CRUSADE OF BARDS + CALAROOK au Brin de Zinc

En ce dimanche soir, après avoir avancé d’une heure en plein milieu de la nuit, je me rends au Brin de Zinc pour un nouveau concert. C’est mon binôme préféré qui m’a annoncé que nous allions à ce concert des CRUSADE OF BARDS et de CALAROOK. Avant d’aller à Barberaz, je jette une oreille pour savoir où je vais et là, je la récupère très vite : ce n’est pas du tout le style de musique que j’écoute. Bon, je me dis qu’il ne faut pas être réfractaire et qu’en live ça peut être sympa. Du coup, nous partons tranquillement en ce dimanche soir au BDZ en prenant le temps sur la route. Nous arrivons sur place, trouvons facilement où nous garer, et entrons dans la salle.

Malheureusement, il n’y a pas grand monde, ce qui est un peu dommage mais nous sommes un dimanche, ceci explique peut-être cela. En tout cas, le matériel du premier groupe, CALAROOK, est déjà installé. Le décor scénique est vraiment chouette et promet une bonne soirée.

En allant vers la scène, j’aperçois dans l’ombre trois gars et une femme habillés en pirates. Étrange. Je ne vais pas gamberger longtemps, les membres de CALAROOK montent déjà sur scène. Heureusement que nous n’étions pas à la bourre !

Habillés en pirates des mers, le groupe suisse venu de Winterthur fait, je vous le donne en mille, dans le Pirate Metal mais avec du Death. Tiens, il me semblait qu’il y avait un bassiste sur la vidéo que j’avais vu, bizarre, j’ai sûrement mal vu. En tout cas, la violoniste NORI KALEVALA est bien là, ainsi que YVES LOCHER derrière sa batterie et NICO WIGET avec sa guitare à 8 cordes – le logo du groupe inséré sous les cordes du manche. Sans oublier le chef de file PHILIPP WYSSEN qui fait le boulot derrière son micro.

Dès le premier morceau, j’ai l’impression que ça va être long. Cependant, les growls permanents de PHILIPP commencent à me fasciner. Il faut dire que le chanteur s’amuse comme un petit fou avec NICO. Certes, je suis loin de ma zone de confort, la musique Death c’est vraiment pas ce que j’écoute tous les jours, mais il y a une certaine mélodie dans leur musique qui me plaît bien. Pendant que YVES maltraite ses fûts en blastant à mort, normal pour du death, que NICO sort des shreds de folie et que PHILIPP nous chante des chansons à boire et des histoires de pirates, NORI insuffle de la mélodie avec son violon dans le gros Death Pirate de CALAROOK.

Certes, j’aurais aimé un peu plus de douceur, notamment au niveau du chant, mais bon, on ne va pas faire la fine bouche. Et puis, dès le début, le chanteur s’est mis les spectateurs dans la poche en saluant le public en français, s’excusant de ne pas être un peu plus affable dans notre langue, et de devoir parler en anglais.

Du coup j’écoute avec attention certains titres tels que « Surrender or Die » – un titre un peu plus à mon goût – où le chanteur joue avec un drapeau noir arborant le logo du groupe, une tête de mort sur un ananas. Preuve s’il en est que le groupe ne se prend pas au sérieux.

Les titres défilent et semblent se répéter, notamment au niveau des growls mais restent écoutables surtout, je pense, grâce à la mélodie de leur musique.

Avant de présenter les musiciens qui l’accompagnent, PHILIPP nous annonce que d’habitude ils ont un bassiste mais qu’il avait d’autres occupations et qu’il n’a pas pu venir. « Alors tant pis, on a décidé de faire sans lui ». J’avais donc bien vu, ils ont bien un bassiste et je me dis que s’il avait été présent la musicalité aurait été bien plus forte.

Il est 21 heures lorsque le set prend fin après que CALAROOK ait salué le public.

A peine fini, voilà que CRUSADE OF BARDS installe son matériel pendant que CALAROOK débarrasse le sien. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a de l’agitation sur scène. Au bout d’un bon quart d’heure, tout le monde à l’air prêt, puisque les musiciens ont disparu de la scène. Une fois que le décor scénique de CALAROOK a été enlevé, il y a comme un vide sur scène.

Dans tous les cas, ça ne devrait pas tarder à démarrer, les lumières sont éteintes et on ne voit plus personne. A part, PABLO ANDREOTTI, le clavier, qui monte sur les planches et démarre l’intro puis redescend se planquer. C’est avec de l’appréhension que je m’apprête à découvrir le groupe, n’étant pas très fan du style pratiqué. Mais bon, comme le dit si bien la pub, « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », alors pourquoi pas. Et le premier qui insinue que je ne change jamais d’avis, je l’attends à la fin de ce report !

PABLO revient sur les planches suivi d’ADRIAN NUNEZ à la guitare et de MARC BRODE à la basse. YOU, le batteur, est déjà présent caché dans la pénombre. L’intro prend fin et c’est au tour d’EDUARDO GUILLO, le chanteur, de monter sur scène. Et il impressionne tout de suite avec sa voix grave et ses growls. Puis arrive la chanteuse lyrique et fondatrice du groupe ELEANOR TENEBRE, la capitaine du navire.

Comme je suis un peu allergique au Metal Symphonique j’ai un peu de mal à accrocher. N’étant absolument pas fan des voix lyriques, les premiers titres défilent vite pour moi, et j’ai l’impression que c’est Eduardo qu’on entend le plus au détriment d’ELEANOR qui est un peu en retrait, d’autant plus que le son pendant le set de CRUSADE OF BARDS est plus fort que pour CALAROOK.

C’est PABLO qui est chargé de communiquer avec les spectateurs, contrairement à d’habitude où c’est plus le frontman qui s’en charge. Le côté « bourrin » avec une voix lyrique m’agace un peu. Je vous l’ai déjà dit, je ne suis pas fan des voix à la NIGHTWISH et compagnie, cependant lorsque le clavier suit les chœurs, la mélodie s’empare de la musique et rend, à mes yeux, plus intéressant le Symphonic Metal de CRUSADE OF BARDS.

Il y a un côté Folk sympathique dans la musique des Espagnols surtout quand EDUARDO n’utilise pas sa voix growl, mais plutôt sa voix de baryton qui, accompagné par la voix lyrique d’ELEANOR rend plus attractif, à mon goût, leur Metal. Je reconnais que ce n’est pas trop mon truc mais c’est plutôt plus doux que les Suisses de CALAROOK. La voix d’ELEANOR est impressionnante mais je préfère largement quand elle ne part pas trop dans les aigus.

Musicalement, c’est vraiment bien. PABLO, même si avec le son un peu trop prononcé on ne l’entend pas trop, fait le show avec son clavier portable et insuffle plus de mélodie qu’il n’en paraît. D’autant plus qu’il prend les chœurs, ce qui renforce l’efficacité musicale des Espagnols.

J’écoute et apprécie le professionnalisme et surtout l’interprétation sans faille du groupe. Cependant, je trouve que le groupe est un peu trop sérieux, ce qui contraste avec le groupe précédent dont les membres s’amusaient comme des petits fous sur scène.

Une heure plus tard, et c’est déjà la fin.

Les deux groupes se baladent dans le Brin de Zinc, n’hésitant pas à prendre des photos avec les fans et de signer à tout va leur merchandising. Ils en profitent pour faire une photo souvenir des deux groupes ensemble.

Résultat : une bonne soirée un peu “bourrine” dans l’ensemble mais agréable. Eh oui, vous avez raison, je n’ai pas changé d’avis, je n’aime toujours pas le Metal Symphonique mais je reconnais qu’en live c’est plus intéressant.

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