Vendredi 21 mai 2026 à Cornaux (Suisse)

Report : SEB 747 – Photos : STEVE*74
Comme l’an dernier nous nous étions promis Steve et moi de retourner à Neuchâtel pour le Corn’ Rock de Cornaux, nous avons décidé, en notre âme et conscience, de faire cette année les deux jours de ce festival à taille humaine. Nous louons donc un Airbnb et partons de bonne heure pour la Suisse. Petit arrêt à la frontière pour changer de monnaie et récupérer la vignette, et nous voilà partis pour Cornaux.
La route se passe bien, sous une chaleur écrasante. Sauf que mon GPS décide de nous faire prendre des routes de campagne pour éviter un accident survenu sur notre route. C’est bien beau tout ça, mais on va être à la bourre ! En plus, on est un peu perdus, là. Tiens, il y a des lumières bleues qui clignotent derrière nous. C’est bizarre mais j’ai l’impression que c’est pour nous. Et effectivement, c’est bien pour nous. Il faut que nous les suivions. En fait, il se trouve que je leur ai un peu coupé la route. Oups. Du coup, on va vraiment être en retard. Après nous avoir contrôlés, les policiers se rendent compte que nous ne sommes pas de dangereux terroristes mais bien deux touristes plus très jeunes et un peu paumés. Ils nous indiquent gentiment le chemin pour retrouver Cornaux. Sympa. Nous reprenons notre route, tentant de trouver notre location.
Une fois arrivés, nous cherchons en vain la boîte à clés. Il va nous falloir appeler la propriétaire pour enfin trouver cette fameuse boîte bien planquée sous une barrière. Heureusement que le festival n’est qu’à sept petites minutes de route de notre logement !



Après toutes ces péripéties, nous arrivons sur le site du festival, un peu à la bourre pour le premier groupe. Ce que j’entends de loin me sied bien.
Après avoir montré pattes blanches à la sécurité et récupéré notre accréditation, je vois enfin MAKRIA, le groupe d’Yverdon que j’entendais en arrivant. Il y a une chanteuse aux longs cheveux blonds qui se démène sur scène avec une belle voix bien mélodique. La musique est un mélange de Rock n’Roll et de Hard Rock. On voit bien que le groupe est heureux sur scène, ils plaisantent entre eux et jouent avec un plaisir sans fin.
C’est très gentil, voire un peu trop par moments, mais il faut bien débuter un jour. Ce qui est cool, c’est que le public répond bien aux sollicitations du groupe et semble content de les voir évoluer sur scène. Même si je n’ai pu voir que trois ou quatre morceaux, je retournerai volontiers les voir parce que ce que j’ai entendu m’a bien plus. A noter que le batteur est maquillé comme un black metalleux, ce qui contraste avec les autres membres.

Leur set terminé, nous nous déplaçons vers la grande scène pour voir une nouvelle fois les Italiens de DEATHLESS LEGACY. Vous ne vous en rappelez pas ? Mais si, c’était il y a quelques années à Grenoble et il y avait eu un report ! M’enfin !
Nous retrouvons, comme l’an passé, Mike, le programmateur, seul sur scène qui annonce : « Etes-vous prêt pour les incroyables DEATHLESS LEGACY ? ». Et le public répond par un grand cri. Andrea FALASCHI, alias FRATER ORION, le batteur s’installe en premier. Seul sur scène, il entame leur habituel rituel : « Damnatio Aeterna ». Au fur et à mesure les autres musiciens arrivent : Nicola D’ALESSIO dit DEADWOOD NICK, le bassiste, Gianni CAPECCHI alias STG BONES le guitariste et le claviériste Alessio LUCATTI alias ALEX VAN EDEN. Dès le début, ils mettent le feu avant même que n’arrive Eleonora VAIANA (STEVA DEATHLESS), la fameuse chanteuse du groupe. Ce soir, Arianna NENCINI, THE RED WITCH, la performeuse du groupe, celle qui anime les chansons des Italiens, est absente. Il n’y a que les cinq musiciens de DEATHLESS LEGACY. Personnellement je trouve ça un peu dommage, mais ce n’est pas ce qui va m’empêcher d’apprécier la prestation du groupe.
STEVA prend littéralement la scène et semble toujours autant possédée par ses propres paroles. Elle tombe souvent à genoux sur scène, parcourt les planches de long en large. Les hits s’enchaînent sans temps mort, « Rituals of Black Magic », « Miserere », etc…










Musicalement, le groupe est toujours au top. Frater a cette frappe qui ne tient qu’à lui, DEADWOOD court de partout avec STG qui va devant la scène et Alex qui n’arrête pas d’haranguer le public. STEVA, quant à elle, toujours aussi hantée, a des problèmes de in-ears et s’exile régulièrement. Il faut dire que comme elle ne tient pas en place, qu’elle secoue sa crinière dans tous les sens, qu’elle se retrouve tout le temps à terre, ou accroupie sur scène, c’est un peu logique.
Passé ces petits soucis, nous retrouvons un peu le même show que celui que nous avions vu à Grenoble et c’est toujours aussi bien. Tout le monde change tout le temps de place, à part FRATER évidemment, et s’éclate bien sur scène. C’est ALEX qui prend le rôle de THE RED WITCH durant son absence et joue son personnage à la perfection.
J’aime beaucoup la prestation des Italiens et l’impressionnante frontwoman, même si j’ai de plus en plus l’impression de voir, à peu de choses près, le même concert que la dernière fois, ce qui n’est pas le cas des copains suisses qui, eux, kiffent à mort.

Après presque une heure de set, STEVA prend la parole pour la première fois à la fin de « Get on your Knees », l’avant dernier titre : « Bonsoir, nous sommes DEATHLESS LEGACY from Italy », dit-elle avant de parler au public en français. « Première fois en Suisse, et fiers d’être venus, merci ! ». Maintenant je comprends mieux pourquoi nos copains helvétiques étaient en feu depuis le début du set.
Même si je suis moins impressionné qu’eux, j’apprécie toujours autant le set des Italiens et le côté Dark de leur musique. Les hits se sont enchaînés les uns derrière les autres et le set s’est déroulé comme sur des roulettes. Une bonne entrée en matière pour moi.




Il est l’heure maintenant de retourner devant la petite scène pour voir OXYMORE. C’est, une fois de plus, un groupe du coin avec une chanteuse. Ils viennent d’encore plus près puisqu’ils sont du Canton de Neuchâtel. En voyant le T-Shirt blanc d’un des guitaristes je commence à avoir peur mais pour finir, je trouve ça très bien. Le groupe distille un Rock puissant et mélodique, teinté d’influences Blues, Punk et Hard Rock. C’est tantôt sombre et mélancolique, tantôt incendiaire et survolté avec des chansons en français et quelques-unes en anglais.
Le groupe bouge bien sur scène et musicalement c’est un peu plus abouti que leurs copains de MAKRIA. C’est très entraînant, vraiment cool et la chanteuse, Kylia, est à l’aise sur les planches. Le groupe est chez lui et cela se sent, les spectateurs sont à fond derrière le groupe. Kylia parle beaucoup plus par rapport à DEATHLESS LEGACY et séduit son public. Personnellement, j’aime bien, ce n’est pas mauvais, c’est intéressant aussi, mais nos copains italiens m’ont plus inspiré. Du coup, j’abandonne le devant de la scène et apprécie de loin la prestation neuchâteloise.
Nous avons droit à deux covers. Un « How you Remind me » des excellents NICKELBACK et une superbe reprise du « It’s my Life » de BON JOVI. Le groupe conclut son set sous les applaudissements du public par un survolté « Survolté ».

Il est 22h, c’est bientôt l’heure de DOMINUM. Pas le temps de gamberger parce que, chez nos voisins helvétiques, l’heure c’est l’heure. Il nous faut retourner vers la grande scène où le public s’est déjà bien massé devant les planches. Bon, il suffit de faire quelques pas, mais si on veut être bien placé, il ne faut pas tarder.
On découvre des pieds de micro en forme de fémur, sur lesquels sont juchés une croix marquée RIP, surplombée d’un crâne. Les strapontins sont décorés d’un mur avec, je vous le donne en mille, encore des crânes. Sur chaque peau de la double grosse caisse un cercueil est imprimé dessus. Maman, j’ai peur ! Personnellement, je connais bien la musique du groupe et les thèmes abordés mais je n’ai jamais eu l’occasion de les voir en Live. Tout le public du Corn’ Rock est rassemblé devant la scène, on sent que le groupe est attendu.
Les minutes passent… De temps en temps, on entend parler allemand au micro et deux trois fois « Ein, zwei, drei (1, 2, 3) ». Le groupe sait se faire désirer. Dix minutes plus tard, retentit le morceau de QUEEN « Don’t Stop me Now ». Le public commence à se chauffer et les conversations commencent à se taire.

Lorsque la chanson se termine, une intro retentit. C’est alors que débarquent enfin les Allemands de DOMINUM. Tiens ? C’est encore un groupe maquillé. « C’est une soirée à thème », me dit Steve*74. C’est Victor HILLTOP (MARCOS FEMINELLA) le batteur à la coupe iroquoise qui s’installe le premier, haranguant les spectateurs. Il est suivi de près par Tommy KEMP, le guitariste dreadlocké, et PATIENT ZERO (Korbinian BENEDICT), le bassiste à la longue barbe (longue à faire pâlir mon copain Steve*74).
Avant même d’entamer les paroles du très entraînant « Danger Danger », Dr. DEAD, de son vrai nom Felix HELDTZ se met tout de suite le public dans la poche en annonçant dans un bon français « Comment ça va, mes amis ? ». A peine installé, il fait déjà chanter le public. Tout bonnement incroyable ! C’est le seul qui ne porte pas de masque, à part des lentilles dans les yeux et une scarification sur le visage. Visuellement, c’est l’effet whaou !! Personnellement, j’adore.
Et musicalement, je ne vous en parle même pas. Si ? Bon d’accord. Musicalement, ça envoie du lourd et ça fait presque peur. Heureusement que Dr. DEAD, scientifique fou de DOMINUM, contrôle sa horde de jolis zombies, comme il le dit si bien, et qu’il nous fait chanter le refrain durant « Killed by Life ». En plus, il fait des efforts pour parler en français. « Bonsoir mes amis, vous allez bien ? Nous sommes DOMINUM. Est-ce que vous voulez écouter un peu… Heavy Metal ? ».

Les morceaux, devenus des classiques en deux petites années et deux albums, sont de sortie. « The Dead Don’t Die » suivi par « Patient Zero » fait la part belle au bassiste qui s’éclate au plus près du public.
Tout le long du set, nous sommes plongés dans un Power Metal moderne alliant humour et bonne ambiance avec des refrains qui se chantent à tue-tête. « Hey Living People », « Frankenstein », « One of Us »… Que vous dire de plus ?
« Ça fait six mois qu’on n’a pas joué, c’est comme si cela faisait six ans. », nous annonce le chanteur après une nouvelle ovation du public. Et on continue le démolissage en règle avec « Don’t Get Bitten by the Wrong Ones » que l’on voit sur les T-Shirt à 40 € l’unité (un peu trop élevé pour ma bourse).









Le côté théâtral à travers l’ambiance sombre version zombie fonctionne à merveille en Live. Le public est à fond derrière le groupe qui, cela se voit sur le visage de Dr DEAD, prend un plaisir fou sur scène. Un petit « Die for the Devil » et « The Guardians of the Night » plus tard, c’est carrément un inédit qui nous est donné en pâture ! « The Circus is in Town » de l’album « Night is Calling » devrait déjà être dans les bacs au moment où vous lirez ces lignes. « C’est un jumping song », annonce le chanteur. Et tout le public saute en cadence avec les musiciens.
Même pas le temps de recharger les batteries qu’il nous annonce un autre morceau sur lequel il faut encore sauter, « The Chosen Ones ». Je croyais que le Docteur et ses zombies étaient en mission pour changer le monde, mais ils veulent plutôt notre mort, là !
Ah, enfin un temps de répit avec « We All Taste the Same », une ballade où il faut sortir les smartphones. Dans la tombée de la nuit, l’effet est top.

« Can’t Kill a Dead Man » annonce la fin de l’intense show de DOMINUM. Fini ? Vraiment ? Non, on en veut encore de ce spectacle horrifique ! Les sifflets et les Ohoh du public font revenir le chanteur. D’abord tout seul sur « We are Forlorn » puis c’est le retour de la horde de zombies pour « You Spin me Round (Like a Record) » un cover du groupe DEAD OR ALIVE pour le plus grand malheur de mon copain Steve*74 qui aurait préféré la reprise des SCORPIONS. Ce sera pour la prochaine fois.
Et c’est sur « Immortalis Dominum » que la terreur prend fin.
Malheureusement, d’après le stand de merch’, les membres du groupe ne viendront pas saluer leurs fans. Il faut dire que le festival a pris un peu de retard et qu’il faut qu’ils ferment boutique. C’est donc avec un peu de regrets que nous retournons sur notre lieu de villégiature afin de nous reposer avant de revenir demain.

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