16, 17 et 18 juillet 2026 à St Julien en Genevois (Haute-Savoie)

Report et Photos : HI’ TWIST
Pour cette édition 2026 de Guitare en Scène, les troisième, quatrième et cinquième journées ont offert un condensé de ce que le festival sait faire de mieux : des shows de haut niveau avec des artistes rares. Bon, on a eu aussi des imprévus météorologiques. Heureusement qu’il y a toujours cette atmosphère unique qui mélange les passionnés, les bénévoles, les curieux et les fidèles du festival.
JOUR 3
STEEL PANTHERS (U.S.A.)

On entre immédiatement dans le bain avec le grand cirque STEEL PANTHER : bienvenue à Hollywood, ses excès, son humour potache et son show de danseuses de pole dance en tenues légères. Le concert démarre fort avec des morceaux de leurs débuts, notamment « Eyes of a Panther » et « Asian Hooker » issus de leur premier album « Feel the Steel » (2009). Ils alternent ensuite avec des titres de « Balls Out » (2011), dont « Tomorrow Night » et « Just Like Tiger Woods ».
C’est du grand guignol, certes, mais si on gratte un peu, on voit de vrais musiciens derrière la caricature. Leur fonds de commerce reste les filles, évidemment, et ils vont le prouver avec « Impromptu Song for a Girl » et « Girls from Oklahoma ».









Ils enchaînent ensuite sur « Ain’t Talkin’ ’Bout Love », ce morceau si puissant immortalisé par DAVID LEE ROTH et EDDIE VAN HALEN. Et là, surprise : Ryan ROXIE débarque sur scène. Ce guitariste, connu pour avoir travaillé avec ALICE COOPER et SLASH, reste pour le fameux « Crazy Train » d’OZZY OSBOURNE.
Tout au long du set, le groupe pioche largement dans ses vieux albums. Leur dernier disque date de 2023, mais ils restent fidèles à la recette qui a fait leur succès.
STEEL PANTHER finit le set avec en rappel « Community Property » et un titre réservé aux adultes : « Gloryhole ».
AIRBOURNE (Australie)

Le set d’AIRBOURNE démarre sur les chapeaux de roues avec « Gutsy », un titre qui figurera sur leur prochain album prévu début septembre. Ils jouent ensuite principalement des morceaux de « Black Dog Barking » (2013) – quatre titres – et de « No Guts No Glory » (2010) – trois titres. On découvre également deux chansons de leur futur album. Le reste des morceaux se partagent l’album « Runnin’ Wild » (deux titres), et « Breakin’ Outta Hell » (deux également).
AIRBOURNE reste fidèle à lui‑même. On se demande toujours comment Joel O’KEEFFE peut avoir une telle condition physique : il court d’un bout à l’autre de la scène pendant tout le concert. Autant dire que pour votre humble serviteur dans le pit photo, c’est un cauchemar pour le suivre.
Evidemment, on a droit au traditionnel cassage de canette sur la tête, à l’envoi de verres de bière pleins dans le public, à la ballade dans le public sur les épaules d’un de ses roadie.




Quand le rappel arrive, accompagné de la fameuse sirène d’alerte à la bombe actionnée à la main, je suis sur les rotules… mais pas le public !
AIRBOURNE termine avec « Ready to Rock », « Alive After Death (Last plane Out)» (du futur album), puis le fameux « Runnin’ Wild » où SATCHEL de STEEL PANTHER les rejoint sur scène. Joel joue avec lui, passant même entre ses jambes.
C’est la troisième fois qu’AIRBOURNE vient à Guitare en Scène. Je les avais vus au Summerside l’an dernier, et pour moi, le show de ce soir était encore meilleur. AIRBOURNE a mis le feu, laissant le public en ébullition.

INSPECTOR CLUZO (France)
Dommage, j’avais vraiment envie de les revoir. Du coup, grosse déception, même
Malheureusement, des trombes d’eau s’abattent sur le site. Malgré les palettes installées aux endroits stratégiques, le terrain est submergé. Pour des raisons de sécurité, le set d’INSPECTOR CLUZO est annulé.
Grosse déception, j’avais vraiment envie de les revoir. Heureusement que j’avais été dévaliser leur stand merch’ un peu plus tôt !
JOUR 4
JOHN BUTLER (U.S.A.)

Deuxième venue de l’Australien JOHN BUTLER au GES. Il utilise aussi bien la guitare acoustique que le banjo. Il commence avec « Going Solo » et « So Sorry », tirés de « Prism » (2025), à la guitare acoustique. Puis il bascule vers ce qu’il jouait avec le JOHN BUTLER TRIO, en endossant le banjo pour « Better Than, Better Man » et « Tahitian Blue ».
Ce qui frappe, c’est sa voix : elle est d’une douceur particulière, envoûtante. Quand il s’accompagne au banjo – quel toucher tout en douceur – le mélange de l’instrument et de sa voix devient presque hypnotique. On se croirait sur une plage, autour d’un feu, bercés par le son d’un musicien. Je m’égare… mais pas tant que ça.



C’est limpide, ça coule, et même si je préfère habituellement les sets plus agités, je me laisse totalement embarquer. John a vraiment son univers, renforcé par son look de babos – rappelons qu’il a commencé en jouant dans la rue.
Un très bon moment.
ROBBEN FORD (U.S.A.)

Depuis le temps que je voulais voir ce guitariste ! Le groupe est né en 1972, et l’heure de gloire de ROBBEN FORD remonte aux années 90. Pourtant, il est toujours là, après 28 albums.
Dès le début, il attaque avec son dernier album « Two Shades of Blue » (2026), avec deux titres intercalés avec le « Blues and MD » de MILES DAVIS. Avec son parcours impressionnant, on oublie qu’il a joué avec les plus grands : BOB DYLAN, MILES DAVIS…
Malgré son immense répertoire, il enchaîne deux morceaux de JEFF BECK à la suite : « Behind the Veil » et « Big Block ».
Ce que j’aime chez ROBBEN FORD, c’est qu’il a vraiment son style à lui. Il a un toucher de guitare vraiment fluide et on reconnaît tout de suite son style.



Il joue sur la scène village, en plein air, et le contact avec le public y est plus direct. Robben raconte des anecdotes sur sa vie passée, discute entre les morceaux. Il crée une ambiance presque intimiste. C’est vraiment sympa.
Comme on est en fin de soirée, il y a des gens qui viennent vraiment pour la musique et pour la découverte. Il y a aussi les bénévoles qui se relâchent un peu à cette heure déjà tardive. Les gens se mélangent et c’est la passion de la musique qui ressort. Je vois même le directeur du festival, Jacques FALDA, qui est là et qui profite de ce show.
Robben termine avec l’album qui a fait sa popularité, « Tiger Walk » (1997), et nous offre « Freedom » et « In the Beginning ».
Un vrai bon moment, parfait pour finir la journée en beauté.
JOUR 5
FRANCK CARDUCCI AND THE FANTASTIC SQUAD (France)

Pour ce dernier jour du festival, je m’étais vraiment réservé pour FRANCK CARDUCCI, car j’aime beaucoup ce groupe. Pour beaucoup, le temps fort de la journée a été This Is Michael avec Jennifer BATTEN, mais pas pour moi.
Le FRANCK CARDUCCI BAND, c’est toujours spectaculaire, mais ce soir, c’est le big show. Depuis 2021, le line‑up est stable – le groupe existe depuis 2019 – et cette longévité se ressent : la synergie sur scène est parfaite.
Le set débute avec « Alice’s Eerie Dream », du premier album « Oddity » de FRANCK CARDUCCI. Puis viennent « Torn Apart » et « Slave to Rock ’n’ Roll », Ce titre est maintenant devenu un vrai hymne de de groupe.
Franck n’oublie pas son dernier album « Sheeple ». Et rappelons-le : cocorico, FRANCK CARDUCCI est l’un des rares groupes français signés chez Cherry Red Records. Le groupe explose depuis quelques années, tourne régulièrement en Angleterre et rencontre un vrai succès aux Pays‑Bas. Franck a reçu la reconnaissance de STEVE HACKETT, et même les félicitations de STING après avoir assuré sa première partie au Printemps de Pérouges.





Franck a tellement un univers à part ! Ca change de tout ce qu’on a l’habitude de voir. Il nous fait traverser un conte. Il a son style à lui qui pique dans le Prog’, dans le Rock. En même temps avec leurs tenues, c’est vachement décalé. Il y a plein de références aux années 70 et ça plait. C’est un Ovni dans le paf.
Le duo qu’il forme avec MARY REYNAUD fonctionne à merveille. Mary est une artiste complète : elle danse, joue Alice avec intensité, s’empare de divers instruments – dont le thérémine. C’est d’ailleurs avec celui‑ci qu’elle nous interprète de sa voix claire « The Ecstasy of Gold » d’ENNIO MORRICONE. C’est fabuleux. Et que dire du morceau où elle revêt les ailes illuminées d’un papillon ? C’est magnifique. Encore une fois fabuleux.






Franck est très proche de ses musiciens. Avec sa basse, il donne la réplique à BARTH SKY, guitariste hors pair et showman incroyable. Et puis il y a Léa à la batterie, toujours le sourire aux lèvres, irradiant la joie de jouer.
FRANCK CARDUCCI et sa FANTASTIC SQUAD terminent avec « Brief Tale of Time » puis « Artificial Paradises ». Après ce déluge de Rock, ils jouent « Eclipse », reprise de PINK FLOYD, groupe cher à Franck.
Ca sent la fin. Ils quittent la scène, puis reviennent pour un rappel avec « On the Road to Nowhere ». C’est un passage obligé maintenant. Tous les musiciens se mettent en ligne sur le devant de la scène et ils chantent ensemble le morceau a capella. C’est une sacrée communion avec le public et nous sommes un certain nombre à avoir les poils qui se dressent sur les bras.

EN CONCLUSION
Ces trois derniers jours de l’édition 2026 de Guitare en Scène nous ont offert un concentré d’émotions, de virtuosité, de folie et de poésie. Entre les shows déjantés et les performances intimistes, le festival a une fois de plus montré pourquoi il reste l’un des rendez‑vous les plus courus par les amoureux de la guitare.
On repart lessivés mais heureux.
Guitare en Scène, c’est ça : une expérience, un lieu où la passion circule entre les scènes pour le plus grand bonheur de tous. Vivement l’édition 2027 !
