NANOWAR OF STEEL + UUHAI  à l’Ilyade

NANOWAR OF STEEL + UUHAI  à l’Ilyade
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Le Motocultor Fest fait, comme tous les ans, une promo en organisant une tournée européenne avec des groupes de tendances musicales variées – comme le festival d’ailleurs – allant du Hard Rock au Heavy Metal et du Black Metal et du Death Metal au Metal moderne.

Perso, je suis moyennement attiré par le fait de me taper 80% de groupes dont je n’aime pas le style pour voir 20% de groupes que j’aime mais là, il y a les Italiens de NANOWAR OF STEEL et les Mongols de UUHAI dont j’ai adoré l’album « Human Herds » sorti en début de mois. C’est du coup, un groupe que j’ai hâte de découvrir en live.

Pour une fois, j’ai le choix avec deux dates possibles pour moi, celle du Rockstore de Montpellier et celle de l’Ilyade dans la banlieue grenobloise. J’avoue que j’aime bien l’Ilyade, le son y est bon, on peut se garer et, cerise sur le cake, je pourrais revoir les copains de Grenoble sans avoir à me galérer dans Grenoble. Mon choix est fait !

Bon, même un dimanche soir vers Grenoble, ça merde. Heureusement, je sors de la rocade avant et du coup, j’arrive à l’heure pour l’apéro, 18h30. Mission accomplie !

A peine le temps de dire bonjour aux copains que les Danois de DEFECTO (Prog’metal) entrent en scène. Je suis trop content de les voir ! Euh… mais c’est pas du tout DEFECTO, ça ! Il y a eu un changement et ils ont été remplacé… par un groupe de Metal Extrême ! Du coup, l’ordre de passage a été changé lui aussi et c’est donc LADY AHNABEL qui a la tâche d’ouvrir les hostilités.

Allez, c’est parti pour la découverte ! Déjà, les zicos ont un look, une présence et ça joue. Musicalement, c’est plutôt dans mon style et c’est bon. Tiens, le bassiste me dit quelque chose… Mon petit doigt me dit que c’était le bassiste de Chris HOLMES.

Pour en revenir au groupe, le problème vient de la voix. Perso, je trouve que ça ne matche pas du tout avec la musique. Il y a un grand décalage. En plus, la chanteuse doit être stressée car sa voix sature. Ce qui n’arrange pas les choses, c’est qu’elle semble ne pas avoir de retour… Bref, sur les premiers morceaux, elle est bien limite. Dans le public, on entend même des « elle chante faux ». Dommage car elle a un vrai charisme et une présence scénique. Bref, passage en demi-teinte pour cette fois.  

Courte pause. La salle se remplit bien (on arrivera vers les 450. Un dimanche soir, c’est beau !).

C’est maintenant au tour des remplaçants de DEFECTO, les Brésiliens de THROW ME TO THE WOLVES de monter sur scène. C’est la première fois qu’ils viennent en France et même en Europe. Ils font dans le Death mélo donc ça va être violent mais je suis prêt… Enfin, je crois…

Et d’entrée, les deux guitaristes et le chanteur montent sur les retours et c’est exactement ce que à quoi je m’attendais : j’entends bien le côté Death avec la grosse voix ! Après, je dois reconnaître que, même si ce n’est pas mon truc du tout, c’est carrément bien fait, et je crois que j’aurais même pu apprécier s’il n’y avait pas eu cette fameuse grosse voix. Mais faut pas trop en demander non plus sinon ce ne serait plus du Death mélodique mais du Metal mélodique. CQFD.  Après, une grande partie du public semble apprécier, c’est cool mais pas étonnant vu le capital sympathie de ces musicos.

Moi, je vais quand même prendre l’air : Veni, vidi mais pas vici.

Le changement de plateau suivant est un peu moins rapide mais à chaque fois, il n’y a pas de perte de temps. Cool, on ne va pas se coucher trop tard et avec 5 groupes à l’affiche, c’est une belle prouesse.

Bon, c’est au tour des Parisiens de LONE SURVIVORS de jouer. C’est le premier groupe à arborer un backdrop. Normalement, eux font du Prog’ Metalcore et a priori, ça devrait pouvoir passer pour mes petites oreilles sensibles. Le chanteur arrive, grimpe sur le retour et hurle : « Wesh ! Salut Grenoble ! ». Wesh… Sérieux ? Qui dit encore ça et dans un concert Metal en plus ? Et là, ça commence et oh putain non, le monsieur vomit dans le micro ! Au secours !

Musicalement, c’est effectivement Prog’ technique mais le mélange avec la grosse voix ben ça ne matche absolument pas. Après, quand il ne crie pas et qu’il chante en voix claire, ça passe. En revanche, ça ne dure pas et il se remet très vite en colère. Encore une fois, dommage car scéniquement ça tient plutôt la route. Mais bon, comme dirait quelqu’un, je suis trop vieux pour ces conneries-là. S’il y a des gens qui aiment, tant mieux pour eux, moi je ne suis plus là. Retour à l’extérieur pour papoter avec les copains.

Bon ils ont fini. Vu que la salle est bien pleine, je profite du fait que beaucoup de gens soient partis se désaltérer au bar ou que les autres ne soient pas encore revenus de l’autoroute la plus proche, pour me positionner pour un des deux groupes qui m’ont fait supporter tout ça… comme finalement pas mal de gens ce soir : les Mongols de UUHAI.

Autant vous dire que là, je suis aux taquets ! L’intro les annonce et ils arrivent. Ils sont nombreux sur scène – 7 – avec des instruments qu’on n’a pas habituellement dans le Metal. On a des sortes de guitares à deux cordes qui se jouent comme une contrebasse avec une tête de cheval sculptée sur le haut du manche, des tambours et surtout, la voix est utilisée comme un instrument. Ils attaquent avec « Uuhai », un morceau tout en puissance… Ces chants avec ce côté guerrier et festif à la fois !

Si vous pensez que c’est un autre UH, eh bien vous faîtes une grosse erreur car pour moi on est plutôt dans un KORPIKLAANI qui nous viendrait de Mongolie. C’est festif et envoûtant. Tu pars dans les steppes de Mongolie pour une virée à cheval avec du Metal dans les oreilles avant de regagner ta yourte. Le public est conquis, heureux.

En plus, UUHAI fait le show ! Ces mecs sont tous des putains de frontmen.  Ils sont à donf’ et arrivent à emmener le public avec eux en nous faisant passer par plein d’émotions. Ouah, j’ai adoré leur album mais en live c’est encore mieux grâce à cette émotion qui se rajoute !

Le chanteur principal est toujours en mouvement, il hurle des « Make some noise » à tout va, fait chanter le public chaque fois qu’il le peut. Il a un putain de magnétisme mais, si on regarde bien, ce sont en fait tous les membres du groupe qui explosent sur scène. Ca bouge, ça vit, c’est un vrai live qui dope des morceaux déjà magiques au départ.

Les vibrations des voix sont puissantes, on ressent ces sonorités ancestrales jusqu’au plus profond de notre corps. C’est bien hypnotisant.

Pour la dernière chanson, les membres du groupe se mettent en ligne, les bras levés au ciel en signe de prière et entonnent « Secret History of the Mongols ». C’est un moment très impressionnant.

Je ne regrette franchement pas le voyage, moi. Je suis en train de voir un putain de groupe, une nouvelle légende est née et elle nous vient de Mongolie ! Et vu le monde qui se presse à leur stand merch’ après le show, je ne suis pas tout seul à avoir pris une grosse baffe au cœur de ce moment magique.

Bon, je profite du changement de plateau – très rapide et efficace une fois de plus – pour récupérer avant de revenir pour me placer pour la tête d’affiche du soir, les fous furieux italiens de NANOWAR OF STEEL. C’est un groupe que j’ai découvert il y a des années déjà au Rising Fest de Dijon et à l’époque, j’avais pu leur faire une interview. Depuis, je ne les lâche pas.

J’attache solidement mon appareil photo à mon poignet parce que là, ça va être la guerre. Intro. Le public bien chauffé par UUHAI est aux taquets car la majorité est venue pour eux.

Les NANOWAR OF STEEL arrivent comme avec leurs tenues habituelles : un des chanteurs porte une jupe violette et une perruque de la même couleur, le second chanteur a un look barré et arbore un magnifique haut de forme, le bassiste a une perruque orange avec les tiffs en vrac, seul le turban a disparu pour le guitariste.

Et, bien évidemment, ils sautent de partout, dansent, délirent comme des fous et le public se lâche. Le groupe enchaîne les monologues délirants entre les morceaux et fait participer le public. En plus, le bassiste parle très bien le français. Il est mega heureux de rejouer en France et il le dit !

On a droit à un gros show ce soir avec fumigènes et feux de Bengale. Moi, je mate quand même le plafond parce que ça monte haut leur truc et qu’après la Suisse, il vaut mieux être prudent. En tout cas, une chose est sûre, c’est que si ça crame, je ne resterais pas là à prendre le feu en vidéo et mon nouveau morceau sera comme le dit SILMARIS : « Cours vite » ! Bon, pas de risque ici car le plafond est très haut et que ce n’est pas pour rien que dans cette salle la pyrotechnie est autorisée car ici tout est ignifugé.

Mais revenons à nos moutons. Il se passe toujours quelque chose sur scène : changements de costume, pistolets, feux de Bengale. Sur « Gengis Khan », un membre de UUHAI les rejoint avec un drapeau mongol. Ils font applaudir le public en sautant comme des kangourous.

Quand arrive « Il cacciatore della Notte », on voit débarquer l’habituelle chouette géante qui court sur la scène et bat des ailes debout sur les retours pendant que la salle hurle « Barbaggiani ! ». C’est carrément du délire. Ca chante, ça saute, ça sourit, on se sent mega bien.

Et que dire quand arrive la reprise de « Brave Margot » chantée dans un français très approximatif. Choc des générations : il y a ceux plus âgés qui connaissent par cœur les paroles de BRASSENS et ceux qui mettent un moment à comprendre ce qui se passe. Mais bon, c’est encore un sacré moment !

En fait, c’est ça la magie de ce groupe, c’est un mega anti-dépresseur. Et on peut dire que les NANOWAR OF STEEL sont particulièrement en forme.

Bon, je décide de ne pas rester pour le Meet and Greet car ma chérie est crevée et qu’elle bosse demain. En plus, il ne pleut plus, je peux donc prendre la route sereinement.

BILAN DE LA SOIREE : découverte de trois groupes que je vais très vite oublier (même si je préfère avoir des groupes de compos dans un style que je n’aime pas plutôt que des tributes dans mon style), une grosse découverte live avec UUHAI assortie d’une grosse baffe, et confirmation que NANOWAR OF STEEL a encore une fois tout déchiré.

Ca me confirme dans ce que je vois se profiler depuis quelques temps, c’est que les groupes qui remplissent des salles sont des groupes festifs. Pas étonnant que, dans cette période bizarre, les gens aient besoin de se défouler et de s’éclater. Une soirée comme ça, ça vaut tous les anti-dépresseurs du monde !

Un grand merci au Mototcultor et à Metallian Productions pour cette soirée !

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