14 et 15 juillet 2026 au Stade des Burgondes de St Julien en Genevois (Haute Savoie)

Report et Photos : HI’ TWIST
JOUR 1
C’est toujours un plaisir de se retrouver comme chaque année au Festival Guitare en Scène à Saint Julien en Genevois, commune toute proche de la frontière suisse. Ici, on se sent un peu comme à la maison. On y retrouve avec bonheur le staff toujours aussi sympathique mais aussi les amis photographes, fidèles à ce festival qui fête cette année ses 19 ans d’existence.
TAJ FARRANT (U.S.A.)

On commence par TAJ FARRANT. On m’a beaucoup vanté les qualités de ce petit prodige qui s’est fait connaitre à 11 ans sur les réseaux sociaux. Cet Australien n’a actuellement qu’un seul album à son actif – mais il est très jeune encore – et j’ai hâte de voir ce que ça va donner.
Et d’entrée de jeu, je suis séduit. Franchement, il est complètement habité ! Quand il est avec sa guitare, il est dans un autre monde. C’est le diable en personne. Il me fait penser de suite à STEVIE RAY VAUGHAN. D’ailleurs, le 3e morceau que Taj joue est une reprise du « Cold Shot » de SRV.
Il enchaîne ensuite avec « Ain ‘t no Sunshine » de BILL WITHERS, puis sur « Superstition » de STEVIE WONDER, un morceau rythmé qui donne la patate.
Taj FARRANT prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer les morceaux de ses aînés. On voit qu’il a exploré différentes directions, que ce soit SANTANA, STEVIE RAY VAUGHAN ou bien d’autres. C’est vraiment un guitar hero.
Il est incroyable dans ses reprises comme dans ses propres compos. On a droit à « Freight Train », « Cruz », « Crossroads », ce dernier étant une belle référence au « Crossroad » de ROBERT JOHNSON.
Taj a une de ces maîtrises ! Il vit son instrument. Quand il joue, on sent qu’il n’en a rien à faire de ce qui se passe autour. Il est dans son truc, plus personne n’existe. C’est incroyable une telle maturité à 17 ans ! On dirait qu’il a un passé très long derrière lui.
Il reprend « For the Love of Gold » de STEVE VAI, qui soit dit en passant est un morceau fabuleux et enchaîne avec le « Zap » d’ERIC JOHNSON, un autre fou de la guitare.



Il a de belles références, pas les trucs qu’on a habituellement. Il ne se refuse rien et explore tous les styles. Il va nous faire une de ses compos « Mumma raised a Man » pour enchaîner sur un « Parisienne Walkways » de GARY MOORE.
Il termine tout en beauté par « The Sky is crying », un vieux morceau d’ELMORE JAMES, popularisé par VAUGHAN.
Quel plaisir de tomber sur un prodige pareil ! Il a non seulement la technique mais aussi le feeling, surtout en Blues Rock. Il a beaucoup de références anciennes – et moins anciennes – mais il a déjà un réel univers. Ca promet.
SARAH BROWN (U.S.A.)

Je me souviens d’avoir déjà vu Sarah BROWN à GES mais à ce moment-là, c’était en tant de choriste + + dans le groupe SIMPLE MINDS. Déjà là, j’avais trouvé qu’elle apportait de la couleur à la voix de Jim KERR. Ca fait maintenant 8 ans qu’elle officie dans ce SIMPLE MINDS et, elle et la batteuse, ont apporté beaucoup dans le renouvellement de ce groupe.
Quand elle est sur scène, on sent qu’elle a un fort caractère. Elle a une sacrée présence aussi. Et que dire de sa carrière ? Jugez plutôt : elle apparaissait déjà sur l’album « Endless River » de PINK FLOYD (leur album d’adieu de 2014). Elle a fait partie de la tournée « Réunion » de ROXY MUSIC. Elle a même été choriste de STEVIE WONDER, QUINCY JONES, GEORGE MICHAEL, et j’en passe.
Dès qu’on la voit chanter, on sent ses références. Il y a un côté Soul dans sa musique et dans sa voix mais aussi du Gospel, avec des ref comme MAHALIA JACKSON.





Pour la petite histoire, Sarah BROWN est issue d’une famille d’origine caribéenne et très tôt, elle a chanté dans les églises.
Elle aussi est habitée par sa musique. On la sent très exigeante… peut-être un peu trop, ce qui génère du stress. La musique, cette ambiance Soul Gospel la transporte. Et quand enfin elle se détend, on la sent vraiment avec son groupe.
Ce qui est vraiment bien, c’est qu’elle reprend des chansons traditionnelles. Sur la fin, elle s’attaque à un monument de la musique américaine avec « Amazing Grace ». Absolument fabuleux. J’en ai eu la chair de poule. On voit là toute les palettes de sa voix parce que ce morceau-là, même s’il est très beau peut se révéler particulièrement casse-gueule.

Le public a vraiment apprécié son set et avec cette fin hors du commun, elle en a laissé plus d’un sur le cul.
Belle découverte solo.
JOUR 2
LES HOMMES CRABES (France)

LES HOMMES CRABES, c’est un groupe français, né en 2020, qui nous vient de Nantes. Ils n’ont actuellement que 2 EP à leur actif et leur premier album ne sort qu’en octobre. Même s’ils ont déjà énormément tourné, et qu’ils ont fait le Hellfest en 2022, c’est un beau challenge de les retrouver sur cette scène village du GES.
Les membres de ce groupe sont hyper soudés (ils se connaissent depuis l’enfance et ça se sent.
Après, musicalement, c’est du Rock Metal alternatif mais moi, je ne suis pas du tout convaincu par ce groupe. En plus, la pluie commence à tomber et je me sauve vite pour me mettre à l’abri.
PACOME ROTONDO (France)

Juste après vient un groupe qui a fait l’unanimité parmi les photographes, je parle de PACOME ROTONDO.
Il joue sur la petite scène, vers les bars, là où il y a les transats. Il joue du Blues Rock.
Ce mec est époustouflant ! En plus, il est vachement proche des gens. Je prends une belle petite claque. C’est propre, c’est net mais intense et il a une voix envoûtante… Belle surprise. Comme quoi chaque année le GES nous propose de sacrées pépites sur ses plus petites scènes. Des surprises comme celle-là, on en redemande !
FANTASTIC NEGRITO (U.S.A.)

Que dire ? J’avais entendu parler en bien de ce gars-là et, effectivement, ce mec est une espèce d’Ovni.
Tu es tout de suite dans le bain. Il a une approche et une gestuelle particulière. Son style est un mélange de Blues, de Rock, de Funk et de Gospel. Ca fait un cocktail détonnant. Il s’est vraiment trouvé son univers.
Dans l’histoire de ce musicien, il y a des zones d’ombre. Il a sorti un album en 96 et puis il y a eu un trou dans sa carrière. Pendant 7 ans. A vrai dire, on ne sait pas trop pourquoi. Toujours est-il qu’il a repris le flambeau en 2014 et que depuis il a été prolifique avec quasi un album tous les 2 ans. Bon, sauf pour le dernier qui s’appelle « Son of brocked Man » et qui est sorti en 2024, soit 4 ans après le précédent.






En le voyant sur scène, je me dis que ce n’est pas étonnant que j’ai autant entendu parler FANTASTIC NEGRITO. Cet homme a été consacré par ses pairs et on lui a décerné 3 Grammy Awards consécutifs pour ses albums de 2016, 2018 et 2020 dans la catégorie « meilleur album de Blues contemporain ». Sur 3 albums de suite, c’est hyper balaise.
En fait, décrire sa musique est vraiment difficile mais quand tu écoutes sa musique, tu sens qu’il la vit, qu’il est dans son truc. A un moment, il prend le piano, il joue du piano, à un autre moment, il prend la guitare et il joue avec la guitare dans le dos comme le faisait JIMI HENDRIX. C’est un musicien complet. Et bizarrement, Il reste proche du public en même temps.
Les échos que j’avais eu sont confirmés. Encore une belle découverte à Guitare en Scène.
LES PIXIES (U.S.A.)

Incroyable de revoir les PIXIES en Live 35 ans après les avoir vus à l’Olympia. A l’époque, c’était à l’occasion de la tournée de ce que je considère comme leur meilleur album, « Bossanova ». Je ne suis pas un fan à proprement parlé car j’avoue que j’ai décroché. Comme eux d’ailleurs puisqu’ils ont arrêté en janvier 93, à la suite de tensions dans le groupe, avant de se reformer en 2004, année où ils ont refait un album.
Ils n’ont plus la bassiste de l’époque, partie fonder les BREEDERS, connu pour le fameux « Cannonball ». Alors, ils ont effectivement une nouvelle bassiste. Elle est discrète mais elle fait le taff.
Les PIXIES démarrent par « Heaven », un cover de PETER DUERS et DAVID LYNCH. Ils vont ensuite explorer les albums « Surfer Rosa », « Doolittle », « Bossanova » évidemment, mais aussi « Come on Pilgrim ». Ce qui est plus surprenant, c’est qu’ils vont reprendre « Head On » de THE JESUS AND MARY CHAIN. Après, le moment qui a vraiment fait réagir le public c’est vers la fin, quand ils ont repris leur morceau culte « Where is my Mind ».




En rappel on a « Mr. Grieves ». Là, la scène s’est toute éclairée et des projecteurs ont balayé le public. C’est là que je me rends compte qu’il y a un monde fou, dont un certain nombre de nostalgiques.
Pour le dernier morceau, on a « Into the White » qui est en fait tiré de leur album de 2024, « The Night The Zombies came », un morceau récent du coup. Même si j’ai décroché un moment pendant leur set, j’ai eu plaisir à les revoir et à voir le public communier avec eux sur ces morceaux connus.
MANU LANVIN (France)

On finit avec MANU LANVIN. Il démarre son set avec « Man on a Mission », un morceau rythmé tiré de son dernier album sorti en 2025, tout simplement nommé « Manu Lanvin ».
On a ensuite un petit cover. Il reprend le « Highway to Hell » d’AC/DC. Ca a l’avantage de faire bouger le public et de mettre l’ambiance.
Il va alterner les morceaux de l’album « Blues, Booze & Rock n’Roll » (2016) avec ceux de son dernier album. Dans ce dernier album, il y a d’ailleurs un super morceau qui s’appelle « Savigny-sur-Orge ».
On enchaine sur un passage superbe, indéniablement un des moments phare de ce concert, avec un cover de « Crossroads » de CALVIN RUSSELL.



Pour ceux qui ne le savent pas, CALVIN RUSSELL a eu un impact important dans la vie de Manu LANVIN. Ce dernier avait en effet entamé une carrière de chanteur français avec une autre orientation musicale que celle qu’on lui connait aujourd’hui et c’est vraiment CALVIN RUSSELL qui lui a donné le goût du Blues. Pour notre plus grand bonheur puisque, aujourd’hui, il en est à son 4e album de Blues. A noter qu’un CD tribute à CALVIN RUSSELL est sorti récemment et que Manu a fait partie du casting.
Mais revenons à la scène. Quand il est dans le Blues, Manu nous parle de diable. Par moments, on pourrait croire qu’il est américain tellement il a choppé tous les codes de cette musique. J’aime sa voix rugueuse, cette musique, il la vit. Il a vraiment trouvé sa voie.
Il communique bien avec le public. Il sort même de scène et va jouer avec sa guitare au milieu des gens. Deux morceaux plus tard, il quitte la scène et nous revient pour un rappel avec un « Did you see Judy ? » vitaminé et finit avec un morceau en français qui lui correspond si bien : « Je suis le diable ».

Je suis content d’avoir revu Manu LANVIN. Et de surcroit, il a terminé en beauté.
Là, je suis fatigué car il est très tard. Manu a joué bien plus longtemps que prévu et j’ai pas mal de route pour rentrer. En plus, je reviens demain pour la journée Hard Rock de Guitare en Scène.
