XTASY au Brin de Zinc

“Allô ?”
“Ouais ?”
“T’es en forme pour ce soir ?”
“Euh… y’a quoi ce soir ?”
“Ben, on est le 14 et il y a XTASY au Brin de Zinc.”
“Ohhhh punaise ! J’avais oublié.”
Faut dire que comme tout se bouscule en ce moment, je suis un peu passé à côté. Heureusement que mon copain Steve*74 est là pour me rappeler les choses. Je me jette dans ma voiture, je passe chercher mon binôme habituel et go ! Direction Barberaz.

Comme d’habitude, la route est fluide et nous arrivons assez tôt sur place dans un parking presque vide. Je m’inquiète un peu en pensant à mon précédent concert. Alors je croise les doigts pour que ce ne soit pas la même chose. Bon, il n’y a pas de match ce soir donc ça devrait aller. En revanche, le temps est assez exécrable. Heureusement que le concert se trouve à l’intérieur. En attendant l’ouverture, nous discutons à l’extérieur avec les copains venus de tous horizons et même de Suisse qui arrivent petit à petit.

Une fois rentré, je découvre le gros backdrop avec le logo de XTASY écrit en gros afin d’être sûr qu’on ne se trompe pas de groupe. Un petit moment plus tard nous croisons Carles SALSE, le guitariste et accessoirement producteur du dernier KILMARA, qui nous reconnaît et nous salue. Trop classe. En attendant, nous patientons un peu en tapant la discute entre copains.

Il est 21h15 et c’est le début du set de 80’. Pourquoi 80’ ? me diriez-vous. Eh bien parce que c’est noté sur les cinq setlists qui traînent sur scène. Les Espagnols formés à Navarre comprennent en leur sein cinq membres. Outre Carles, guitariste en poste depuis cinq ans maintenant, il y a le second guitariste Jorge OLLOQUI et la chanteuse Silvia IDOATE, co-créateurs du groupe, ainsi que les deux derniers (arrivés l’an dernier), David ZARZOZA à la basse et Javi HERRERA à la batterie qui porte un T-shirt « No Music no Life ».

Dès le premier titre « Perfect Stranger », on sent la puissance du groupe, et notamment les rythmiques. Du coup, je réajuste mes bouchons d’oreilles, il ne faudrait pas que je devienne plus sourd que je ne le suis déjà.

Tous les musiciens sont sur scène exceptée Silvia. Elle débarque, micro en mains en essayant tant bien que mal d’installer ses « in-ears » tout en continuant de chanter avec un sourire ultra-large. On sent de suite qu’elle prend un plaisir sans fin et que ce n’est pas un problème de « in-ears » qui va la perturber.

Tout est en place et on enchaîne avec « No One Like You » suivi par « Can’t Get Enough », deux titres de leur tout récent album « Phœnix » sorti il y a un mois à peine. Ces trois premiers morceaux sont de véritables tueries musicales.

Cependant, on entend beaucoup la batterie et la basse, les guitares sont un peu en retrait mais on n’entend guère la chanteuse. J’essaie donc de reculer et on entend beaucoup mieux l’ensemble du groupe. Je me recolle quand même devant la scène et j’ai toujours l’impression que le son se perd. Mon souci, c’est que je ne veux rien rater de la prestation des Espagnols et de Silvia alors je vais faire contre mauvaise fortune bon cœur et rester devant les planches. « Bonsoir mes amis. Comment ça va ? », nous demande la chanteuse en français dans le texte « Are you ready for a Rock n’Roll party ? ».

Et la machine se remet en route avec deux nouveaux morceaux d’affilée. « Said and Done », tiré de leur second LP, puis encore un récent avec « Too Late » où on voit Silvia haranguer Javi qui frappe encore plus fort. D’ailleurs, il frappe tellement fort que la setlist qu’il a installée sur sa grosse caisse n’arrête pas de tomber sur ses genoux. Du coup, je ne sais pas si c’était une bonne idée mais ça n’a pas l’air de le déranger puisqu’il la remet à chaque fois.

Le Heavy Metal des Navarrais est très mélodique et très entraînant, très proche d’un Hard Rock des familles. Pour certains, cela peut paraître un peu gentillet mais perso, j’adore.

Silvia est une vraie furie sur scène, elle secoue sa longue crinière blonde dans tous les sens, frappe les cymbales de Javi, joue sur la guitare de Jorge durant « Flesh and Blood »… En bref, elle ne tient pas en place et toujours avec ce sourire ravageur. « Merci beaucoup Chambéry comment ça va ? Ça va bien ? », nous demande t’elle en français tout en installant pour la première fois un pied de micro.

« This one is for you, it’s called Silent Heroes ». On découvre une fois de plus sur cette superbe balade la chaude voix de Silvia qui enchaîne avec « Nowhere to Run », un autre titre issu de « Eye of the Storm » leur troisième album. Carles nous refait le coup du tapping qu’il faisait lors du concert de KILMARA sur ce morceau et démontre, s’il en est, son impressionnant talent.

Après un « Good enough » de l’album « Phœnix », tout aussi énergique que le précédent (même si légèrement moins puissant), Silvia s’adresse de nouveau au public en français « Nous sommes XTASY, nous sommes d’Espagne et c’est notre première fois en France ! ».

Le « Eye of the Storm » qui date de 2020, est mis en valeur ce soir avec « Die Young », le premier titre de cet album puis avec une nouvelle ballade Rock « Welcome to my World ». A peine a-t-elle installé son pied de micro que Silvia IDOATE fait participer le public en le faisant frapper des mains. Sa voix suave et merveilleuse fait fureur dans le Brin de Zinc.

Il est temps de se réveiller avec un titre récent « We Live and Die for Rock n’Roll ». Mais quel titre ! Doté de riffs incandescents, il a le don de bien faire bouger le BDZ. Le groupe joue avec le feu avec « Play with Fire ». A tel point que Jorge a un problème de guitare. Elle ne fonctionne pas. Il touche les boutons de son pédalier, débranche le jack de sa guitare, le rebranche, mais rien n’y fait. Il le fait plusieurs fois puis, Miracle ! on entend à nouveau le son. Ouf de soulagement. Pendant ce temps-là, le groupe continue de jouer comme si de rien n’était.

Silvia reprend la parole, mais en anglais « Ok, vous savez que nous sommes en tournée » (c’est même le premier jour )… « Une autre ? », demande Jorge au public. « Non, cinq ! », relance un spectateur « Deux heures », dit un autre. « Demain nous jouerons deux heures », rigole Jorge. Et le groupe redémarre avec « Into the Fire », un vieux morceau qui date de « Second Chance » leur deuxième album. Après avoir joué et mis le feu, il est temps de sortir, une fois de plus, un nouveau morceau de leur besace issu du très récent nouvel album « Phœnix » et cerise sur le gâteau, c’est un titre que j’adore « If I Fall ». Cette chanson qui aborde la vulnérabilité, les conflits intérieurs, la confiance et la résilience a été coécrite avec Erik MARTENSSON (ECLIPSE) qui a produit le dernier album. En live, c’est une véritable tuerie avec ses riffs puissants et percutants, ses mélodies fortes et émouvantes réunis dans un équilibre parfait. Tout ce qu’il faut pour que ce soit un futur incontournable.

C’est moi ou ça sent bizarre ? On dirait une grosse odeur de gaz. En tout cas, ça n’a pas l’air de déranger les musiciens qui, sur scène, s’éclatent comme des rois dans la Cour des Miracles ni de déranger le public qui les adoubent. Est-ce que ce serait le smog ? Je n’en sais rien, mais ça sent fort. Grâce à l’ingénieur du son de ce soir qui va ouvrir les portes pour faire un appel d’air, l’odeur semble s’estomper. Heureusement, ça n’avait pas l’air bien grave et ni XTASY qui continue de jouer comme si de rien n’était, ni le public n’a eu à en souffrir.

« Merci beaucoup », nous dit Silvia, une fois de plus en français avant de présenter les membres du groupe et de conclure sur un « Eye of the Storm », une chanson, une nouvelle fois coécrite avec le chanteur d’ECLIPSE, et tirée de l’album du même nom.

A l’époque des Meets and Greets de plus en plus répandus, nous sommes contents de retrouver tous les membres de XTASY qui, à peine le set terminé, sont déjà à leur stand merch’ pour retrouver leur public, discuter avec les fans, prendre des photos et signer des autographes.

Vraiment un très bon concert avec des musiciens super abordables. A revoir très vite.

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