TREMPLIN FORT METAL FEST 2026

TREMPLIN FORT METAL FEST 2026
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On aurait pu croire que se rendre en fin d’après-midi dans la Haute Marne pouvait s’apparenter à une traversée du désert, mais il n’en fut rien. Nous n’avons pas été peu surpris d’arriver dans une bourgade pleine de badauds alors que la nuit enveloppait déjà la commune de sa noirceur ouatée.

Nous avons dû nous arrêter quelques minutes, car nous étions à 2 mètres du début de la retraite aux flambeaux et du groupe de majorettes rayonnantes qui ouvraient la voie à l’unique char de carnaval aux couleurs du Brésil  ; ledit char entouré de l’ensemble du club couture et du syndicat d’initiatives en costumes bariolés et vaguement aztèques (comme les couteaux).

La maréchaussée nous libéra rapidement, fort heureusement, car nous étions presque arrivés.

Mon camarade Philippe de Rock n’Roller Photography et moi-même, son jeune padawan, avions rendez-vous avec l’équipe du Fort Metal Fest pour le tremplin de l’édition 2026. Trois groupes étaient en lice, et comme pour les Immortels, il ne pouvait en rester qu’un. Environ 80 personnes avaient fait le déplacement, des locaux mais aussi un groupe dijonnais fort connu qui venait soutenir ses camarades et jauger ceux qui voulaient partager leur affiche.

DEMONTOOL a ouvert le bal. Le groupe parisien n’est pas un débutant, il sévit depuis 2003 et a 3 albums à son actif, le dernier étant sorti en décembre dernier, tout frais donc. Et franchement ça se sent : hyper à l’aise sur scène, ils ont l’habitude de communiquer avec le public. Le chanteur s’arrête pour lui parler entre les morceaux, donne quelques explications et puis ça repart en trombe.

Ça joue Heavy, ça joue juste, ça chante en français, mais je me rends compte assez vite qu’il est très difficile de se concentrer sur la prise de vue et sur la musique. Alors tant pis, je privilégie le shooting. Vous irez écouter le clip sur votre plateforme préférée ou mieux, vous viendrez les voir au Rising Fest où ils sont annoncés depuis peu.

Comme ça se passe bien avec le public, pour partir sur une bonne impression et le faire participer au maximum, les voilà qui entonnent une version survoltée de la « Salsa du Démon ». Et effectivement, ça fait mouche.

Le second candidat n’est pas une candidate, ce sont les CRAZY NIGHT KILLERS. Les Comtois œuvrent dans un style plus Heavy Rock eighties, quelque part entre MAIDEN et TRUST.

Hélas, on sent rapidement qu’ils n’ont pas la maitrise du groupe précédent. Les NIGHT KILLERS sont encore une jeune formation et si, au niveau musical, ça tient la route, l’occupation de la scène et l’osmose avec le public laisse à désirer.

A mon humble avis, le chanteur a encore besoin de travail et d’assurance, je le trouve un peu  « étriqué » dans son amplitude vocale. Mais c’est tout à fait personnel. Il faut avouer, c’est compliqué de passer après DEMONTOOL. Mon camarade me fait remarquer qu’il les a vus plusieurs fois en concert, et que ce n’est pas leur meilleure prestation. Le trac dû à l’enjeu ? Sans doute…

Néanmoins, les CRAZY NIGHT KILLERS se donnent à fond, et il y a au moins une fan pour les accompagner dans leur énergie au premier rang. Comme ce sont des copains, je mitraille et j’en profite pour tester des réglages. Ce n’est pas toujours très heureux, mais c’est le métier qui rentre. Je sers W.T.R., et c’est ma joie !

SLAPDOWN entre en scène. Ambiance rouge sang et fumée, ce n’est pas forcément l’amie de l’objectif photo. Qu’importe, ça fait chouette pour le public, avec les drapeaux qui habillent la scène, on est plongé dans un style complètement différent.

Les dijonnais assènent leur Hardcore tranchant et impitoyable avec brio. Je les avais vu sur la scène Metal de la Fête de la Musique de Dijon (organisée par une asso sympathique dont le nom m’échappe) et je les avais déjà trouvés très efficaces, même si le Hardcore reste assez loin de mon champ de compréhension musical. Cela ne m’empêche pas de constater quand les gars touchent leur canette. Ce sont les seuls à chanter en anglais ce soir.

L’ambiance visuelle choisie est très sombre et monochrome, cela ne m’aide pas pour les clichés. Le public lui semble apprécier, mais il semble aussi un poil plus clairsemé. Peut-être que cette drôle d’habitude qu’a le chanteur de toujours parler de dos entre les morceaux n’aide pas trop à happer le public. Il y a un petit côté « on joue entre nous, comme à la répète » qui n’est pas forcément des plus heureux à mon goût. 

Après être passé à l’essoreuse Hardcore durant le temps imparti, le public va maintenant devoir voter pour le groupe qu’il a préféré. L’orga lui laisse encore quelques minutes pour se décider, mais il a eu tout loisir d’aller déposer son petit bulletin dans l’urne située à l’entrée. La tension est à son comble…. Le suspense, comme tout bon suspense qui se respecte, est insoutenable…

Et ce sera DEMONTOOL qui rejoindra l’affiche du Fort Metal Fest. Le Grand Est burgondo-champenno-comtois pourra donc prendre une double ration de DEMONTOOL cette année : une fois au Cognelot et une fois à Jean Bouhey. Si j’ai cru un moment que le coté résolument moderne des SLAPDOWN pouvait séduire le public, il faut avouer que DEMONTOOL a des qualités scéniques absolument indéniables. Et puis qui peut lutter contre la « Salsa du Démon » ? Je n’ai plus qu’à réviser les paroles pour le prochain concert en triant mes photos…. Va y avoir de la chenille au Rising Fest, je le vois gros ça comme !

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