HARDLINE au Rock n’Eat

Comme il paraît que quand on aime, on ne compte pas, je n’hésite pas à faire des kilomètres pour aller à un concert, malgré le coup un peu exorbitant du carburant en ce moment. D’où l’idée de faire du covoiturage pour aller au Rock n’Eat de Lyon. Outre mon binôme habituel, nous passons prendre un copain sur la route et go, direction la Capitale des gônes pour aller assister à un show qui devrait être phénoménal. En effet, nous allons voir le légendaire groupe de Hard Rock américano-italien HARDLINE et les Bulgares de SEVI.

Partis pas trop tard pour éviter de tomber dans les fameux bouchons lyonnais (non, non, pas les restos !) et sous le soleil s’il vous plaît, nous arrivons sur place malgré quelques retards sur la route. En entrant dans l’antre de la bête, je me dirige vers les stands de merch’. Après avoir salué Julien, le chanteur d’AMON SETHIS, qui s’occupe du merch’ de HARDLINE, je découvre, ô surprise, qu’il y a un autre groupe qui s’est invité à la soirée, les copains de REVENGE ORIGINS. Une bonne soirée en perspective !

Allez, il est temps de commencer, direction la scène. Il est 20h05 lorsque nos copains lyonnais de REVENGE ORIGINS montent sur la petite scène du Rock n’Eat. Au vu du nombre de fans devant les planches, le groupe semble attendu et n’attend pas la tombée de la pluie pour attaquer avec l’excellent « Dont Trust the Nightmare ».

Tiens ? Il me semble qu’ils ont encore changé de line up par rapport à la dernière fois où je les avais vus en première partie de RIOT V. Je reconnais, une fois de plus, Valentin, le batteur de SPIRIT WAR, Thierry, le guitariste d’origine avec Philippe le chanteur, lui aussi d’origine, mais pour moi, le bassiste et le second guitariste ne me sont pas connus. Renseignements pris, il s’agit de Fabien BONNARDEL, qui joue en kilt, et du jeune Théo REY dont c’est le premier concert avec le groupe.

La nouvelle formule tient bien la scène et bouge bien tout en prenant un plaisir sans fin. Les morceaux sont sympas et nous avons même droit à des inédits tels que “Dance in the Fire”, un très bon morceau et “Crazy Crush”, un titre qui sent bon les années 80.

Phil, le chanteur, est très motivé et j’apprécie vraiment le set des Lyonnais qui mettent littéralement le feu au Rock n’Eat. Une cinquantaine de minutes plus tard et c’est déjà la fin et le groupe fait sa photo finish avec le public.

Place maintenant au groupe bulgare SEVI. Outre Svetlana « Sevi » BLIZNAKOVA, la chanteuse, c’est Alexy KHOURY du groupe anglais LOKUST qui remplace Ivo GALABOV (qui n’a pas pu faire la tournée) à la guitare, Rally VELINOV à la basse (depuis 2010) et Nick NIKOLAEV, le dernier membre arrivé (il y a deux ans maintenant) à la batterie.

SEVI, le groupe, est l’auteur de quatre albums depuis ses débuts. Je les avais découvert avec leur album de 2019 « Follow Me ». Quatre ans plus tard, j’ai accroché sur le suivant et dernier en date, « Genesis ». Je suis trop content de les voir enfin en live.

J’ai à peine le temps de me remettre de mes émotions que SEVI, le groupe, monte sur les planches. D’abord les musiciens puis c’est au tour de Sevi, la chanteuse qui, à peine avoir posé les pieds sur scène, fait déjà taper les spectateurs dans les mains pour « Ghosts ».

« Bonsoir Lyon ! Nous sommes SEVI ! », dit la chanteuse en français avant de continuer sur « Am I Alive ? ». Un peu atmosphérique par moments, la musique du groupe est intéressante et très agréable à écouter d’autant plus que Sevi, la chanteuse, est hyper énergique et arbore un large sourire qui ne la quitte jamais.

Avant même d’entamer « The Art of War » sur lequel la chanteuse présente le groupe, elle nous invite à les retrouver à leur stand merch’ après le show. Une fois « Unreality » plié, on passe au dernier single « Vampire Love » datant de décembre dernier. Le titre fait son petit effet dans le Rock n’Eat avec son côté sombre et envoûtant.

Sevi, armée d’un bouclier aux couleurs de son groupe greffé sur son pied de micro, enchaîne les titres : « The Spell » avec son « Wake Up » répétitif qui sonne comme un cri de ralliement, puis la superbe balade « Higher Than the Stars » qui voit revenir Sevi et Nick qui avaient disparu pour la fin du morceau précédent.

La chanteuse nous présente les musiciens qui l’accompagne puis au moment de passer à Alexy elle nous annonce : « Il parle français ! ». « Dis quelque chose » et le guitariste s’exécute « M***e », dit il. « Dis autre chose », reprend la chanteuse. « Putain de m***e », conclut le guitariste en faisant rire toute la salle.

Sevi a une voix puissante et mélodique et n’hésite pas à remercier les fans en français avec des « Merci » voire des « Merci beaucoup » à chaque fin de morceau. Le public qui ne connaît guère le groupe semble ravi de leur prestation, et les fans sont enchantés.

Rally fait mugir sa basse pendant qu’Alexy – qui connaît tous les titres – fait frissonner les spectateurs sous les frappes puissantes de Nick qui en fait tomber une cymbale. Pas de discours inutiles, SEVI laisse parler la musique et on ne voit pas le temps passer.

Après l’agressif « Don’t Hesitate », tiré de leur second album, Alexy interpelle le public en français, alors que la chanteuse est sortie de scène : « Lyon, vous passez un bon moment ? Il fait chaud ou pas assez chaud ? Il faut bouger un peu plus ! ». Tiens ? Il sait dire autre chose que les mots précédents ? Et en plus, il n’a quasiment pas d’accent. Trop fort.

C’est bientôt la fin du set et le groupe continue de nous rentrer dans le lard avec « To Hell and Back », un titre écrit en collaboration avec Jen MAJURA d’EVANESCENCE. Ce titre est vraiment impressionnant en Live.

Pour « World That doesn’t Fit », Svetlana seule sur scène commence à chanter sur des samples puis arrive Alexy et Rally pour continuer le morceau toujours sous les coups surpuissants de Nick. C’est sur cette balade énergique que se termine le set de SEVI. Vraiment un superbe morceau.

Il est 21h40 et l’impatience commence à monter dans le public. HARDLINE est un oiseau plus que rare dans nos contrées. C’est donc un impératif de ne pas rater cette prestation. Donc on ne bouge pas. Vidange et hydratation viendront plus tard. Le groupe légendaire de Hard Rock américano-italien a sorti son nouvel album « Shout » le 17 avril et vient le défendre sur scène pour seulement deux dates en France, à Lyon ce soir, et à Marseille le lendemain sans passer par Paris. Autant dire que nous avons de la chance.

HARDLINE, dirigé par le chanteur américain Johnny GIOELI (AXEL RUDI PELL, CRUSH 40, et d’autres collaborations au fil des ans – 108 d’après lui), a été créé en 1991. Il a changé plusieurs fois de line up avant de se stabiliser il y a quatre ans avec l’arrivée du guitariste italien Luca PRINCIOTTA. Ses camarades, Italiens eux-aussi, tournent avec le chanteur depuis un peu plus longtemps. On a ainsi la bassiste Anna PORTALUPI et le claviériste ALESSANDRO DEL VECCHIO – présent depuis la troisième re-formation du groupe – et le batteur Marco DI SALVIA (EDGE OF FOREVER) qui, lui, est arrivé en 2018. Celui-ci montre qu’il a de l’humour, il porte un T-Shirt « I hate fuckin drummer ».

L’installation des instruments des musiciens, ainsi que les balances durent une vingtaine de minutes puis c’est le début d’une intro. Marco s’installe derrière ses fûts, Alessandro derrière son clavier en fond de scène, Luca et Anna derrière leurs cordes. Tel un taureau en furie, déboule tambour battant un Johnny tout sourire. Il attaque par un « Shout » de folie, tiré du tout dernier album.

« Hello everybody », annonce le chanteur avant de continuer sur un « Rise Up » tiré lui aussi du nouvel album et interprété avec toujours autant de passion. L’énergie déployée par le groupe est phénoménale, et le public répond bien, il est déjà à fond dès le second titre.

Le son n’est pas très mauvais, j’ai connu pire, mais les lumières ne se sont toujours pas arrangées. Il va falloir faire avec. On passe maintenant à un vieux morceau de 1992, « Dr. Love ». Luca et Anna jouent dos à dos pendant que Johnny arpente la scène sous les frappes monstrueuses de Marco et les nappes d’Alessandro qui fait tous les chœurs.

Et on continue avec « Bad Taste », toujours tiré de l’album « Double Eclipse ». Alors que sur albums je suis un peu réticent sur la voix de Johnny qui à force d’écoutes à tendance à m’irriter un tout petit peu les oreilles, sur scène, ça passe nickel. Son énergie est communicative et il ne cache pas son plaisir à se retrouver sur scène.

Et le voilà qui présente les musiciens qui l’accompagnent en commençant par le guitariste Luca puis Marco derrière ses fûts, et son frère Alessandro aux claviers. Tous Italiens, dit-il. Puis, il présente Anna une Américaine, « Enfin non », corrige t’il, « Elle s’appelle Anna PORTALUPI et vient d’Italie et aujourd’hui, c’est son anniversaire !». Le public se met à chanter « Joyeux anniversaire, Anna ». « Elle va offrir un coup à boire à tout le monde.», nous dit Johnny. « Johnny ? Ce n’est pas son anniversaire… », rétorque Alessandro sous le regard hilare de la bassiste. « Ah bon ? Mince, on ne va pas pouvoir boire un coup ?! ». Et toute la salle se marre.

Alessandro nous explique qu’il a appris à parler français à l’école et nous parle du nouvel album juste avant la première reprise de la soirée « When You Came into my Life », un titre de SCORPIONS. Le set se déroule comme sur des roulettes et les morceaux défilent. « Everything », « Danger Zone » qui commence par les vocalises de Johnny sur les superbes nappes de clavier d’Alessandro, « Life’s a Bitch » où Johnny, toujours aussi motivé, fait reprendre le refrain à la salle entière, « In the Hands of Time ».

C’est complètement dingue. Il y a une harmonie palpable entre le public et le groupe. HARDLINE ne cherche pas à réinventer sa musique. HARDLINE, c’est HARDLINE et ses fans savent à quoi s’attendre de leur part !

Après que tout le monde ait pu montrer ses talents, c’est au tour d’Alessandro de faire preuve de dextérité avec l’instrumental « 31-91 ». Seul sur scène, il nous sort des superbes mélodies durant lesquelles il me semble avoir reconnu le générique du film « Jeux interdits » et même du vieux dessin animé « Il était une fois l’homme ».

Voici le moment tant attendu des fans avec l’incontournable hit « Hot Cherie » un titre de STREETHEART qui avait été interprété pour la première fois par Danny SPANOS en 1983 avant que HARDLINE n’en fasse un succès phénoménal. Pour se faire, Johnny nous annonce une surprise en faisant venir sur scène son neveu de 20 ans, qui s’avère être un excellent musicien, pendant que Luca s’installe au pied de la scène en regardant les prouesses du jeune guitariste.

Le morceau terminé, Luca revient et nous voilà de repartis en 1992 avec « Rhythm from a Red Car ». Mais quel titre ! Enchaîné avec le précédent, c’est une véritable tuerie et le public est rincé.

« Thanks you everybody for being here tonight », nous dit Johnny hyper content du retour des fans qui hurlent comme des fous. « Ok, Ok », nous dit Johnny « Hold on. Vous savez ce qu’il se passe d’habitude », continue t’il, « on quitte la scène et on revient mais ce soir on ne va pas le faire. Si vous voulez un titre supplémentaire, vous devez crier », dit Alessandro en français. « Pour deux, vous devez crier encore plus fort ». Et c’est évidemment le cas.

C’est avec deux uppercuts « Takin’ me Down », toujours tiré du phénomène « Double Eclipse » et « Fever Dreams » datant de 2012 qui met en valeur la puissante voix de Johnny, que se termine ce set. Petit retour au stand merch’ ou Sevi, la chanteuse, est là pour discuter tranquillement avec ses nouveaux fans et prendre des photos avec ceux qui le veulent, pendant qu’Alexy discute dans un français quasi parfait (je vous rappelle qu’il est Anglais) avec d’autres.

Alors que nous repartons retrouver nos pénates, nous croisons Alessandro DEL VECCHIO qui déambule dans le Rock n’Eat. Il n’hésite pas à discuter avec nous et prend plaisir à se faire prendre en photo avec ses fans. Alors que je venais essentiellement pour SEVI, j’ai été largement conquis par HARDLINE et je pense avoir vécu un grand moment de Hard Rock mélodique.

BANDEAU WTR MAG FIN D ARTICLE https://wtrmag.com/