Chronique By METALFREAK

GLAM ROCK

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Jean Rollmops l’a dit et répété : « Vous me faites chier, avec votre modernité ! ». Oui, l’affreux JR (comme on aimait à le surnommer dans sa jeunesse – à une époque où la série « Dallas » et son Larry Hagman au chapeau de cowboy blanc trustaient les chaînes de TV de France et de Navarre) était rétif à tout progrès quel qu’il soit ! Oui, son leitmotiv restait indécrottablement « C’était mieux avant ! » et il nous le ressortait à l’envi avec un soupir nostalgique.
Et il sait argumenter, notre Jean (Rock ‘n’) Rollmops : le faste des années 80, sa liberté d’expression (artistique ou non), ce temps où même les publicités étaient encore amusantes, où les politiques faisaient de la politique, où les réseaux sociaux n’existaient pas, quand la création musicale semblait sans limites… Ce qu’il peut le regretter ce temps-là, lui qui se fait taxer de vieux boomer par une génération dont la seule activité est de faire des kikoulol en scrollant le cul vissé sur son canapé.
Musicalement, c’est pareil : il reste un fan absolu des sons Glam et Sleaze des mid eighties : VAN HALEN, POISON, DEF LEPPARD, DOKKEN, MOTLEY CRUE… Rien que l’évocation des grandes heures de ces groupes légendaires lui colle une larmichette aussi nostalgique que le soupir cité plus haut.
C’est pour ça qu’il avait tout particulièrement bien accueilli le premier album « Out of Control » des Parisiens de HARSH en 2022. Dès lors, il avait ressorti toute la panoplie : bandana dans une chevelure qui se désertifie (le faisant renoncer à une éventuelle permanente peroxydée), pantalons léopard pour lequel il a désormais besoin d’un chausse-pied pour mieux l’enfiler (le pantalon, pas le chausse-pied)… Oui, le temps a passé. Pas la passion !
Quatre ans plus, JR a la bonne surprise de voir HARSH sortir un deuxième album. « Feels », qu’il s’appelle ! Douze titres, 48 minutes d’une replongée de quarante années en arrière. HARSH continue de vouloir perpétuer le son, l’attitude et l’énergie de cette scène issue du Sunset Boulevard. Et qui de mieux pour mixer et masteriser cet album qu’Hannes BRAUN, le chanteur de KISSIN’ DYNAMITE ? De l’aveu même du chanteur-guitariste Albert ARNOLD : « Travailler avec Hannes BRAUN, c’est un peu un rêve pour nous. Nous adorons la musique et le son de KISSIN’ DYNAMITE, et Hannes sait exactement comment tirer le meilleur de chacun de nos morceaux. C’est toujours un plaisir de travailler avec lui, tout se passe sans accrocs ».
Encore un bon point aux yeux de JR, lui qui a fait de « I’ve got the Fire » des KISSIN’ DYNAMITE un de ses hymnes personnels.
C’est dire s’il est accro à ces sonorités ! Et plus il écoute ce « Feels », plus il le trouve addictif.
C’est qu’HARSH sait y faire pour composer des titres à haute teneur addictive qui renvoient directement l’auditeur au mid eighties. Du titre bourré d’énergie communicative et du refrain imparable à rechanter à tue-tête après une seule écoute, il y en a à foison : « Break your War », « All I ever Wanted », « Fuel to the Fire », « Offer you a Rome », « Don’t mess with Me », « Back to Life », « Losing my Mind », « Dancing Dancing » ou « When we’re Together”. Jusqu’aux traditionnelles ballades – « Forever Yesterday », « Never gonna see me Fall » – tout est fait pour que l’auditeur accroche de suite.
En revanche, si JR aime bien les covers de cette époque, il commence à trouver que celles du « Maniac » de Michael SEMBELLO commence à être un peu trop systématique chez les groupes de Hard Rock, aussi bien interprétée (comme c’est le cas ici) soit elle.
Clairement, HARSH nous offre, avec « Feels », l’album de la confirmation. Celui de tout le bien qu’on avait pensé d’eux à la sortie d’« Out of Control ». Et notre Jean Rollmops, il est tellement resté scotché à cette époque bénie que je songe à le présenter à Ti-Rickou : à coup sûr, ils deviendront amis pour la vie.