Lundi 27 avril à Barberaz (Savoie)

Report : Cédric LeMAGIC – Photos : Bérénice FLECHARD
Normalement, un lundi soir, c’est plaid–canapé–déprime mais pas cette fois. Le BDZ a décidé de nous botter le cul pour lancer la semaine. Soirée Thrash Metal au Brin de Zinc avec les Grecs de SUICIDAL ANGELS et les Québécois de WARSENAL.
Quand j’arrive, la salle est déjà à moitié pleine ce qui, pour un lundi, est presque un miracle.

WARSENAL est un trio de Thrash Old School formé en 2012 (au Québec). Il est connu pour son style nerveux, ses riffs frénétiques et son énergie en Live. Si tu aimes RAZOR et EXCITER, on est dans la même came. Ils ont sorti 3 albums (« Barn Burner » en 2015, « Feast Your Eyes » en 2019 et récemment » Endless Beginnings ») et une démo. On a Mathieu RONDEAU à la guitare et au chant, Jeffrey MILLAIRE à la basse et Vincent CARON à la Batterie.
D’entrée de jeu, après le premier morceau, ils nous demandent : « Est-ce que ça vous dérange si on joue plus vite et plus fort ? ». Frérot, on est là pour ça ! Evidemment, tout le monde hurle et c’est reparti en vitesse sur-vitaminée. C’est rapide, technique, ça arrache tout. Les tempos sont stratosphériques, le chant clair mais agressif, et l’énergie live est monstrueuse. Ça rappelle le Speed Metal de la fin des 80, mais avec un moteur moderne. Bref : claque immédiate.









Ca bouge bien sur scène. Ils sont contents d’être là et de nous voir si nombreux, et ils le disent !
Mathieu – dont la chevelure ferait pâlir plus d’une influenceuse – enchaîne riffs simples ou complexes avec une aisance déconcertante. Par moments, je retrouve un petit parfum VOIVOD dans son jeu. C’est sincère et passionné. Malgré leur goût pour la vitesse, les morceaux de WARSENAL ne tombent jamais dans le Thrash répétitif : c’est écrit intelligemment, ça respire la passion. Ils ne révolutionnent pas le genre, mais franchement, j’achète.
Leur set d’une heure passe comme un shot de tequila : tu ne sais pas ce qui t’es arrivé, mais tu es heureux.

C’est maintenant au tour de SUICIDAL ANGELS. C’est un groupe grec qui fait lui-aussi du Thrash Metal mais là on va plus du côté SLAYER. Fondé en 2001, le groupe a une discographie solide et leur dernier album « Profane Prayer « date (déjà !) de 2024. Pour le line-up, on a Nick MELISSOURGOS au chant et à la guitare, Gus DRAX à la deuxième guitare, Aggelos LELIKAKIS à la basse et Orfeas TZORTZOPOULOS à la batterie
Et d’entrée, je reprends une claque. Pour annoncer leur arrivée, on a droit à « Jaws », la musique des « Dents de la mer ». Ca plante le paysage. Ca va être un carnage… au bon sens du terme. Je suis à donf’.
SUICIDAL ANGELS, c’est une valeur sûre. On sent l’assurance des vétérans, la filiation assumée avec le Thrash 80–90, et surtout l’ombre de SLAYER qui plane sur chaque riff.

Nick attrape le micro et nous balance : “Tonight, we bring you Thrash Metal ». Bon, c’est une évidence, mais on valide. Et il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Ce n’est que le début car ça va déménager de bout en bout du concert. « Bloodbath » arrive au bout de quelques morceaux et ce titre met tout le monde d’accord Alors, c’est plus lourd que WARSENAL mais tout aussi agressif.
Les SUICIDAL ANGELS sont eux-aussi sont contents de nous voir si nombreux un lundi (ils s’attendaient visiblement à la soirée de la loose) et du coup ils nous délivrent un super set. Les morceaux s’enchaînent à la vitesse de la lumière. Ils vont nous faire pas moins de 13 titres (13 baffes) quand même !







Dans la salle, ca brasse pas mal – forcément – mais je m’en fous, je me suis réfugié vers le bar. Le public est bien mélangé, je retrouve pas mal de vieux potes qui ont assisté à la naissance du Thrash mais il y a aussi pas mal de plus jeunes qui ont découvert ce style avec le revival Thrash de cette année.
Le set est ultra pro, carré, violent, efficace et la présence scénique des membres du groupe est puissante. Le concert est bien soutenu par des lights bien cool et un son terrible. Leur Thrash sans compromis me cueille complètement.
Quand arrive « Apokathilosis » qui laisse le BDZ exsangue, je pense que c’est la fin, mais non. Ce groupe, c’est une véritable machine de guerre !

Après « Capital of War », ils balancent un cover improbable mais jouissif : « Sharp Dressed Man » de ZZ TOP et c’est fini. Les SUICIDAL ANGELS quittent la scène après 1h20 d’un set qui me donne l’impression d’être passé sous un rouleau compresseur.
Ce soir, on a eu 2 visions du Thrash, deux écoles, deux énergies différentes et le Brin de Zinc a tout pris en pleine face. Les Québécois ont mis le feu, les Grecs ont tout rasé derrière. Une soirée qui rappelle pourquoi des salles comme le Brin de Zinc sont le cœur battant de la scène Metal.
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