Vendredi 10 avril à Barberaz (Savoie)

Aujourd’hui, c’est la Saint-Fulbert, et c’est bien connu « Quand arrive la Saint-Fulbert, dans la campagne tout est vert ». Et sur la route, qui mène au Brin de Zinc de Barberaz, où je me rends une fois de plus avec Steve, mon GPS vivant, tout est vert. Le temps est au beau fixe, la route est limpide et la température est modérée, parfait pour assister à un nouveau concert.
Ce soir, ce n’est pas moins de trois groupes que nous allons voir et chacun dans un style différent. Tout d’abord, il y a NORWALK, un quatuor originaire de Voiron qui fait dans le Thrash/Groove Metal puis les copains grenoblois d’AMON SETHIS que tout le monde connaît – si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à jeter une oreille sur leur Metal égyptien – et DGM, le groupe de Metal Progressif italien.
Report : SEB 747 – Photos : STEVE*74

Mais ne jetons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué et revenons au début à savoir NORWALK. Le groupe voironnais est composé de Cédric « Bans » BANCEL, bassiste de son état, Rémi « Byff » BYCZEK, guitariste, David « John » BENOIST le vocaliste et guitariste en même temps, et Jean-François « Jeff » MARSAUD aux fûts. Ils ont sorti deux albums en dix ans dont le dernier date de l’an passé.
Il est 20h50 lorsqu’il commence à y avoir de l’agitation dans un BDZ bien plein mais pas complet. Le groupe s’installe. Les guitaristes règlent leurs instruments. Deux trois coups de cordes et c’est parti.
Le premier morceau après une introduction un peu longue, annonce de suite la couleur : un Thrash Metal Progressif teinté de diverses influences, METALLICA, MEGADETH ou encore PANTERA. La voix de John est assez particulière. Elle me fait penser, ainsi que la musique de NORWALK, à du METALLICA première période, avec quelques growls et en un peu plus aiguë.






J’aime bien le style, même si, à force, la voix peut être un tantinet agaçante et les morceaux un peu trop longs. Mais c’est juste pour chercher la petite bête, là où il n’y a pas de défauts.
Dans tous les cas, on entend bien la basse 5 cordes de Bans qui joue soit avec les doigts, soit avec un médiator, ce qui n’est pas très courant. Le groupe s’éclate sur scène et fait le job, à savoir, faire chauffer le Brin de Zinc avant les groupes vedettes du soir.
Trois quarts d’heure plus tard, et c’est déjà la fin. « On.va pas vous laisser sans un petit peu de Rock n’Roll », nous dit John avant d’entamer « Hell human » et de descendre dans le public. Un des meilleurs morceaux du set, pour moi.

21h55 et AMON SETHIS s’installe. Enfin sauf pour Laëtitia, la bassiste a six cordes qui a du mal à traverser la foule. Cinq minutes plus tard, une intro démarre. Et c’est parti pour un voyage à travers les âges au son d’un Metal Progressif. L’arrivée de Julien TOURNOUD le chanteur est toujours aussi spectaculaire avec ses deux torches enflammées et son masque. Il semble à chaque fois possédé.
Pendant qu’Andrea RICCI sous sa capuche sort des riffs impressionnant, Laetitia, la touche féminine du groupe, comme le dit si bien Julien, fait vrombir sa basse à 6 cordes et Bigballs enchaîne les frappes de mule.
Les incontournables que sont « The Blood Red Temple », au superbe refrain repris en cœur par le Brin de Zinc, « At The Threshold of Doom » et son fameux livre, « Mask of Wrath » où Julien est de nouveau possédé par son masque (dangereux ce truc) sont de la partie.










On sent que le chanteur prend un plaisir sans fin sur scène et donne l’impression qu’il est carrément chez lui, étant donné tous les copains qu’il reconnaît ce soir.
Qu’est-ce que je pourrais encore vous dire sur AMON SETHIS que je ne vous ai pas déjà dit ? J’ai beaucoup aimé la prestation du groupe grenoblois, malgré l’absence de Benjamin, le clavier, qui n’a pas pu venir. « On lui fait des gros poutous », dira Julien en plaisantant.
Ce soir, AMON SETHIS a mis, au propre comme au figuré, le feu et on n’en attendait pas moins des scribes des 6e et 7e dynasties des Pharaons d’Egypte.

Place maintenant à la tête de série de ce soir : DGM.
DGM, c’est le nom des trois membres fondateurs, Diego REALI, Gianfranco TASSELA et Marco MARCHIORI qui ne sont plus dans le groupe depuis 2006 pour différentes raisons. Cependant, le line up de ce soir n’a pas changé depuis 2007. Il est composé de Mark BASILE, au chant, le dernier arrivé, Simone MULARONI à la guitare, Andrea ARCANGELI à la basse, Emanuele CASALI aux claviers. Fabio COSTANTINO, présent à la batterie depuis le second album,n’est malheureusement pas là ce soir en raison de problèmes familiaux. Il est remplacé par Michele SANNA, batteur Live de GAMMA RAY, JORN, RHAPSODY. Le Monsieur est aussi drumtech de MANOWAR. Que demander de plus ?
Dix minutes avant vingt-trois heures, les Italiens s’installent, et ce n’est que vingt minutes plus tard que démarre une intro.

Le quintet, auteur d’une quinzaine d’albums depuis 30 ans, semble enfin prêt à donner du plaisir aux nombreux spectateurs présents. Dès « The Secret (Part I) » Mark, bouge dans tous les sens, s’approchant au plus près des spectateurs. « Bonsoir » en français dans le texte, dit-il avec beaucoup d’enthousiasme. « Is it right ? Bonsoir ? », demande-t-il avant d’entamer « To the Core » le titre suivant.
Le chanteur n’est pas très grand, mais c’est une vraie pile électrique, Pas de setlist sur scène ce soir, tous les titres sont dans le système des pédales de distorsion. Heureusement, je suis au plus près des planches et je peux jeter un œil à chaque morceau. Musicalement, ça déménage, ça secoue les crinières et ça fait remuer le popotin. « We are at Brin de Zinque ? », s’enquiert le chanteur en essayant de glisser des mots en français, histoire de continuer à séduire un public déjà acquis à sa cause.










Un petit « Surrender » plus tard, où Mark demande aux fans de chanter avec lui et le chanteur nous présente Michele. Non seulement le CV du batteur est impressionnant, mais en plus, il est doué. Il donne l’impression qu’il a toujours fait partie du groupe. Pas étonnant que certains des plus grands noms de notre musique préférée aient fait appel à lui pour renforcer leur groupe.
Personnellement, plus les morceaux avancent, alliant des refrains entêtants, des breaks incessants – qu’on entend souvent dans du Metal Progressif – et de l’énergie puissante, plus je suis enchanté par la prestation des Transalpins.
Andrea qui headbangue, Simone qui fait du tapping, Emanuele qui sort de superbes mélodies de son clavier et Michele qui frappe comme un sourd, c’est vraiment bon. Seul petit bémol, la voix de Marc se perd un peu dans le mix, et, devant les planches, on ne l’entend pas très bien. Il paraît qu’on entendait mieux dans le fond, et c’est plutôt positif.

Et on repart avec « Repay », un titre de 2013, puis « The Great Unknown », un titre du dernier album en date « Endless », et ses Ohoh qui font un malheur dans le Brin de Zinc. Le Metal Prog’ de DGM est toujours aussi technique, mais sans être excessif. Il y a toujours un petit truc en plus qui fait qu’on ne s’ennuie jamais.
« Let me introduce you Emanuele », annonce Mark, « He does everything », nous dit-il. Puis il passe à Simone, « Mon frère à la guitare », précise-t-il.
On continue avec un autre titre de « Endless », « Solitude », durant lequel Emanuele nous gratifie d’un superbe passage à la flûte traversière, puis avec « Final Call ». Ou pas puisque les transalpins doivent s’y reprendre à deux fois, avec encore un petit passage à la flûte pour le moins original. Durant le sombre et plus posé « Unravel the Sorrow » Mark remercie NORWALK et les copains d’AMON SETHIS, en particulier Julien qui leur a organisé cette petite tournée de trois dates en avril.

Le set tirant à sa fin, DGM enchaîne avec « Ghosts of Insanity » sur lequel Simone entame le début du morceau avant que Mark reprenne le chant et ainsi de suite tout le long du titre. « Vous en voulez une autre ? Vous êtes sûr ? », demande le chanteur. La réponse n’est évidemment pas négative et les Italiens finissent sur « Reason ». Malgré les réclamations du public, les Italiens éteignent leurs instruments et prennent la pause photo en compagnie du public.
Comme souvent au Brin de Zinc, nous retrouvons tous les membres des groupes en train de déambuler et de discuter avec les fans.
Ce soir, nous avons assisté à un très bon moment. NORWALK a fait chauffer le Brin de Zinc pendant qu’AMON SETHIS l’a envoûté et que DGM l’a littéralement démonté. Une bonne soirée qui en appelle d’autres.
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