NAMASS PAMOUSS 2026 : Jour 2

ACID MAMMOTH

La nuit a été de courte durée et relativement chaude. Et, comme la chaleur en plaine est toujours au rendez-vous, nous voilà repartis pour la deuxième journée du montagneux NAMASS PAMOUSS, histoire de se rafraîchir et d’assister aussi à des concerts, bien évidemment. D’autant plus que, cette fois-ci, le festival se situe sur les deux sites. La Tête de Cabeau et sa fabuleuse vue panoramique et aussi, malheureusement, sa fameuse montée vertigineuse, et le Col de Merdassier où nous étions la veille.

Aujourd’hui, c’est un groupe de plus qu’hier qui vont passer sur les sites. Tout d’abord il y aura EL SAGUARO, un groupe portugais, et les Argentins de CAPSULA à la Tête de Cabeau. Ensuite, il nous faudra redescendre la toujours aussi vertigineuse pente, sans se casser la gueule, pour voir les Maliens de IMARHAN TIMBUKTU, puis les Anglais de PSYCHLONA et enfin les Grecs d’ACID MAMMOTH que nous avons vu l’an passé à Genève lors du Heavy Psych Festival.

Départ donc en fin d’après-midi pour les montagnes et la fraîcheur. Ne nous leurrons pas, par les temps qui courent, aller chercher des températures plus clémentes n’est pas négligeable. Et si, en plus, on a de la musique qui nous plaît, c’est tout bonus. Arrivés un peu à la bourre, nous ratons la navette qui devait nous amener à la Croix Fry pour (nouveauté cette année) prendre un télésiège qui nous aurait, moyennant finance (tout ne peut pas être gratuit), amenés sans effort à la Tête de Cabeau. Bon, il faut quand même dire que cette histoire n’est pas si simple. La navette est gratuite, mais si vous avez le malheur de rater le coche, la suivante n’est qu’une heure plus tard.

Mais, vu que nous sommes des Die Hards, nous n’avons même pas peur d’affronter la montée de la mort. D’autant plus que le soleil est au rendez-vous mais avec un petit vent qui amène un peu de fraîcheur par rapport à la plaine. Après de terribles efforts (décidément, les côtes ce n’est pas pour moi) j’arrive un peu HS en haut mais vivant. Ouf.

Je refais le point sur mes organes, histoire de voir si je n’en ai pas perdu en bas quand de la musique retentit. Ce sont les Portugais de EL SAGUARO qui commencent leur set. Le trio réunit Lucas HUGUES comme vocaliste en chef et guitariste, André HORTA comme bassiste, et João FERREIRA qui est aux fûts. Avant de venir, j’ai écouté le seul EP de 4 titres qu’ils ont sorti en 2025, et je dois l’avouer : je n’ai pas été conquis par leur musique. J’ai trouvé ça bien mais sans plus et c’est donc avec curiosité que je tends une oreille vers la scène.

Le tout premier morceau est assez musical et plutôt sympathique. Il est même chanté, si mes oreilles ne m’ont pas fait défaut, en portugais. Le second morceau m’attire moins, même si j’apprécie le style. Mais c’est à partir du troisième que la magie opère. Il n’y a pas à dire, leur musique jouée en Live prend une toute autre dimension !

Il y a un côté bluesy que je n’avais pas vraiment entendu quand j’avais écouté la première fois. En plus, Lucas fait l’effort de sortir quelques mots en français et ça c’est vraiment cool. Même André s’y met avec des « merci » à tout va. Idéal aussi pour se mettre le public dans la poche ; public qui, malgré le soleil qui tape fort, est devant la scène pour applaudir le groupe.

Le son est vraiment top et avec les montagnes en guise de caisses de résonance, c’est encore mieux. Je kiffe le moment. Leur musique fait très seventies et j’ai l’impression de plonger en plein Woodstock.

Lucas, le blond guitariste chanteur est le leader, mais, chose étrange, c’est João qui annonce les morceaux. Le trio continue de groover et de se faire plaisir en haut des montagnes. Une fois de plus, je suis surpris par des musiciens dont je n’attendais pas forcément grand-chose. Du coup, je vais me re-pencher sur leur EP, histoire de voir ce que je n’ai pas entendu.

Le set fini les musiciens saluent leur public et prennent la photo finale.

Il est l’heure de se rafraîchir en allant chercher une bonne limonade Bio des Alpes, pendant que certains festivaliers déambulent sur le site et d’autres vont voir la scène jam. Il y en a même qui se font un petit kiff en faisant de la luge sur un tout petit tas de neige installé près du stand boisson. Assez fun comme idée.

19h pétantes, c’est au tour du second groupe de la journée, les Argentins de CAPSULA de monter sur scène. Le groupe s’est créé à Buenos Aires et réside aujourd’hui à Bilbao, en Espagne. Le trio comprend Martín GUEVARA, guitariste et vocaliste. Coni DUCHESS joue de la basse et Gonzalo CRIADO frappe à la batterie. Après une petite intro, le trio fait feu de tout bois.

Dès que les premières notes de « Hadia El Sur » résonnent dans les montagnes, je me rends compte, tout de suite, que nous sommes à un autre niveau. C’est vrai que, par rapport aux Portugais, les Argentins ont sorti plus d’une quinzaine d’albums, qu’ils existent depuis plus de 25 ans et cela s’entend. Coni et Martin partagent le chant et c’est vraiment très bon.

Leur musique est un mélange de Psychedelic Rock, de Krautrock, voire de Garage Rock avec un son lourd et cosmique. En bref, un Stoner bien costaud des familles, un peu moins 70s que celui de EL SAGUARO. D’ailleurs, le trio portugais, resté à côté de la scène, ne rate pas une miette du set des Argentins. Tout comme le public, nombreux à la Tête de Cabeau, qui s’éclate sous une chaleur brûlante, les membres de EL SAGUARO apprécient à leur juste valeur la musique de leurs copains argentins. Une chose est sûre, en voyant la couleur de certains spectateurs, les coups de soleil vont faire mal ce soir.

Tout au long de leur set, le trio est à fond. Pas une minute de répit, le groupe déchaîne ses titres les plus originaux. Que ce soit en anglais « Spelling Love », « Ancient Skyes », ou en espagnol avec « Rayo Oscuro » ou « Caballos de Mar », la magie opère.

Le cadre est toujours aussi magnifique et on en prend plein les yeux avec cette musique puissante, lourde mais mélodique et entraînante. C’est vraiment génial. Martin remercie en français à chaque fin de morceau, et là aussi, il s’attire les faveurs du public. Plus le set défile et plus je deviens aficionado.

Le temps passe à une vitesse folle et l’heure du glas sonne avec « Automatical Soul ». C’est Coni avec sa Gibson SG rouge qui se charge d’entamer le dernier titre du set avant d’être rejoint par Martin qui chante en harmonie avec la bassiste sous les frappes incessantes et tout en groove de Gonzalo.

Ils finissent sur les rotules tout en sueur et en énergie débordante remerciant chaleureusement le public.

Une fois leur set parachevé, leur matériel rangé, l’accolade avec les copains portugais on retrouve le groupe en entier à leur stand de merch’, prêt à discuter le bout de gras avec les fans. Comme souvent, et c’est récurrent avec quasiment tous les groupes qui sont passés à la Tête de Cabeau, ils restent fascinés par le splendide cadre dans lequel ils ont eu l’opportunité de jouer. Même si nous sommes un peu plus habitués, c’est vrai que ce n’est pas tous les jours qu’on a l’opportunité d’assister à des concerts en haut d’une montagne.

Allez, il est l’heure de descendre la pente pour retourner sur le site de Merdassier. Euh… c’est moi où la descente est moins compliquée que d’habitude ? Ah oui, c’est vrai qu’on a pris un autre chemin et que celui-ci a l’air moins rude… bien que tout de même bien plus long. Il va falloir peser le pour et le contre pour la prochaine édition. Bah de toute façon j’ai décidé que, si l’année prochaine il y a encore le télésiège, je passerai la nuit au pied de l’arrêt de bus afin d’être sûr de ne pas le rater !

Trêve de plaisanterie, il est l’heure de rentrer sur le site. Ca ne devrait plus tarder à démarrer. Une fois n’est pas coutume, l’association Namass Pamouss à fait venir un groupe de Touareg maliens venus de Tombouctou et qui s’appelle IMARHAN TIMBUKTU.

C’est rafraîchissant, super bien joué. Les musiciens sont très bons, cependant leur musique ne rentre pas dans le cadre de ce que publie régulièrement le webzine. Dans tous les cas, ils séduisent le public de Manigod qui leur rendent un bel hommage. « Vous avez une énergie de folie ici », leur dira un des musiciens.

Le set terminé, il nous faut patienter jusqu’à 23h20 avant que les Anglais de PSYCHLONA, venus de Bradford, ne fassent leurs balances. Une chose est sûre, c’est que je ne suis pas prêt de rentrer à la maison, moi ! D’un autre côté, retrouver la canicule ne m’enchante guère. Ici, il fait bon, voire même un peu frais.

Etrangement, ce que j’entends du groupe dans leur préparation me plaît bien. J’attends donc de voir ce que cela va valoir en Live. PSYCHLONA, déjà auteur de quatre albums dont le dernier sorti en 2024, est composé de Phil HEY, guitariste et chanteur, Dave WAINFOR à la seconde guitare, Martyn BIRCHALL, le bassiste, et Scott FRANKLING, le batteur.

Allez c’est parti, les Anglais attaquent. Le premier morceau « Edge of the Universe » annonce la couleur. Doom de chez Doom avec de la mélodie quand même. « Namass Pamouss, ça va ? » nous lance Phil, le chanteur, dans un bon français en plein milieu du morceau « Down in the Valley ».

Au fur et à mesure de leur set, les Anglais séduisent le public du festival. Moi, par contre, un peu moins. J’aime bien le côté musical du groupe avec sa lourdeur qui assomme cependant, le chant me déstabilise et c’est peut-être là, pour moi, le problème. C’est un peu trop psyché et un peu trop perché au niveau vocal. Par contre, ce sont de très bons musiciens et le NAMASS PAMOUSS est toujours aussi à fond. Il faut expliquer que, certains festivaliers sont aux liquides depuis ce matin, quand ils ne fument pas des herbes de Provence. Vous savez, les petites herbes qui font rire.

Même si ce n’est pas trop ma tasse de thé, il me faut l’avouer, c’est bien mieux en Live que sur album. Alors forcément, j’apprécie de loin la musique des Anglais. Ça tombe bien, les crowd surfings et autres joyeusetés sont de retour. Il est donc plus prudent de ne pas rester sous la tente.

C’est marrant, mais certains morceaux me font penser à du HAWKWIND en beaucoup plus lourd. Pour finir, ce n’est pas si mal. Mais bon, il vaut mieux écouter de loin, c’est plus raisonnable.

Le set terminé, il nous faut tuer le temps en attendant les Grecs d’ACID MAMMOTH – qui, comme vous le savez, sont composés de Chris BABALIS Junior, le frontman à la guitare, Dimosthenis VARIKOS à la basse, Marios LOUVARIS derrière les fûts et Chris BABALIS Senior à la guitare – ne commencent leurs balances à une heure du matin. Chris Jr s’amuse avec le public lorsqu’il teste les vocaux. Quand il chante, le public lui répond. Ça change des balances sérieuses où le musicien, ultra concentré, fait fi du public présent. L’ambiance est assez fun, ça promet.

A peine 10 minutes plus tard, les Grecs commencent leur set. D’emblée, on sent que le groupe n’est pas venu cueillir des fraises. Et même si l’heure est tardive, ils sont décidés à plomber l’ambiance avec leur Stoner bien lourd et lent, sous influence sabbathienne. Et évidemment avec la voix du regretté Prince des Ténèbres.

C’est complètement fou, la mélodie compense les passages d’une lourdeur abyssale. ACID MAMMOTH tient bien son nom.

Le pachyderme attaque avec « Supersonic Megafauna Collision » avant d’enchaîner sur un inédit « Cathedral ». Les tempos sont enlevés, les riffs sont accrocheurs et la mélodie est toujours là. Plus le set avance, avec un autre inédit, plus le public du NAMASS PAMOUSS s’excite.

Il est temps d’effectuer le fameux retrait stratégique. Ce n’est pas que je ne veux pas, c’est juste que j’ai passé l’âge. Et puis mon corps en a un peu marre de me supporter. J’écoute donc de loin avec un œil ouvert sur la scène tout de même, enfin, quand il n’y a pas de crowdsurfing.

Le fils et le père se répondent et c’est magique, éléphantesque ou plutôt mammouthesque en l’occurrence.

Le set continue de se dérouler comme sur des roulettes et les titres pèsent de plus en plus. C’est tellement lourd que ça m’assomme. Du coup, la fatigue de la journée commence à se faire ressentir. Le set se termine sur l’excellent « Jack the Riffer ». Il était temps pour moi et je m’empresse de plier bagages car demain il faudra retourner dans la montagne.

Alors que nous allons à la voiture, un autre titre résonne soudain. Nous tendons l’oreille tout en continuant à redescendre, et croisons même un lapin qui traverse la route, sûrement dérangé par le bruit.

Rendez-vous demain pour le dernier jour du festival !  


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