HARD ROCK HELL SLEAZE 2026, jour 1

FESTIVALS METAL EN EUROPE - AFFICHE HRH SLEAZE 2026 - AGENDA METAL WTR MAG

Ça y est, nous sommes vendredi, je n’en reviens pas. Je vais enfin me rendre à Sheffield pour le HRH SLEAZE 2026, festival que j’ai attendu toute l’année. Dernier saut de puce, je prends le train de Leeds à Sheffield, ça ne prend même pas une heure.

A la gare, je fais la connaissance de Margaret et Robert, dont je suis les tribulations depuis plusieurs années sans les avoir rencontrés au préalable. En effet, on s’est connus sur la page Facebook des QUIREBOYS. Ces charmants autochtones vont me servir de guides dans cette aventure.

Nous avalons donc une collation dans un pub de franchise, l’Angleterre typique en série, qui a l’avantage d’être correct et peu onéreux. Je dois toutefois rencontrer BAD ACTRESS avant le début de la Pre-Party, qui ouvre à 17h. Robert m’accompagne donc à la salle, en faisant quelques détours pour me montrer la magnifique serre en plein cœur de Sheffield, avant de se reposer un peu à l’Hôtel.

Me voilà donc seule dans la place, où je fais connaissance avec l’équipe organisatrice. Simon, le photographe officiel, me prend sous son aile : il me présente tout le monde, et c’est vite fait, parce qu’ils ne sont que 4 ou 5. Pourtant, l’équipe du Hard Rock Hell n’organise pas que cette seule date : il y a un HRH Blues la semaine suivante, et 4 autres concerts tout au long de l’année, y compris à Ibiza et Chichester, sur la côte sud, près de l’île de Wright. Autant dire qu’ils sont rôdés.

Toutefois cette 9e édition sort de l’ordinaire, car il a fallu trouver une nouvelle salle en dernier recours, le grand multiplexe O2 étant toujours en réfection. Nous sommes donc aujourd’hui dans le club d’une boîte de nuit, le Network. Demain, nous serons dans la salle principale. La scène n’est pas très grande, la salle un peu plus, ça ressemble assez au Club de la Vapeur, pour ceux qui connaissent, mais avec une rampe d’un côté et un grand bar de l’autre, qui allonge la capacité d’accueil des spectateurs. Autre défi de taille : le chanteur de PUSSY SISSTER s’est réveillé aphone, il n’y a plus de tête d’affiche ce soir. Simon m’apprend qu’ils allongeront le set des deux derniers groupes, ce qui n’est pas plus mal d’après lui.

Les Ecossais de BAD ACTRESS que j’attends ne sont pas arrivés, alors je discute avec STILETTO STRUT, un groupe grec en provenance d’Athènes, trop contents d’être là. Ma veste Sleaze fait grande impression, et Tassos, le chanteur, m’offre un patch pour que son groupe figure parmi les légendes. On parle du Up the Hammer, qu’ils fréquentent assidûment, et du Rising Fest dont je ne manque jamais de faire la promo.

BAD ACTRESS arrive enfin : ils viennent d’Inverness, ce n’est pas la porte à côté. Le chauffeur s’est arrêté sur la route pour dormir un peu. On se met dans un petit salon en cuir rouge, éclairé en rouge, et juste derrière la scène où le premier groupe fait ses tests batterie, mais mon téléphone fait son taff, il enregistre l’interview. Nous terminons à temps pour l’arrivée des premiers spectateurs. Entre temps tout s’est mis en place, je récupère mon pass Pit Access qui me sers de sésame et étudie le coin merchandising. Je retrouve Margie et Robert.

DEATH WARMED UP (Angleterre)

Cap à présent vers la scène pour le tout premier groupe, DEATH WARMED UP.

Il est d’usage de faire essuyer la scène par un petit groupe local, histoire de lui faire gagner du galon. C’est pas toujours très bon, mais il faut bien se faire les dents pour pouvoir progresser. Cependant, là, la bande de jeunots qui s’active sur les planches a décidé de nous mordre les fesses.

Originaire de Nottingham, formé il y a trois ans, le groupe comprend une formation classique, chanteur et section rythmique + guitare. Et quel chanteur ! Mazette ! Il a des accents dickinsonniens, c’est bluffant ! Si le plus âgé ne dépasse sans doute pas la trentaine, leur valeur n’a pas attendu le nombre des années. Ça joue vraiment bien et le public se masse devant la scène. Je me dis que ça a le potentiel pour faire la tournée des popotes underground, même si question visuel scène, ça pêche un peu. Mais je suis allée acheter l’album parce que ça se laisse vraiment écouter. Jetez-y une oreille.

STILETTO STRUT (Grèce)

STILETTO STRUT enchaîne. Si je trouvais que DEATH WARMED UP manquait de signature visuelle, Les Grecs ne ressemblent vraiment à rien. Pourtant, Costa fait des efforts avec son pantalon en vinyle rouge et ses ceintures à clous, mais on est davantage dans un ensemble mal digéré de SLAYER et MOTLEY CRUE première époque que dans un look Sleaze.

Qu’importe, la musique reste sympa, même si je les trouve un poil en dessous des DEATH WARMED UP qui ont mis la barre assez haut d’entrée de jeu.

Costa a une voix assez puissante, bien claire, mise en relief par le jeu des deux guitaristes qui tricotent par-dessus la base rythmique. Le Heavy 80, ça le fait toujours, surtout avec un public dont la cinquantaine est sonnée depuis un moment.

On s’échauffe gentiment, et il commence à faire soif – enfin dans mon cas, car d’autres ont commencé depuis longtemps. Manifestement, tout le monde est content de se revoir, c’est un public d’habitués, ça se tape dans le dos, ça papote, mais j’arrive jusqu’au comptoir. Je me décide pour une american pale ale, la bien nommée Gamma Ray au design de Space Opera, car je me méfie des bières anglaises que j’ai tendance à trouver acre. Bizarrement, il est difficile de trouver un truc sans alcool : c’est bière, cidre ou mix au rhum ou à la vodka. On ne dépasse pas vraiment les 7%, donc ça reste gérable. Mais pas une goutte de Cola, Pepsi ou Dr Pepper à l’horizon (dans les magasins idem. On boycotterait ?).

ROXY AND THE LOCKHEARTS (Angleterre)

ROXY AND THE LOCKHEARTS commence son set pendant que je siffle ma pale ale de l’espace. Là, on a un groupe de Glam !

Le chanteur guitariste pourrait gagner un concours de sosies de Taimie DOWNE à la grande époque : couvert de tatouages, peroxydé, T-Shirt Jack Daniels destroy, lunettes de soleil et sangle de guitare léopard, il ne manque rien à la panoplie, même pas le cadenas en pendentif que je portais moi-aussi dans ma prime jeunesse. Les autres musiciens ont davantage des allures de bikers.

Avec ces gars-là, on est sur une ambiance Sunset Strip, y a pas de doute.

La musique le confirme ; c’est graisseux et nerveux comme là-bas à l’époque. D’ailleurs ça ne loupe pas, une magnifique créature à cheveux bleus vient exercer son déhanché résillé sur scène. L’ambiance s’échauffe, la foule s’amasse, le concert bat son plein.

Force est de constater que l’Anglais n’est pas très démonstratif. Néanmoins, c’est un échauffement, les deux prochains jours vont être plus sérieux, peut-être qu’ils en gardent sous le pied.

Moi, j’essaye de me battre avec mes zooms et mes réglages pour maîtriser ce ¥»&-8*4wµx d’appareil photo que j’ai eu la prétention d’utiliser. Mais je n’en loupe pas une miette. Je sens que les gars sur scène ont du métier, et pourtant pas de trace d’eux à part sur Facebook. Nouvelle formation avec des musiciens aguerris ? Hmmmm on verra….

BAD ACTRESS (Ecosse)

Voici enfin mes chouchous sur scène : BAD ACTRESS. Wwoo Bonne Mère !!! Le crochet du droit !! Pleine face ! Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils jouent comme s’ils étaient en 1987 !

Excellent niveau musical, une énergie énorme, un charisme de dingue, y a de l’influence parfaitement digérée, des morceaux bien écrits, des refrains qui se reprennent et qui collent au cerveau. On dirait que WARRANT, POISON et DANGEROUS TOYS ont fait des bébés ensemble ! Je suis sous le charme !

Et je ne suis pas la seule. Je ne sais pas combien de personnes dans la salle connaissaient ce groupe auparavant, mais ils font sensation (en fait, ils avaient déjà joué au HRH en 2022, et sont dans le circuit depuis 2018 ; jeunes mais pas rookies). J’en entendrai parler le lendemain comme de la découverte du jour. Je me réjouis secrètement d’avoir interviewé les frangins Chick et Louie et n’espère plus qu’une chose : qu’on les fasse jouer chez nous.

Je comprends mieux pourquoi les jours suivants : les jeunots ne sont pas restés, ils écument l’Angleterre maintenant qu’ils ont franchi le mur d’Hadrien. Chaque soir, ils jouent dans un endroit différent. Donc, forcément, le groupe est devenu une machine de guerre.

Vivement BAD ACTRESS dans les festoches français !

DEADLY ROMANTICS (Canada)

Malgré ce set rallongé pour le bonheur de tous, et un solo de Chick juste au-dessus de ma tête et celle de Robert, il est temps de laisser place aux DEADLY ROMANTICS, un groupe canadien qui tient à le faire savoir.

Eux, ce sont de vieux briscards. 20 ans qu’ils tournent ! Ils connaissent tout le monde : ce sont des potes de Chip ZENUFF et Jizzy PEARL, alors ils vont nous échauffer les cervicales pour préparer aux shows des copains le lendemain.

Nous sommes prévenus, c’est une Pre-Party, donc on va faire la fête : les roadies nous balancent des ballons à feuille d’érables, d’autres plus petits à décor d’aréole (des seins gonflables, quoi) et des bites en papier accordéon, si on veut bien avoir l’imagination suffisante. Tout ça vole joyeusement au-dessus de nos têtes dans une atmosphère bon enfant tandis que le groupe nous envoie dans les dents un Rock bien caillouteux, râpeux comme une langue de chat. D’ailleurs, un trio de voluptueuses danseuses déshabillées de rose, de noir et de résilles en mauvais état vient agiter les leurs sur scène dans une ambiance plus strip club que jamais.

Ça cadre parfaitement avec les paroles des chansons encore plus Sleaze qu’un album de STEEL PANTHER et leur string « how do I taste ? » est en lien direct avec un des morceaux. On dandine ses fesses XXL au ras du nez des premiers rangs et on joue au ballon avec le public.

La salle est comble au début, plus clairsemée à la fin, et se vide rapidement après le dernier morceau.

Ce n’est pas tout, mais demain on commence à 14h, pour 8 groupes. Faudrait voir à dormir un peu. Je refuse donc la proposition de prolonger la soirée au Dove & Rainbow, malgré la promesse qui m’est faite que l’hôtel se trouve tout près. J’ai un métier, moi !

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