres directs qui sentent bon l’essence du Rock enragé et engagé.

Ils finissent par « La bière » sur lequel ils font monter sur scène un brasseur indépendant dont ils ont découvert le breuvage lors du catering. Sympa pour lui. Après avoir salué le public, le groupe invite ses fans à venir le retrouver au stand de merch’ pour partager une bière.

Les lumières rallumées, je retrouve deux copains venus comme nous assister à ce concert. Ouf, nous ne sommes pas seuls. Pendant l’entracte, sur scène, il y a de l’agitation. Le staff du groupe vedette est en train d’installer des poutres métalliques formant un grand triangle à l’envers en plein centre. Ce qui rend le décor scénique intéressant.

Il est 22h15, CACHEMIRE, le groupe, venu de Nantes, composé de Farid à la batterie, Seb à la basse, Sven à la guitare, Freddy au chant et Alice Animal à la guitare, hoodie noir sur la tête, blanc en dessous, jupe pour les garçons, short pour la fille monte sur scène pour faire les balances. Une minute plus tard, ils repartent. Rapide la balance. Les fans se sont massés devant la scène, et je remarque qu’une bonne partie du public de DARCY a disparu, laissant la place à un auditoire plus disparate, plus familial avec parfois quelques enfants de bas âge.

Cinq minutes plus tard, une intro démarre et une voix annonce « Mesdames et messieurs une ovation pour le groupe CACHEMIRE » ! Et voici le groupe qui arrive sur la scène sous les ovations d’un public plus compact que tout à l’heure. Dès le premier titre « Moi être roi »,  il y a un gros riff de Metal qui me surprend. Comme je n’ai pas écouté plus que ça avant de venir, je ne m’y attends pas.

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Freddy a la bougeotte, il fait des va-et-vient sur les bords de scène. C’est un vrai frontman, laissant peu de place aux autres membres. Il faut dire qu’il est bien aidé par un public de fans qui tapent déjà dans les mains dès le premier titre.

Je regarde avec fascination le public reprendre les morceaux des Nantais. « Je », « Ma gueule », les fans semblent connaître les paroles sur le bout des doigts.

Lorsque le chanteur prend la parole pour la première fois, c’est pour annoncer au public qu’il souffre d’une rhino-pharyngite. « Vous croyez qu’on aurait annulé ? Non, ça va être Rock n’Roll !! ». Pour l’aider, il demande au public de chanter à sa place, ce qui ravi les fans qui ne se privent pas de le faire. De toute façon, ils avaient déjà commencé.

Tout le long du set, Freddy et ses sbires vont faire bouger et danser le public. Lorsqu’il prend une guitare pour la première fois, il fait accroupir le public sur le refrain et descend même de scène pour danser avec eux en plein circle pit. Enfin, circle danse pour le coup puisqu’il invite les spectateurs à se prendre dans les bras et danser. C’est incroyable !

Musicalement, les musiciens jouent carré, même si, à mon grand regret, ils restent un peu trop statiques. Mais c’est compliqué lorsqu’on a un chanteur qui prend toute la place. Les titres s’enchaînent « Suis-moi Baby », le fun « Mouscash », « La nuit je mens » seule cover de la soirée (un hommage à ALAIN BASHUNG), « Adam » qui traite de la transidentité, « 20 ans plus tard », « La veste ». Moi je suis fasciné par l’énergie déployée par le chanteur qui, même s’il est malade et que ça s’entend lorsqu’il tente les aigus, ne se ménage pas une seule seconde.

Et on continue avec « Pied au plancher ». En voyant des fans en train de filmer, il leur demande : « Vous avez vu le clip ? Il n’est pas bien le clip ? Alors pourquoi tu filmes avec ton téléphone ? Le pied au plancher, c’est pour faire danser », leur dit-il d’un air très sérieux. « Nan, je déconne. Tu peux continuer. On a besoin de ce genre de choses pour alimenter les réseaux sociaux. C’est complètement ubuesque ce que j’ai dit. », reprend-t’il en plaisantant.

Ce que j’aime bien dans leur style, c’est cette petite pointe d’humour pince-sans rire qui se déroule tout le long du set. Et même lorsque Freddy fait monter un spectateur pour chanter à sa place, il lui annonce qu’il va choper son virus. « Profite, c’est ta soirée. Demain tu seras malade », lui dit-il en rigolant. Contrairement à ce qu’on aurait été en droit de penser, le spectateur chante vraiment bien et reçoit les hommages du chanteur.

On sent que les morceaux de CACHEMIRE sont taillés pour la scène. Ils sont serrés, puissants et sans ambages. Et même si j’ai du mal à accrocher à leur style musical, ils me fascinent. Attention, ce n’est pas que je n’aime pas mais je suis moins fan que mon binôme ou que le public. Ou alors, c’est que leur ferveur m’impressionne trop.

Nous aurons droit à un petit wall of death durant « L’animal » et même à un mini stage diving. En effet, Freddy fait monter un enfant de 8 ans, qu’il a repéré depuis un moment, sur scène. Après lui avoir montré comment ça se passe quand on est sur les planches face à un nombreux public, il lui fait faire un stage diving qui l’amènera jusqu’au fond de la salle. Fort à parier que le môme s’en souviendra toute sa vie.

Après « Chanson pour sépultures » qui continue de séduire le public, le groupe clôture le show avec l’intro de « Kashmir » de LED ZEPPELIN. Et c’est fini, CACHEMIRE salue ses fans pendant que « Hey Jude » des BEATLES passe sur bande et est repris en chœur par le public.

A peine le temps de se remettre de leur prestation que les fans retrouvent tout le groupe à leur stand de merch’ en train de boire une bière. Les musiciens sont facilement abordables et n’hésitent pas à prendre des photos avec leur public.

Sympathique soirée avec pas trop de boxon, contrairement à ce que je pensais. Même si dans l’esprit, j’ai préféré DARCY, CACHEMIRE m’a impressionné par sa justesse d’exécution et par la ferveur de ses fans.

Un grand merci à l’Atelier de Cluses pour cette accréditation !

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