IRON MAIDEN + ANTHRAX au Groupama Stadium

En ce dimanche de juin, je trépigne littéralement d’impatience : je vais enfin voir IRON MAIDEN sur scène ! Ce groupe a été un de mes premiers coups de cœur Heavy d’adolescence et l’amour que je porte aux albums qui me les ont fait découvrir est inchangé depuis tout ce temps. J’aurais pu les voir bien avant sauf que… mon chéri à moi rien que (enfin j’espère) les a, lui, vu au moins 20 fois dans les 80’s, années, période bénie où une place de MAIDEN valait – tenez-vous bien – quelque chose comme 30 balles ! Et je parle en Francs. Moins de 5 euros. Pour en revenir à mon chéri, impossible depuis toutes ces années de le faire revenir sur sa décision. « Non, je les ai trop vus, en plus c’était à la vraie bonne époque (gnagnagna), là ils commencent à se faire vieux et je préfère garder une bonne image » (discours d’il y a 15 ans). Soit. Les boules mais bon, des groupes j’en vois une bonne cinquantaine par an et j’ai fini par lâcher l’affaire.

Sauf que cette fois-ci, c’est à Lyon que ça se passe ! Et là, je fais le siège en mode maline… « Oui, mon cœur, c’est vrai que j’aimerais vraiment les voir mais je comprends, toi tu les as déjà trop vus (et patati et patata), jusqu’au jour où j’entends enfin (ENFIN !) : « Si ça te fait plaisir, OK ». YEEEEEEES !!!!!!!

Bon là, on est devant le Groupama Stadium parce qu’on ne pouvait pas décemment mettre MAIDEN dans un autre endroit. Je vous passe le circuit de la mort pour accéder à mon pass (en plus, il fait 35 degrés) mais je peux vous garantir que maintenant, je connais ce pu… de stade de fond en comble ! Je vais m’installer tranquille dans ma tribune. Repérage des copains  – et il y en a une bonne centaine – qui se signalent sur FB. J’ai même la surprise d’avoir un message de Sergio RIZZO, l’excellent guitariste des TARCHON FIST qui a fait le voyage depuis Bologne pour ce concert. Certains fans sont même venus du Brésil ! Je suis époustouflée par la foule massée dans la fosse. D’ici on voit que c’est compact même si l’espace se remplit graduellement. Je songe un moment à descendre mais non. Pas folle, la guêpe !

19:25, ANTHRAX entre sur scène avec « Among The Living« . C’est direct en place et accrocheur. Le groupe sait que les gens ne sont pas venus pour eux et va chercher le public. C’est marrant de voir un groupe avec un tel palmarès agir comme s’ils étaient des jeunôts pas encore connus. Ils s’arrachent vraiment. A ma grande honte, je dois avouer que je n’ai jamais accroché plus que ça à ce groupe sur album mais là sur scène, ben ça bouge, c’est bien…  Je suis surprise parce que ça joue vite mais ça me semble quand même moins rapide qu’avant. Soudain, j’entends un morceau que je n’avais pas entendu depuis de nombreuses années. Ca commence par « Wake up, got another day to get through now… » et le refrain, ça donne : « Time – got the time tick-tick-tickin’ in my head – Time – got the time tick-tick-tickin’ in my head ». C’est le « Got the Time » de JOE JACKSON ! Je suis comme une dingue !

S’ensuit « Madhouse » qui fait son petit effet dans le public. Joey BELLADONNA, le chanteur, pousse de grands « Hey, Hey ! »  pour faire réagir la foule plutôt calme jusqu’à présent et là, le public répond. Je vois des bras levés, des mouvements de foule. Et clairement, j’ai encore moins envie d’être en bas, dans la fosse.

Joey est très en forme, il se déplace beaucoup sur scène et sautille un peu tout le temps. Il fait le show, fait applaudir le public, pousse de grands cris. « Thank U, oh yeah ! Merci Lyon, it’s incredible ! », nous lance t’il. « It’s Time for the Kids ! », annonce t’il. Les musiciens sont au top, les chœurs puissants. Ian SCOTT (barbichette pour les intimes), le guitariste, est très en forme.

Ca s’accélère, le tempo se fait plus rapide, double caisse à fond. Et c’est parti pour « Antisocial » !!!! Alors là, pour le coup, ça remue dans la fosse ! La foule est en délire. Le groupe se fait plaisir et fait plaisir au public, en plus Joey en rajoute et fait durer le moment.   

Le groupe quitte la scène après un « Indians » endiablé. Le set a été court (7 titres) mais intense et perso, j’ai vraiment bien aimé.

C’est l’entracte. Truc de fou, les gens ne bougent pas, il doit fait plus de 40 dans la foule mais les gens restent où ils sont. D’où je suis, je sens la ferveur monter. On a une énorme communauté qui est entrée en connexion à ce moment-là. J’en ai la gorge qui se serre. C’est énorme comme sensation.   

20:34 : les enceintes se déchainent sur le morceau d’intro du « Doctor Doctor » qui accompagne chaque entrée en scène d’IRON MAIDEN. La scène est encore vide mais le public se déchaine. Ca danse, ça chante. Tout le monde est prêt pour la machine MAIDEN. Le son monte encore d’un cran, le morceau se finit. Le public est en transe et hurle le nom de son groupe « MAIDEN, MAIDEN, MAIDEN ! ». C’est une sensation de dingue.

Les images se mettent à défiler sur l’écran géant. Les gens entonnent l’air de « The Ides of March » à tue-tête. Le groupe se fait attendre, créant la tension chez les fans. Le Eddy Killer apparaît sur les écrans et IRON MAIDEN entre en scène !

Bruce DICKINSON est en forme malgré la chaleur qui doit être suffocante sous les spots. Il fait voler son micro. La clameur de la foule est incroyable. Bruce a toujours ses gestes amples, rassembleurs et une présence hypnotique. Mais quel putain de charisme ! « Wratchild », hurle le groupe et le public répond comme un seul homme. On a un solo incroyable de précision. Et cette batterie qui martèle… J’ai le cœur qui cogne. Oh putain, la montée de voix ! Je suis moi-aussi en transe.

« Tout le monde ! », hurle Bruce en français et « Killers » résonne dans le stade. La putain d’ambiance ! D’autant plus qu’un Eddy géant arrive sur scène avec son perf’ et son jean’. On voit défiler des images de Londres la nuit avec des affiches IRON MAIDEN sur les murs et Eddy en ombre chinoise.

« Bienvenue, Lyon ! Incroyable ! 50 ans !! », nous lance Bruce. Il nous parle ensuite de Gaston LEROUX, l’écrivain du « Fantôme de l’Opéra ». En français. Ca donne : « Vous ne savez pas… c’est un film dans un théâtre… ». Et c’est en 5e morceau « Phantom of the Opera » bien-sûr qui démarre. Le public saute comme un seul homme. Impressionnant. Bruce fait le cabot sur scène. Il l’anime à lui seul. Steve HARRIS a toujours un pied posé sur un cube. Ca bouge un peu sur scène, mais finalement, pas tant que ça. Et les riffs ! Les putaisn de riffs ! Dave MURRAY nous fait un petit solo agrémenté d’une petite danse à la Angus. Le hurlement de la foule ! C’est du délire pur.

Roulement de batterie, flammes, le rythme s’accélère, arrive « The Number of the Beast ». Je hurle à plein poumons. Moi qui attendait depuis si longtemps d’entendre ce morceau en Live, j’en ai les larmes aux yeux.

Bruce nous lance : « Il fait froid ce soir, on va aller plus lentement ». Il continue : « Un jour pour toi, et comme vous le verrez, le rêve se transforme et c’est le cauchemar. J’espère que ton « rêve is Infinite » ». Sur les écrans, on voit Eddy habillé en vieux sage avec une boule de cristal devant lui. Côté musique, c’est effectivement plus calme, même si la batterie est omniprésente et que les guitares s’emballent.

Une pyramide apparaît sur l’écran et c’est « Two Minutes to Midnight ». Bruce apparaît en veste en jean et bonnet de laine (par 40 ?!!). Bon, la voix de Bruce DICKINSON monte moins qu’à l’époque, mais ce n’est pas grave, la magie est là. La foule hurle le refrain en chœur.

Je n’ai pas encore parlé du public, alors oui, il y a pas mal (beaucoup) de metalleux, mais il y a pas mal de petits bourg’ venus s’encanailler. A l’instar de ma voisine en petites robes à fleurs qui a passé son temps au téléphone à dire à ses amies : « Oui, très chèèèère, je suis au concert d’IRON MAIDEN… Tu ne connais pas, c’est du Hard Rock… oui, comme AC/DC »… J’aurais un mot à dire : « Mais dégage mémère ! Et ne fais pas semblant de headbanguer quand tu vois que je te regarde, ça abîme ta permanente ! ». Je ne sais pas si vous avez constaté vous aussi le phénomène mais ça devient lassant.

On en arrive doucement au 10e morceau et Bruce nous annonce « l’Histoire de l’ancien mariner ». Les vagues se déclenchent sur l’écran, Bruce chauffe le public à coups de « Hey, hey ! ». Quand on voit comment ça bouge en bas et le nombre de gens qui tombent comme des mouches, je me demande si c’est bien nécessaire. Et cette batterie qui martèle… une folie. Comme le morceau est super long, je laisse dériver mon regard vers l’autre côté de la fosse, là où on respire, et je m’aperçois que les gens ont enquillé sur… une chenille ! oui, vous avez bien lu. J’ai bien cru que mémère allait descendre faire la queue leu-leu ! Bon, ça se transforme au bout d’un moment en gentil circle pit, façon promenade du dimanche.

Arrive enfin le morceau que je n’attendais plus : « Run to the Hills » ! Je suis comme une dingue ! Le chant de malade qui monte de tout le stade et des tribunes ! Pas sûre que dans 10 ans j’ai oublié ce moment.

La nuit tombe sur « Seventh Son of a Seventh Son » pendant lequel on a droit à un petit instrumental et que Bruce fait applaudir le public. Là aussi, même si c’est beau et que le morceau est bien rythmé, c’est long. Surtout après la claque qu’on vient de se prendre avec « Run to the Hills ». Bon là, ça commence à être vraiment long, limite chiant. La bonne nouvelle, c’est qu’au niveau des lights, ils commencent à sortir la grosse artillerie.

Pause. Le public chante des ohohoh.

14e morceau (là, je m’avance parce qu’à vrai dire j’ai un peu perdu le compte) avec « The Trooper » où Bruce arrive en costume d’officier. Sa voix sature. Les gens continuent leurs ohohoh et hurle quand Bruce arrive avec son drapeau français sur l’épaule.

On passe à « Hallowed be thy Name » et le public scande le rythme en frappant dans les mains. Je reprends mon souffle pour hurler en choeur avec eux. Là-aussi, côté voix, ça devient limite mais le spectacle est là, on a des torches sur la scène… Grosse explosion après l’instrumental et Bruce apparaît habillé en blanc dans un bloc de fumée.

On en prend plein les yeux surtout quand arrive « Iron Maiden » avec l’Eddy enchaîné sur l’écran. C’est saisissant.

Comme on a de la chance et que le groupe n’a pas pu finir son set enregistré à Paris pour cause de panne d’électricité il y a quelques jours, on a droit à un peu de rab’. Le groupe nous octroie en rappel : « Aces High », « Fear of the Dark » (mais quel putain de morceau !) et « Wasted Years ».

C’est fini. Je reste un bon moment assise, essayant de reprendre mes esprits en regardant la foule s’écouler tranquillement vers les extérieurs. Alors, même si les gars ont vieilli, que tout n’était pas parfait, je ne regrette absolument pas d’être venue (ce qui n’a pas été le cas pour d’autres groupes que j’ai vu sur le tard). Alors oui, IRON MAIDEN n’est plus un groupe de petits jeunes qui courent partout mais j’ai quand même pris une énorme claque et je comprends pourquoi autant de fans se battent pour voir leurs concerts partout dans le monde. Merci IRON MAIDEN d’exister.

Quant-à moi, il va falloir que je retrouve la voiture… et vu la taille des parkings, c’est pas gagné. Un grand merci à ACCESS LIVE.

Long LIVE ROCK N ROLL, les amis, moi je vais faire de magnifiques rêves pendant quelques temps !!!   


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