MANON WERNER BAND au Brin de Zinc

A peine ai-je eu le temps de récupérer de mon concert du week-end dernier que me revoilà sur la route pour un autre concert. Ce soir, je vais au Brin de Zinc de Barberaz pour aller voir, comme indiqué dans le titre de ce report, le MANON WERNER BAND. C’est avec mon GPS vivant, euh… mon binôme habituel que je me rends dans cette salle mythique où j’y retrouve mes habitudes. Cela fait depuis l’an passé que je n’y suis pas retourné alors je suis trop content de remettre les pieds au fameux BDZ. D’autant plus que ce soir, le concert affiche complet.

Le MANON WERNER BAND, pour ceux qui ne connaissent pas, comme moi avant ce report, est un groupe de Blues chambérien composé de six musiciens : MAX ANGUSON à la guitare, RENAUD JACQUET au saxo, SYLVAIN FOUCHE au clavier, TRISTAN CHAUVIERE à la basse, GHISLAIN SERVAUD à la batterie et, comme vous l’aurez deviné, MANON WERNER au chant. Ayant décidé de ne rien écouter avant de voir le groupe, je m’attends à tout.

Ce n’est pas la première fois que le groupe foule les planches du Brin de Zinc mais je n’ai jamais eu l’occasion de les voir. Etant donné que je n’en ai entendu que du bien, je ne m’inquiète pas trop. D’autant plus qu’ils sont connotés Blues Rock et moi, j’adore ça.

Arrivé devant le BDZ, il faut faire la queue pour rentrer et, une fois dedans, il nous faut ruser pour aller devant. Le public est composé ce soir de beaucoup de sexagénaires, voir septuagénaires, et j’ai l’impression d’être l’un des plus jeunes – bien que je ne vais pas tarder à arriver sur la soixantaine. Puis, au fur à mesure que la salle se remplit, petit à petit, des quinquas et quelques quadras font leur apparition. Du coup, je prends un coup de vieux. Il n’y a pas beaucoup de têtes connues et comme la semaine dernière nous avons l’impression d’être un peu seuls.

La première chose que je remarque, c’est deux attrape-rêves qui se situent l’un à côté de la batterie et l’autre du côté du clavier, ainsi qu’un énorme suspendu devant la scène côté gauche. Nous allons faire de jolis rêves ce soir. Il est 21h15 et le groupe n’est pas encore sur scène mais cela ne devrait plus tarder. Le public commence un peu à s’impatienter. On entend des “MANON” de partout dans le Brin de Zinc. Patience et longueur de temps… comme a écrit un certain JEAN DE LA FONTAINE.

Une intro démarre où l’on entend la voix de MANON expliquer le pourquoi du comment de « Wild », le titre de son tout premier album. Puis c’est GHISLAIN qui arpente le premier les planches suivit par les autres musiciens. Reste la principale…. On entend sa voix mais elle n’est pas sur scène. La voix se rapproche et voilà MANON qui traverse la foule micro en main, sourire aux lèvres. Elle monte sur scène en interprétant le premier titre de la soirée « She Wolf », un morceau qui indique d’entrée de set ce à quoi il va falloir s’attendre. Un blues teinté de soul très profond sur une voix forte, qui sent bon le souffle chaud.

Après un « Fearless Love » qui nous envoûte par ses mélodies captivantes, MANON prend la parole : « Ça va, le Brin de Zinc ? On est trop contents de vous voir ce soir. Heureux de vous voir si nombreux. Cette chanson parle des femmes dans la société… Elle s’appelle « Women’s blues » ». C’est de nouveau un Blues chaud et sensuel qui résonne dans le BDZ. Ce titre est l’un des plus rocks de la soirée car les cuivres en sont absents. Alors RENAUD reprend les chœurs et joue du tambourin.

Six musiciens sur une scène relativement courte, limitent leur place et devraient les empêcher de trop bouger. Cependant ce n’est pas le cas. La chanteuse sait se mouvoir en prenant le devant de la scène au plus près des spectateurs. Après un superbe cover de DEPECHE MODE version MANON WERNER BAND qui voit RENAUD s’asseoir pour écouter ses copains interpréter le morceau avant de se relever vers la fin du titre pour le finir en toute beauté, c’est le premier titre chanté en français « Echec et mat ».

Ce qui transpire dans ces chansons, c’est le Blues version Soul qui vient du fin fond du sud et pourtant le groupe est Savoyard. C’est après « I Know » que tout le talent de GHISLAIN fait surface avec un solo de batterie aux petits oignons où les musiciens observent le batteur, accroupis sur les planches.

Puis, c’est le moment intime où MAX, GHISLAIN, RENAUD et TRISTAN sortent de scène pour ne laisser que MANON et SYLVAIN pour un superbe piano voix sur « Get On », tiré du tout premier EP datant de 2018. Alors que la chanteuse nous raconte qu’ils vont bientôt faire un set acoustique fin mars juste en face du BDZ, ce sont deux titres acoustiques qui se succèdent, dont « Out of Control », remanié pour l’occasion avec un ajout de flûte traversière.

J’ai l’impression de passer un moment magique tellement je suis séduit par la superbe voix de MANON. Il faut dire que, n’étant pas musicien, je suis plus sensible aux voix qu’à la musique en elle-même. Donc là, je suis transporté.

« Ça va toujours le Brin de Zinc ? Vous avez bien profité de ce moment de calme ? », nous dit MANON avant d’entamer le deuxième cover de la soirée, le « Voodoo Child » d’un certain JIMI HENDRIX. Et quelle reprise ! En version MWB, ça change la donne.

Après avoir présenté les musiciens qui l’accompagnent et nous avoir expliqué que c’est TRISTAN qui compose les trois quarts de la musique, elle fait monter sur scène un invité pour le morceau « Don’t Miss the Train ». Celui-ci n’est autre que le chanteur de CRITICAL PINT qui avait écrit ce titre avec elle. Les deux chanteurs faisant fi du peu de place sur scène s’en donnent à cœur joie, soutenus par les musiciens qui s’éclatent à fond. Dans le public les spectateurs se régalent de cette fun ambiance et chantent les refrains.

Puis voici le moment de la deuxième chanson en français : « Voix de sorcières ». Pour ce titre, MANON décide de descendre dans le public pour chanter au plus près des spectateurs. « Tu les entends les voix de sorcières ? », sussurre-t-elle à l’oreille de ses fans. Encore une fois, c’est un super morceau.

Effectivement, si on cherche la petite bête, mais alors, vraiment pour chercher la petite bête, les morceaux ont tendance à se ressembler un peu, mais moi je m’en taponne le coquillard tellement je suis envoûté par la voix de la chanteuse et le groove des musiciens. Et puis, avec de tels instrumentistes, comment dire… les mots me manquent.

Après « Wind Rose », tout le band de MANON descend de scène pour la laisser seule sur scène nous annoncer le nouveau morceau « Conscious the pain ». A peine trente secondes plus tard, les musiciens reviennent et se placent en demi-cercle autour d’elle pendant qu’elle entame la chanson a capella. Ce morceau ressemble comme deux gouttes d’eau à un chant d’esclave noir dans un champ de coton.

Cette parenthèse achevée, c’est à TRISTAN de nous faire un petit solo de clavier vite rejoint par le reste du groupe pour jouer le dernier morceau « Nomad ». Ce dernier titre, qui voit MAX et RENAUD s’amuser à changer de place, envoie du lourd sur un chant puissant.

Au bout d’une heure trente-cinq de show, c’est la fin. Le groupe salue son public et déambule dans le BDZ à la rencontre de ses fans. Personnellement, j’ai beaucoup aimé la prestation et je retournerais volontiers revoir ce MANON WERNER BAND.

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