Lundi 08 juin 2026 à Barberaz (Savoie)

Report : Cédric LeMAGIC – Photos : Guillaume Dutilleul
La salle est déjà bien pleine quand je passe la porte du Brin de Zinc. Rien de surprenant : les Canadiens de BYWATER CALL connaissent la maison : troisième passage ce soir. Et ils ne font pas les choses à moitié avec deux dates d’affilée. Autant dire que ça sent l’impatience dans cette salle que j’aime toujours autant.
Les lumières s’éteignent. Quelques applaudissements fusent. Le groupe monte sur scène. Pas d’entrée théâtrale, pas d’effet inutile, juste une présence immédiate. Et là, direct, tu le sens : ça va être un de ces concerts qui restent gravés dans ta mémoire.

Premières notes. Ça accroche sans prévenir.
Sur la petite scène du Brin de Zinc, c’est carrément un embouteillage : clavier (Andrew MOLIGUN), guitare (Dave BARNES), basse (Mike MEUSEL), sax (Julian NALLI), trompette (Stephen DYTE), batterie (Bruce McCARTHY) et au centre, elle, Meghan PARNELL. Sept sur scène. Serrés comme jamais, mais chacun trouve sa place. Et surtout, ça tourne.
Le son pulse. Le public se tait, écoute. Puis doucement, la température monte. Le groove s’installe et embarque tout le monde sans forcer.



Meghan mélange Blues, Soul et Rhythm’ & Blues avec des pointes funky qui viennent pimenter l’ensemble. Sa voix ? Un grand écart permanent entre rugosité et envolées plus aigües. Derrière, les cuivres et le clavier apportent une vraie couleur New Orleans. Ce qui frappe chez BYWATER CALL, c’est ce mélange : ultra travaillé mais jamais figé. C’est roots, c’est puissant. En plus, la section rythmique est en béton armé et porte tout ça.
Les applaudissements restent sages… mais ça ne va pas durer. Le groove s’infiltre partout.
Meghan, c’est le phare. Pas étonnant qu’elle soit citée parmi les grandes voix actuelles du Blues et de la Soul. Elle navigue entre ballades habitées et morceaux qui cognent. Et en Live, ça fait mouche à chaque fois.

Moment étrange : Dave change de guitare. Il sort un Ovni, juste un manche et un contour. Sérieux. Pendant ce temps, Meghan chauffe la salle avec des “ohohoh” repris en chœur par un public qui joue le jeu.
Et là, coup de fil du rédac’ chef : « T’es au Brin de Zinc ? Euh… y’a un souci. C’est pas le bon jour. ». Ah. Bon… Disons que j’anticipe. Cerise sur le gâteau, le photographe s’est planté lui-aussi. Trop pressé de voir le groupe. On est beau, tiens !
Retour au concert. Meghan lance un : « Ça va bien ? ». « Yeah ! », répond la salle. « Formidable. », lance-t-elle. Sobre. Pas de blabla inutile.




La machine tourne toujours. Solo de basse, Mike prend l’espace pendant que Meghan se pousse. Puis guitare, puis batterie et clavier qui viennent épaissir le tout. Le public tape dans les mains. Ça roule.
Ce soir, la couleur New Orleans est très marquée. Plus que dans leurs passages précédents. C’est toujours solide, même si, perso, musicalement ça me parle un peu moins. Mais une chose est sûre : ce groupe est sincère du début à la fin.
Et Meghan… impossible de décrocher. A quelques mètres d’elle, je prends tout en pleine face. Chaque mot, chaque nuance. Par moments, j’en oublie presque le reste du groupe.




Petit switch : le trompettiste attrape une guitare pour un morceau. Rien n’est figé chez les BYWATER CALL.
Final avec “Everybody Knows”. Avant ça, Meghan balance : « On rejoue ici demain. Venez, on ne fera pas les mêmes morceaux. »
Évidemment, j’y suis retourné.
Et comme promis, le set a été complètement différent. Il n’y a eu que trois chansons en commun avec le set d’aujourd’hui. Et, pour mon plus grand bonheur, ca a sonné bien plus axé sur la guitare, plus électrique et plus Blues.
Au final ? Deux soirées qui font du bien. Pas une redite de CD sans âme mais du vrai Live.
Merci Thomas de continuer à programmer des groupes de cette qualité au Brin de Zinc ! A la revoyure, les potos !

