Propos recueillis le 06 septembre 2026 par KERIDWEN

Bonjour les BITE ME, comment vous êtes-vous rencontrées ?
– J’avais envie de monter un groupe entièrement féminin, et je suis tombée par hasard sur Ruby qui faisait des covers de MOTLEY CRUE sur Facebook. Je me suis dit qu’elle était parfaite.
– Des covers de MOTLEY CRUE ? Mais je ne savais pas !
– Ruby et moi on s’est rencontrées quand on étaient ados, quand je suis allée voir BITE ME jouer – et je les ai vues un paquet de fois – elles n’avaient pas de bassiste, alors elles m’ont proposé d’auditionner et je les ai rejointes. Puis Kit est arrivée en 2024.

– J’ai entendu l’appel, j’ai répondu à cet appel !
– Dieu soit loué ! Elle nous a envoyé une espèce de lettre de motivation par mail, en joignant un enregistrement de sa voix qui déchirait carrément, tu la connais, disant qu’elle était prête à botter des culs et à tout donner.
– J’étais plus que prête !
– On est nées aux taquets !
Que voudriez-vous que les Français sachent à votre propos ?
– On le fait en français, en anglais, on fait tout !
– La musique britannique est toujours bonne grâce à nous.
Est-ce qu’elle a commencé à ne pas l’être ?

– Oui, c’est un sujet récurrent en Angleterre. Dans certains genres, certaines scènes, le niveau baisse, mais les gens qui vont à nos concerts disent qu’on est bonnes, et je pense qu’on garde l’esprit du Rock encore bien vivant.
– Oui, je pense que ça joue vraiment sérieux notamment dans le Glam, le Sleaze et le Heavy Metal.
– Carrément, je pense que ça joue carrément bien, ça sonne du tonnerre.
– On a joué récemment au milieu de plusieurs groupes de Metal et le public a trouvé notre show rafraîchissant. Ils ont passé un moment sympa parce qu’on s’amuse sur scène.
– C’est pour ça qu’on le fait d’ailleurs, pour passer du bon temps. C’est ce qui nous rend uniques. On espère que le public s’éclate autant que nous, c’est une règle d’or.
Là, vous venez de jouer pour le HRH, mais habituellement, où jouez-vous ? Vous faites des tournées parfois ?
En général, les gens nous contactent pour jouer ici ou là, et on se fait des contacts sur des scènes différentes qui nous donnent des opportunités. On a joué sur des festivals incroyables, comme le Sweden Rebellion
– C’était génial le Rebellion ! On l’a fait plusieurs fois.

– On n’a pas encore monté de tournée, mais ça reste dans les plans. Ce n’est pas facile de tourner de nos jours, surtout quand tu es un groupe qui fait tout tout seul et que tu n’es pas du sérail. Ce n’est pas seulement une question de rentrer dans nos frais, si jamais on y arrive, c’est aussi par ce qu’on nous offre.
Je veux dire, c’est cool de jouer, mais des fois, financièrement, ça n’a pas de sens pour des groupes DIY (Do It Yourself – « Fais-le toi-même »).
– Beaucoup ne veulent pas y consacrer du temps, ça ne tient pas debout de réserver des hôtels et tout ça… Je veux dire, on se déplace partout, on a joué à Dunoon en Ecosse, en Suède. Ce n’est pas qu’on ne veut pas voyager, c’est que c’est un investissement conséquent, pas vrai ?
– Alors, invitez nous ! Allons en France !

Est-ce que c’est encore inhabituel d’être un groupe 100 % féminin ?
– Si tu regardes bien, on est le seul groupe à le faire sur tout le week-end. On m’a dit ça une fois « On ne veut pas de Girl Band », mais les seules auxquelles je pense, ce sont les RUNAWAYS. Mais c’est toujours resté un rêve.
Bien-sûr, j’ai joué dans des groupes avec des gars, mais ce n’est pas pareil, il y a une connexion différente. On est un peu comme des sœurs, mais à la fin, ce qui compte vraiment, c’est la musique. Et on joue vraiment fort, alors pas la peine de mettre l’accent sur le fait qu’on est des filles dans un groupe.
– Etre une fille ne fait pas de moi une meilleure ou une plus mauvaise guitariste, ça fait juste de moi une fille et j’ai rien à foutre dans une cuisine et c’est une bonne chose. Malheureusement, il y a encore des gens qui pensent que les groupes féminins ou portés par une femme sont un genre musical en soi. Des tas de festivals sont ouverts à programmer des groupes féminins sans en faire tout un plat.
Quand j’avais votre âge ( !) c’était loin d’être évident de convaincre un groupe d’être leur chanteuse ou de trouver des musiciennes.

– Pourtant, j’ai vu un truc sur Facebook l’autre jour, qui disait que les femmes étaient le truc le plus Metal du monde.
Qu’on encaisse la douleur jour après jour, mois après mois, on accouche, on se tape la ménopause. On a des raisons de gueuler : on est des putains de guerrières, c’est ça qu’on est !
Il y a toujours un groupe de Metal féminin tous les 5 ans, je dirais : les RUNAWAYS, GIRLSCHOOL, les CYCLE SLUTS FROM HELL, VIXEN, PHANTOM BLUE, les BURNING WITCHES actuellement. Je crois que les femmes sont de mieux en mieux intégrées au milieu, il y a davantage de groupes mixtes.
C’est vrai, mais si tu te balades à Camden ou sur les scènes locales, il n’y a pas tant de groupes que ça avec que des musiciennes. Le public est encore assez divisé, ça reste un truc de mec.
D’ailleurs, comment avez-vous appris à jouer ? Toutes seules, en école de musique, en conservatoire ?

– Moi j’ai commencé à jouer de la basse vers 11 ans. J’ai découvert les LUNACHICKS, le premier groupe féminin que j’ai connu, et leur bassiste était tellement cool que j’ai eu envie d’apprendre aussi, toute seule. Je n’ai jamais pris de cours en école de musique ou autre.
– Moi aussi, j’ai appris la batterie toute seule. J’étais fan de ADAM AND THE ANT, et je me suis retrouvée à jouer avec eux partout dans le monde alors que j’avais à peine deux mois de batterie ! J’ai vraiment appris sur le tas.
– J’ai fait de la musique à l’école. Mais en fait, j’ai plutôt appris avec des tutos YouTube, mais pas en école de musique à faire de la théorie et tout. J’ai commencé à jouer très tôt dans des groupes, vers 13, 14 ans.
– Autodidacte aussi, pour la plupart. Je me souviens que ça impressionnait beaucoup ma mère. Mais ça n’intéresse personne, revenons à l’interview.
– Je ne joue pas au médiator, parce que je n’ai jamais appris. Il y a des gens pour qui c’est un problème, mais je ne le ressens pas comme tel. L’important c’est que ça me plaise.

Quel conseil donneriez-vous à de jeunes musiciens, tous genres confondus ?
Foncez !! Honnêtement, ne laissez personne se mettre en travers de votre chemin.
Quand les gens se conduisent comme des connards, c’est souvent qu’ils sont jaloux, ou alors ils ont la trouille. Il y a toujours des gens que ça emmerde que vous soyez heureux, mais au final, la seule chose qui peut vous arrêter, c’est vous.
Il ne faut écouter personne alors...
Ah si il y a des gens qui valent la peine d’être écoutés ! Mais le plus important, c’est de vous écouter, vous et votre désir de jouer. Alors pratiquez tous les jours, ça c’est important ! Si vous pratiquez tous les jours quelques heures, vous progresserez de façon phénoménale, mais ça doit rester un plaisir, pas une corvée.
Merci les filles !
