LEFT LANE CRUISER + HOWLING BEARDS à la Coloc

LEFT LANE CRUISER + HOWLING BEARDS à la Coloc
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Ce soir, c’est le petit warm-up du festival Namass Pamouss prévu du 26 au 28 juin sur les montagnes de Manigod dans le 74. Comme chez W.T.R Mag’, on aime beaucoup ce festival couvert depuis la 1ère édition par les copains Steve*74 et Seb 747, il était impossible de laisser passer cette date.

Et pour ce faire, difficile de trouver meilleur endroit que La Coloc pour cette soirée.


Ouverte depuis 2023, La Coloc offre aux Annéciens des concerts réguliers depuis septembre. Le lieu a compris un truc simple : pas besoin d’une salle immense pour faire vivre la musique. Et le concept est franchement cool. On a d’abord, une grande terrasse en bois à l’ombre, parfaite pour refaire le monde autour d’une bière avant le concert puis tu rentres dans une première salle cosy : bar au fond, ambiance chaleureuse, presque familiale. Mais l’originalité, elle est ailleurs : pour accéder à la salle de concert, il faut monter à l’étage par l’escalier intérieur.

Et là, tu découvres un petit cocon Rock : murs en briques, affiches de groupes, coin merch’, fumoir intérieur pour éviter de mourir congelé l’hiver, loges à l’étage (interdites of course au public). Tout respire la passion.

La jauge ? 100 personnes max. Autrement dit : ici, tu peux presque accorder la guitare du musicien à sa place. En tout cas, pour ce concert de LEFT LANE CRUISER, c’est sold out. Pas étonnant car entre les locaux de HOWLING BEARDS et les Américains, il y avait largement de quoi remplir la baraque.

Et autant prévenir tout de suite : il ne faut pas avoir les oreilles fragiles. Le son est fort, très fort. C’est clairement le genre de soirée où tu as encore les tympans qui sifflent sous la douche le lendemain matin.

21h, les locaux de HOWLING BEARDS ouvrent le bal. Le groupe balance un Stoner Rock bien chargé en Fuzz avec une petite pointe Sludge qui colle parfaitement à l’ambiance de la soirée. C’est une formation classique : deux guitares, une basse, une batterie.

Et très vite, je fais un constat : le batteur tient la baraque à lui tout seul ! C’est clairement lui qui fait décoller le groupe. Solide, lourd, précis, dès qu’il pousse un peu derrière, tout prend une autre dimension.

Le groupe déroule une setlist de neuf titres dans une ambiance bien sympa. Petit bémol quand même : le mix voix/instruments parce que le mur sonore envoyé par le groupe finit parfois par avaler complètement le chant. Dommage, surtout sur certains passages plus lourds où la voix disparaît littéralement sous les riffs.


Moment de solitude aussi pour le bassiste, victime d’un souci matos. “Ça vient de trop loin”, balance le chanteur en rigolant. Le dépannage improvisé fait aussi partie du charme du Rock des petites salles.

Le set fonctionne bien, chauffe correctement la salle et prépare parfaitement le terrain pour la suite. Et puis mine de rien, dans cette fournaise, on commence déjà à transpirer comme si on venait de courir un marathon avec un blouson en cuir.

C’est maintenant au tour de LEFT LANE CRUISER de prendre la scène. Là, on change de catégorie. Le duo américain, actif depuis le milieu des années 2000, débarque avec son Blues Rock déglingué, nourri au garage, au slide et à la bière/bourbon.

Et bordel… Ils font transpirer le Mississippi jusque dans les murs de La Coloc ! Le son rappelle immédiatement l’école GALLAGHER (Rory évidemment), période crasseuse : Raw Blues, Groove bien poisseux, saturation juste comme il faut.

Niveau matériel ? On est sur du minimalisme total : un ampli Marshall JCM800, un accordeur. Point barre. Le reste, ça sort des doigts. Et quels doigts ! La majorité du jeu se fait en finger picking, cordes pincées à la main, avec bottleneck quasiment permanent. Le mec joue de sa Gibson SG comme si elle faisait partie de son âme. Le pied gauche tape la croche en permanence. Impossible de savoir si c’est pour garder le tempo ou simplement parce que le type est branché directement sur le courant.


Et niveau hydratation… disons qu’on était plus sur un rythme “une chanson, une pinte”. Une discipline de vie très américaine.

Le duo envoie un Blues garage sale, sans triche, sans surproduction. Ici, pas de playback, pas de bande cachée derrière les amplis. Ça joue brut. Et dans une salle comme La Coloc, l’impact est immédiat. Tu ressens chaque vibration. Chaque coup de caisse claire. Chaque glissade du bottleneck.

Au bout de quelques morceaux, tout le monde dégouline déjà de sueur. Le genre de concert où ton T-Shirt finit par attérir dans le panier à linge avec la texture d’une serpillière oubliée au soleil. C’est précisément pour ça qu’un lieu comme La Coloc fonctionne aussi bien : tu ne regardes pas le concert de loin, tu le prends dans le sternum. Et dans une époque où beaucoup de concerts deviennent ultra calibrés, voir un groupe comme LEFT LANE CRUISER jouer dans une salle de cent personnes rappelle un truc essentiel :
le Rock fonctionne toujours mieux quand on y rajoute une bonne touche de frissons.


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