XAON + VERSATILE au Brin de Zinc

Le Brin de Zinc accueille ce samedi soir une affiche qui mêle Industrial Black Metal et Symphonic Death Metal. En effet, les Suisses de VERSATILE et de XAON sont réunis sur scène pour une soirée qui s’annonce comme très intense. Et visiblement l’affiche a attiré parce que la salle est presque pleine ! Le public est plutôt jeune, ce qui me change de mes derniers concerts, et je vois quelques habitués du BDZ, mais aussi des fans savoyards des styles pratiqués ce soir et quelques fidèles venus de Suisse.

La première partie est assurée par VERSATILE, un groupe d’Horror Industrial Black Metal originaire de Genève. Fondé en 2019, ils viennent défendre leur album « Les litanies du vide » sorti en avril 2025. C’est un groupe que j’ai déjà vu lors du Pack Ô Fest d’il y a deux ans et j’avais bien aimé leur spectacle car c’est très scénique.

Le trio arrive dans une semi-pénombre bleutée et, dès qu’ils entrent sur scène, le décor est planté : ils sont grimés et portent des sortes de soutanes. CINIS, la guitariste n’est, elle, pas maquillée mais elle porte un masque noir sur la bouche.

Ca attaque, le batteur – MORPHEE – vient devant la scène en frappant sur un bidon. Côté lumière, bonjour pour les photos : c’est bleu avec de la fumée, quand ce n’est pas bleu c’est blanc avec de la fumée et quand ce n’est pas blanc, c’est rouge avec… de la fumée. Bon courage, Bérénice !

Alors, ça chante en français, ça c’est sûr, mais ce qui est dommage c’est qu’on ne comprend pas bien les paroles.

Au 3e morceau, la guitariste arrive en portant un encensoir, ce qui lui donne un aspect de grande prêtresse. Leur set alterne blasts métronomiques, nappes électroniques abrasives et chant déshumanisé. Le public, quant à lui, se laisse emporter par l’esthétique très industrielle du groupe. C’est saturé de fumée et de vibrations dans la salle.

A un moment HATRED SALANDER, le chanteur, descend dans le public avec un lampe à pétrole et là, clairement, il nous enfume ! Le batteur revient pour la seconde fois pour jouer sur un bidon. C’est vraiment sympa sur le plan visuel.

A la fin du set, le chanteur joue avec des baguettes enflammées. C’est très spectaculaire. Bon, ça sent aussi très fort l’alcool à brûler ! VERSATILE nous fait un set . d’environ trois quarts d’heure et perso, j’ai bien aimé leur prestation.

Changement d’ambiance avec XAON, dont l’entrée donne une dimension plus théâtrale à la soirée. XAON est un groupe de Death Metal Symphonique suisse formé à Sion en 2014. Ils ont sorti 3 albums et un EP à ce jour. Eux aussi, je les ai déjà vus mais c’était en 2023 au Wacken. A l’époque, ils avaient gagné le tremplin.  

Rob CARSON, le chanteur arrive et nous balance : « Chambéry, quel bonheur, mes chéris ! Vous avez attaqué l’apéro, maintenant prenez le plat de résistance ! ».  Ils attaquent avec « Solipsis » et ça commence direct à brasser devant. Du coup, prudent, je me dirige doucement vers l’arrière.

Côté musique, ça envoie du lourd, c’est même bien costaud. Ils nous font « In Pyrrhic Seas », « If I had Wings », « Eros ». Le groupe nous livre sans coup férir un set massif mêlant riffs Death Metal tranchants, orchestrations sombres et growls profonds mais on a aussi des passages mélodiques et même quelques nappes de clavier. Les lumières quant à elles sont un peu meilleures que pour VERSATILE.

Le chanteur de XAON demande des Circle Pits et les obtient. Sur scène, ça déroule le set tambour battant et dans le public, ça continue de remuer de folie. C’est qu’il communique beaucoup le chanteur. On a droit à des « Mes chéris, je vous adore ! ». A un moment, il lance « Chambéry, tu crois que tu pourrais m’en donner encore plus ? ». Evidemment, le public hurle que oui, et ça repart sur un circle pit. 

Moi, j’ai l’impression de me prendre un mur de son en pleine tête. Bien fait de me reculer un peu, moi !

Quand arrive « Monolith », un des titres les plus lourds du groupe, on sent qu’on arrive sur la fin du set. « Stop, arrêtez ! », nous dit Rob. « J’en profite pour remercier toute l’équipe du Brin de Zinc et la salle ».

Pour « Wanton », on entend une bande sonore et Rob chante dessus juste avant un final en apothéose sur « Ain’t Yet a Smile », un morceau rapide, massif, visiblement pensé pour le live qui vous emmène par sa montée en puissance. « Merci, haut les cœurs ! », nous clame le chanteur et, après une bonne heure de set d’une prestation techniquement impeccable, le groupe tire sa révérence.

Le public, lui, est conquis.

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