Samedi 22 mai 2026 à Cornaux (Suisse)

Report By SEB 747 – Photos : STEVE*74
Après une courte nuit pleine de rêves zombifiés (cf le jour 1 du Corn’ Rock), nous devons quitter notre home de la veille à onze heures. Le festival ne commençant qu’à 18h30, nous devons prendre notre mal en patience. Et quoi de mieux que d’aller visiter les alentours ? Nous décidons donc d’aller nous promener dans les gorges de l’Areuse qui s’avèrent être un émerveillement. Mais avant, nous faisons le plein de la voiture à un prix défiant toute concurrence (française). Trop bien la Suisse !
Un petit tour à Neuchâtel plus tard, nous retournons sur le site du festival et patientons dans la voiture. Puis vient le moment de retrouver les concerts.







Tout d’abord UNCHAIN, un groupe local venu de Berne, à deux pas à vol d’oiseau, et auteur de deux albums. C’est avec un petit quart d’heure de retard sur l’horaire annoncé que les Suisses attaquent leur set.
Et tout de suite, je suis conquis. Un bon Hard rock bien groovy où l’influence AC/DC est un peu présente mais avec une petite touche bien suisse. Vous prenez quelques centilitres de tubes de BRIAN ADAMS, que vous mélangez avec un soupçon de CHEAP TRICK, secouez le tout avec de la rythmique à la BON JOVI, mettez-y une bonne dose d’énergie, et vous obtenez un cocktail qui s’appelle UNCHAIN.
Je ne regrette absolument pas d’avoir été dans les temps pour les voir et je m’en serais voulu si je les avais ratés.

Pas le temps d’attendre, il faut se déplacer sur le côté pour la suite du festival. Direction la grande scène pour assister au show des Italiens de DOBERMANN. C’est un trio venu de Turin, composé de Paul DEL BELLO, le vocaliste bassiste aux cheveux roux, Valerio RICCIARDI, sosie de SLASH, à la guitare, et Antonio BURZOTTA qui joue sur la batterie des ALL FOR METAL.
« Bonsoir Corn’ Rock, est-ce que vous êtes prêts pour un peu de Rock n’Roll ? », demande dans un très bon français le leader du groupe. Et c’est parti pour un mélange de Hard Rock, de Boogie et de Punk. Tout pour me plaire. Tiens c’est bizarre, c’est la première fois que je vois le groupe et pourtant, le chanteur bassiste, au charisme incroyable, me dit quelque chose. Bah, on verra plus tard.
C’est avec un énorme enthousiasme que le groupe entame son set avec « Stiff Upper Lip » qui met de suite tout le monde d’accord. « Nous sommes DOBERMANN et nous venons d’Italie, ça c’était « Stiff Upper Lip », reprend Paul, toujours en français. « Faites-moi du putain de bruit ! », continue t’il. Et c’est reparti avec une énergie brute et incisive qui déboite la nuque des spectateurs.










Les titres sont percutants et tapent dans le dur « I Need a Holiday », « Summer Devil ». Perso, je suis à fond. J’adore. D’autant plus que, tout le long du set, Paul fait l’effort de parler en français, sans presque jamais se tourner vers l’anglais, langue dans laquelle il est plus à l’aise, ou l’italien sa langue maternelle. En plus, Valerio est un virtuose à la guitare, et cultive la ressemblance au guitariste des GUNS N’ROSES, jusque dans les poses. Too much ? Peut-être, mais il joue si bien qu’on croirait voir le vrai.
« On va vous jouer un morceau d’une artiste célèbre, DUA LIPA », nous dit le bassiste. Euh… j’ai comme un doute. Ouf, c’était une blague puisque c’est un cover des GIRLSCHOOL « Please don’t touch » qu’ils reprennent.
C’est le moment pour Antonio de briller avec un joli solo de batterie. Il n’y a rien à redire sur la prestation des Turinois, les titres sont exécutés avec une envie de partage avec le public et défilent à une vitesse incroyable. Par contre, le bassiste me dit toujours quelque chose. Il ressemble à quelqu’un que j’ai vu plusieurs fois mais je n’arrive toujours pas à savoir qui.

D’ailleurs le voilà qui reprend la parole : « Et maintenant, un nouveau titre populaire… « Ne me quitte pas ». Oh ? Cool, du JACQUES BREL en version Hard Rock, ça peut être sympa. Ah, c’est bizarre comme entrée… on dirait « Antisocial » de TRUST. Evidemment c’était une blague, le morceau de Jacques Brel. Et c’est sur un énorme et monstrueux « Antisocial », et tout en français s’il vous plaît, que se termine le set des Italiens.
Mais quelle claque ils nous ont mis ! Personnellement, j’ai adoré. C’est vrai aussi que je suis un grand fan du style. Et d’un coup, je me rappelle où j’ai déjà vu Paul. C’était du côté d’ADAM BOMB au Brin de Zinc de Barberaz. Comment ai-je fait pour mettre autant de temps à m’en rappeler ? C’est sûrement la vieillesse. (NDLR : DOBERMANN est aussi passé en 2019 au Réservoir de Belley, à quelques encâblures de Chambéry).

Bon, pas le temps de tergiverser, c’est sur la petite scène que cela se passe. Ce sont les Allemands de CHICAGO LANE qui démarrent. Une première chose que je remarque sur ce groupe, c’est le look Glam à fond. Cheveux peroxydés, maquillage androgyne… Le look Hair Metal des années 80. Euh… les gars, je ne veux pas faire polémique, mais vous n’avez pas quarante ans de retard ?
Dès le début du set, on sent un groupe surmotivé qui décide d’en mettre plein les yeux aux spectateurs. Le chanteur bouge dans tous les sens et fait sensation auprès du public. Sauf que d’un coup, on ne l’entend plus. Il y a un gros problème de son. Mais ce n’est pas ce qui empêche les Allemands de faire le show. Le problème, réglé au bout d’une dizaine de minutes et c’est reparti pour le show.


Sauf que moi, plus ça va, moins j’adhère. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas mauvais. Certains morceaux sont bons mais c’est un peu gentillet pour moi et surtout bien trop cliché. Il y a 30 ans, j’aurais adoré, mais là, j’ai un peu de mal.Je préfère du coup aller voir les DOBERMAN à leur stand de merch’, pile poil entre les deux scènes, ce qui me permet d’avoir un œil sur la petite scène.
Le chanteur, sourire aux lèvres, continue son spectacle et descend même dans la foule pour chanter et taper dans les mains. Il ne tient pas en place. Le groupe s’amuse avec le public en leur lançant une grosse bouée qu’ils se passent de mains en mains. Sympathique.







En attendant la fin, je repère une statuette de ALL FOR METAL pas trop excessive pour mon maigre portefeuille, et la réserve pour la fin du festival.
En parlant de fin, ça y est, les CHICAGO LANE ont enfin terminé et les ALL FOR METAL vont commencer. Direction la grande scène pour être bien placé. Dès le début, je remarque l’énorme décorum sur scène. Je connais le groupe essentiellement par sa musique, n’ayant jamais eu l’occasion de les voir en live. Et comme je ne suis pas particulièrement intéressé par les clips vidéos, je pense que ça va être sympa.

22h pile poil et c’est le début du set de ALL FOR METAL. Composé des sémillantes Ursula ZANICHELLI et Fabiola BELLOMO aux guitares, du brutal Leif JENSEN à la batterie, du fou furieux Florian TOMA à la basse et des musculeux chanteurs Tim « Tetzel » SCHMIDT et Amerigo VITIELLO dont c’est la première apparition en live – en remplacement d’Antonio CALANNA.
De suite, on prend une grosse baffe de son en pleine poire. Inspiré par les légendes anciennes et les récits héroïques le groupe germano-italien tape dans le dur en enchaînant les hits « Gods of Metal » et « Fury of the Gods ». J’avoue que j’aime bien l’enchaînement de ces deux titres qui allient puissance et mélodie. Musicalement je trouve ça vraiment très bien, cependant, le côté « musclor » des deux personnages principaux, les chanteurs, m’agace un peu. Je ne sais pas si c’est parce que je suis loin, mais alors très loin, d’avoir autant de muscles qu’eux, mais je trouve ça bizarre et ce côté masculiniste me dérange un peu.
Ce qui est certain, c’est qu’il est évident que le guerroyant « Hear the Drum », l’épileptique « When Monsters Roar », font un malheur sur scène et le public ne peut qu’adhérer aux hymnes « Prophecy of Hope » ou « Mountain of Power ».





Tous les hits du groupe sont de sortie : « Raise your Hammer » ou Tim sort son marteau qu’il garde pour « Year of the Dragon ».
Certes, leur musique n’est pas très complexe, n’en déplaise aux adorateurs de Prog’ Metal, et semble assez prévisible, cependant elle est hyper efficace. Le contraste voix aiguë d’Amerigo et voix grave de Tim est fascinant, le show de Florian, avec son look d’enfer accompagné par les frappes de mule de Leif, est excellent. A tel point qu’il prend presque la place des chanteurs. C’est peut-être pour ça qu’ils sont aussi balaises, afin d’être sûrs d’être les stars de la soirée.
Les deux guitaristes ne sont pas en reste et ne sont pas des faire-valoir. Elles n’hésitent pas à s’approcher du public et montent de temps en temps sur les strapontins, même s’ils restent le domaine des body builders, euh… des chanteurs.
Après la balade « Path of the Brave », c’est le bassiste qui se retrouve seul sur scène pour un excellent solo de basse, ce qui n’est pas très courant, avant que le groupe ne revienne pour « Valkyries in the Sky ».






Même si j’ai toujours l’impression que c’est un peu too much, une chose est sûre, c’est que ALL FOR METAL est né pour la scène et devient une vraie machine à hits au fur et à mesure de leur set. Des refrains, certes un peu trop faciles, mais des chansons qui s’impriment dans le crâne pour mettre dehors toutes celles qui s’y trouvaient précédemment. C’est complètement dingue. Une évidence, c’est Tim qui prend le leadership ce soir, il demande un circle pit pour « Run » et son fameux refrain « Run Run Better Run ». Il se met à courir en fond sur la scène pendant que les guitaristes prennent le lead l’une après l’autre il partage la fosse en deux sur « Born in Valhalla » et fait chanter le refrain sous forme d’une bataille entre lui et Amerigo. J’aime beaucoup l’idée de ce duel qui semble aussi plaire au public.
Annoncé comme le dernier titre du set, le groupe sort de scène puis revient saluer leurs fans. D’abord Leif et Florian puis les deux guitaristes et deux minutes plus tard, les deux chanteurs pour l’incontournable hit « All for Metal ». Alors que tout le monde s’éclate sur scène, Florian, le bassiste, a disparu. Il se promène tranquillement dans le public et joue même carrément dedans. Il continue de s’amuser comme un chien fou et ne remonte même pas pour le dernier titre, qui est « pour les ladies », nous dit Tim.
ALL FOR METAL achève le public avec « Goddess of War ».


Ça y est, le Corn’ Rock 2026 vient de clôturer sa quatorzième édition. Pendant que le stand de merch’ se fait dévaliser, je récupère ma statuette réservée tout à l’heure et m’empresse de la faire dédicacer par Tim. Avec tous les musiciens, il est en pleine séance photos et dédicaces alors qu’ils viennent à peine de finir leur set.
Malheureusement, nous n’avons pas trop le temps de rester plus longtemps ayant beaucoup de route à faire. Nous disons au revoir aux orgas et aux copains et rendez-vous l’année prochaine pour la quinzième édition !
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