THE LORDS OF ALTAMONT au Brin de Zinc

Aujourd’hui, c’est la Saint-Eusèbe, et c’est bien connu : « A la Saint-Eusèbe, un temps sec grossit la gerbe. ». Ça tombe bien : le temps est à la canicule depuis ce qui semble une éternité. Cela veut-il dire que le concert va être full ? On verra bien.

C’est donc sous un soleil de plomb que Steve*74 et votre serviteur nous rendons au Brin de Zinc. Comme nous faisons la route depuis une éternité, nous la connaissons par cœur et arrivons largement dans les temps malgré les retours de vacances annoncés.

Une fois arrivés à l’extérieur, je me rends compte qu’il y a déjà du monde qui attend dehors. Ça promet. Et effectivement, au fur et à mesure que le temps passe, le Brin de Zinc devient, une fois de plus pour les LORDS OF ALTAMONT – le groupe que nous allons voir – plein à craquer : il est même sold out.

En patientant avant le début du set, nous discutons avec les copains, mais pas forcément ceux que l’on voit d’habitude. L’orgue orange Farfisa sur le devant de la scène, l’œil des Illuminati qui orne la grosse caisse, la basse Rickenbacker modèle 4001 posée devant son ampli, les guitares déposées sur scène dont une étalée négligemment par terre… Les Seigneurs d’Altamont sont dans la place. Je remarque aussi que le superbe backdrop d’il y a trois ans est toujours là et en jette toujours autant.

21h10 : la manageuse – du moins c’est l’impression que j’ai – fait des essais d’orgue et de micro après avoir posé les setlists il y a déjà trois quarts d’heure. Le concert ne devrait pas tarder.

À peine six minutes plus tard, les lumières s’éteignent, la musique de fond baisse de plus en plus. Le public, très sage, attend gentiment le début. Les minutes passent… Puis le bruit d’une moto qui démarre retentit dans le BDZ. Comme à son habitude, les Seigneurs d’Altamont traversent la salle. Le public exprime sa joie.

Dani « Dani Sin » SINDACO (guitare), Rob « Garbage Man » ZIM (basse) et Barry VAN ESBROEK (batterie) arrivent en premier, suivis par Jake « The Preacher » CAVALIERE, chant et orgue, qui fait carrément un hug à mon copain Steve*74, assez surpris et amusé. Moi, je suis mort de rire. Et c’est parti pour le show.

Les Lords attaquent par « Got a Hold On Me », un titre issu de leur tout dernier opus Forever Loaded, sorti en janvier dernier. À peine démarré que Jake donne déjà des coups de pied en l’air, se couche presque sur son Farfisa et hurle dans son micro. Complètement dingue. Le chanteur, qui n’a pas changé d’un iota – gants et lunettes noires sur le nez – montre qu’il est toujours là pour maintenir vivante la flamme du rock primitif. Il est à fond et attaque déjà « Death on the Highway », debout sur son clavier.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’il n’est pas le seul à être performant ce soir. Dani Sin est parfait à la guitare sur le côté droit de la scène, et que dire de la rythmique assurée par Rob et Barry, qui sont phénoménaux. Il faut bien ça pour soutenir l’inébranlable prédicateur.

« Merci d’être venus, il fait très chaud ce soir », nous dit-il. « Hold Fast », « Going Downtown », « Come Back, Baby » — le cover de Walter Davis — « Going Nowhere Fast »… Les titres défilent comme un film que l’on connaît par cœur.

Tout au long du show, Jake est le centre d’attraction de la soirée : il chante pied de micro en main, couché sur son clavier, se renverse en arrière tout en continuant de jouer, un vrai contorsionniste. Quand il ne se déhanche pas sur le public pour lui montrer comment on joue avec un Farfisa, il se colle à ses coéquipiers. En bref, il bouge tout le temps, il ne s’arrête jamais. Il fait carrément jouer les spectateurs sur son orgue : c’est de la folie.

« Je sais que vous êtes là pour de nouveaux morceaux, en voici un, let’s go ! » annonce Jake avant de déchaîner le monstrueux « Get Out of My Head », suivi par « Rusty Guns », un autre titre de Forever Loaded, leur nouvel album.

« Million Watts Electrified », le fameux morceau qui provoque des décharges dans le cerveau, « She Cried », « Action / $4.95 », « I Got Your Number »… Les Lords continuent de dérouler leur longue setlist.

« Les gars, vous allez bien ? » demande le chanteur. « Vous savez, ici, je me sens comme à la maison », annonce-t-il en sortant son harmonica. « C’est le deuxième titre fait par le groupe », continue-t-il en attaquant « The 7th Day », morceau au riff saturé, à l’orgue lancinant, aux vocaux rageurs, typique du garage punk caractéristique des Lords.

Il est temps de clore le set. D’abord le brûlant « Buried », l’un des titres les plus joués par le groupe en concert, puis le féroce et dévastateur « Cyclone ». « Merci les gars, nous vous aimons », conclut le Prêcheur d’Altamont avant que le groupe ne disparaisse.

Mais le public les réclame à corps et à cris, et à peine une minute plus tard, Dani revient seul sur scène et commence son solo pour « The Split » avant d’être rejoint par les autres membres du gang. Ils reviennent avec un son sale, rugueux, venu du garage voisin, greffé sur des grosses guitares en colère et un clavier pas très guilleret. La bande des Seigneurs, c’est toujours plein gaz, sans compromis. La preuve avec « Like a Bird », suivi par le compact et explosif « Velvet ».

Nos copains bikers d’Altamont continuent de faire le show — enfin, Jake continue de faire le show — avec un dernier morceau : « Twisted Black ». Il descend carrément son orgue de la scène pendant qu’il me fait tenir son micro, va jouer avec les spectateurs, puis les laisse jouer pendant qu’il reprend le micro. Toujours aussi fou, ce chanteur.

Et voilà, c’est fini. Passé à une vitesse folle, le set des LOA a été, une fois de plus, complètement barge. Un grand merci à Thomas pour avoir, une nouvelle fois, programmé les Lords of Altamont, qui ont rempli le BDZ.

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