Samedi 30 mai 2026 à Barberaz (Savoie)

Report : CEDRIC LeMAGIC et BERENICE FLECHARD
Ce soir, je me retrouve une fois de plus au Brin de Zinc de Barberaz, en proximité immédiate de Chambéry, pour une affiche de trois groupes – FAITH IN AGONY, BARN HOOKER et LINGUS – avec trois univers différents. Qui sait, peut-être que ces trois histoires qui n’ont pas grand-chose à voir entre elles vont finir par se répondre. On verra bien…

Le trio lyonnais LINGUS débarque en combinaisons argentées, ambiance cosmo-rock. Le chant est en français et en anglais, et une voix off annonce les chapitres comme dans un vieux feuilleton de Science-Fiction. Ils jouent dans le noir avec des lampes frontales, comme des explorateurs dans une grotte. Je me marre en pensant à Bérénice qui doit faire des photos !
Musicalement, c’est du Rock… exotique, Prog Electro Pop. Le Brin de Zinc, encore en train de se remplir, se retrouve happé par des compositions que je qualifierai de… labyrinthiques. Pour ma part, je ne suis pas transporté et je vais attendre le groupe suivant dehors comme Bérénice toute dépitée. Le futur, ce soir, nous a laissés sur le quai.

Ensuite… changement de décor. BARN HOOKER ouvre avec une intro très seventies, et immédiatement, ça sent le groupe qui vit comme il joue. Rock’n’roll punkisé, brut, sans filtre, qu’on se prend direct in the face. Et d’entrée de jeu, j’aime bien ce groupe. La dernière fois qu’ils sont passés au Brin de Zinc, je les avais loupés car j’étais malade.
La salle, presque pleine, bouge dès les premières secondes. Joey Delish, voix rauque et éraillée façon Ruby STARR (BLACK OAK ARKANSAS), occupe la scène comme si elle la possédait. Théâtrale, captivante, sexy sans jamais forcer, c’est une vraie frontwoman et elle m’emmène dans son monde.









C’est du très bon Rock et ça sonne bien.
Solo de guitare, descente dans le public, « ohohoh » repris en chœur, et reprise de “Deo” de HARRY BELAFONTE version Beetlejuice (vous savez la scène du repas où ils sont tous très coincés ?) survitaminée. BARN HOOKER nous offre un set court, nerveux, efficace. C’est une bonne claque artistique parfaitement calibrée pour le Brin de Zinc.
Ils quittent la scène sur “Dance with the Devil”, en nous glissant un « Maintenant, on va pactiser avec le diable ». J’aurais tendance à dire : « On signe où ? ».

C’est maintenant au tour de FAITH IN AGONY de monter sur scène. La veille, le groupe grenoblois étaient aux Triplettes Social Club à Ambérieu en Bugey (dans l’Ain) et ce soir, ils sont crevés car ils sont rentrés très tard.
Malgré cela, ils attaquent très fort comme si la nuit précédente n’avait jamais existé.
Ce groupe a cette capacité rare à faire monter la tension sans jamais la lâcher. Ils mélangent Rock alternatif sombre avec la voix magistrale et bien habitée de Madie. Il y a une vraie présence scénique. Ce groupe ne cherche pas forcément à séduire mais plutôt à dire quelque chose. Le Brin de Zinc bascule immédiatement dans l’univers sombre et introspectif qui est la signature du groupe.

La guitare se fait émotionnelle, la basse pulse comme un cœur, bien soutenue par la batterie, et la voix – toujours sur le fil – donne cette impression que Madie nous confie qualque chose, qu’elle se met à nu sur scène.
Madie et Eva (qui tient la basse et assure les chœurs) sont déchainées. FAITH IN AGONY dégage une énergie pure, brute, qui fait claquer chaque morceau. Les chansons s’enchaînent avec rage et sensibilité. Certains sons plus agressifs font ressortir les compositions et on ne s’ennuie pas un seul instant grâce à la diversité des chansons.
De plus, l’alchimie entre les musiciens est palpable et ça fait plaisir à voir.







La salle est en délire. Madie réclame un Wall of Death, le public s’exécute. Après ça, on a quand même droit à un morceau plus calme puis le guitariste grimpe sur l’ampli pour un solo.
Madie nous explique qu’ils sont venus avec du merch’ (pour une fois, il est dehors) et qu’il est tenu par les parents. Comme demain c’est la Fêtes des Mères, elle nous fait un clin d’œil à ce sujet : « N’oubliez pas de souhaiter la fête à la vôtre ».
Elle entame une nouvelle chanson et nous fait chanter « I say heyhey ». Tout le monde reprend en chœur, ça chauffe bien. Sauf qu’après ça part en cacahuète… coupure secteur d’électricité. Plus de son. Tout le monde sort son téléphone et met la lumière. Le batteur fait une impro, ça danse sur scène et le public essaie d’y croire… mais peine perdue, le courant n’est pas revenu.
Du coup ça se termine après à peine 30 minutes de set… Dégoûtés… Mais quelle intensité dans ce court moment !

Crédits photos : BERENICE FLECHARD
