WEIRD BLOOM au Brin de Zinc

Le dimanche soir, normalement, on aime bien rester tranquille pépère en vue de la semaine qui va reprendre mais là, non, je vais passer la soirée dans mon antre favori, le Brin de Zinc pour assister au concert de WEIRD BLOOM, l’un des groupes les plus intéressants de la scène romaine. Ce qui m’attire, c’est qu’ils font un Glam Rock mâtiné de Psyché comme on n’en fait plus. J’ai écouté et adoré l’énergie de leur album « Stargate ». J’apprends aujourd’hui qu’ils viennent tout juste de sortir un autre album et j’espère bien le trouver sur leur stand après le concert. Bref, je suis un tantinet impatient de les voir en Live.

20h15 tapantes, les cinq Italiens montent sur la scène du Brin de Zinc comme si c’était le Transbordeur. Ca attaque direct, avec « Stargate » et « Young Men », les morceaux idéaux pour présenter ce qu’est le son du groupe.

WEIRD BLOOM, c’est trois albums au compteur et un amour total pour le Glam Rock pur jus. Sur scène, on a : un guitariste qui a un jeu un peu à la Mick RONSON de THE SPIDERS FROM MARS (le groupe qui accompagnait David BOWIE), un second gratteux en kimono japonais, plus rythmique mais capable de sortir des solos bien sympas, un bassiste qui groove comme s’il jouait pour le SLADE de la grande époque, un chanteur ayant une voix entre celle de Noddy HOLDER de SLADE et celle du frontman de MUD, et un batteur… Bon sang, ce mec me fait penser à quelqu’un… Mais oui, à Carmine APPICE et je me souviens que je l’ai déjà vu, ici même, en solo, en première partie d’ELECTRIC CITIZEN !

Le groupe, en tenues mi-bariolées, mi-cuir et chaînes (un look impeccable, ma foi), dégage toute l’attitude qu’on attend d’un groupe de Glam Rock des années 70. L’énergie est là et bien là et même devant un public clairsemé, ils jouent comme si la salle était pleine à craquer. Les compos défilent, toutes plus efficaces les unes que les autres. Pas une reprise, que du WEIRD BLOOM. Ca sonne, c’est glam, ils sont dans l’esprit de T-REX, de SLADE et de MUD mais ça ne tombe jamais dans la copie.

Les musiciens nous collent des harmonies bien pensées et la batterie d’Adriano BARTOCCINI cavale comme un bus lancé sans freins dans une descente. Les guitares m’emmènent dans une onde de choc magique. Et là‑dessus, Luca nous balance des mélodies psyché, un peu hippies, comme s’il nous lançait à la figure : “On est en 70 et on s’en fout”. C’est entraînant, c’est joyeux et c’est techniquement irréprochable en plus.

A un moment, je baisse la tête pour envoyer un message à un pote : “Ramène-toi, c’est énorme !”. Je relève le nez… et je manque de me prendre un coup de manche de guitare en pleine poire. Le Glam, c’est dangereux !

Le batteur lance un morceau « The Devil On The Hill » qui démarre comme du SWEET. J’y ai cru, mais non : encore une compo maison. Et franchement, ça tient la route.

Milieu de set, arrive le moment “mais pourquoi on a une scène ?” : Luca DI CATALDO, le chanteur descend dans la salle, grimpe sur le bar et continue de chanter comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Le guitariste le suit (lui reste au sol), puis le bassiste. Le public se marre, se pousse du coude, danse. Le BDZ devient un haut lieu du Glam Rock.

On a droit à « Wrong Time, Wrong Place », titre éponyme de leur nouvel album sorti il y a 4 jours. Ce titre me fait rudement penser à MUD et à TIGER FEET.

Ils remontent ensuite sur scène, souriants, complètement habités. On n’est pas nombreux, mais tout le monde danse, tout le monde chante, tout le monde vit le truc à fond. Juste avant le rappel, les Italiens nous font « Look at me », un morceau qui sonne très BOLAN et qui est loin de calmer les choses.

Les WEIRD BLOOM nous offre 1h15 de show, 1h15 de Glam Rock pur, sincère, généreux, 1h15 où le Brin de Zinc s’est transformé en machine à remonter le temps. Après le concert, on se retrouve au merch’, on discute, on trinque. Les mecs sont adorables, accessibles, heureux d’être là malgré la petite affluence. WEIRD BLOOM aurait mérité une salle pleine. Nous, on a juste eu la chance d’être là.

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