EVOLFO au Brin de Zinc

En avril 2026, EVOLFO (des petits gars de Brooklyn) ont dévoilé leur album « Of Love », sorti sur leur propre label Food of Love. Une tournée américaine au printemps, puis une virée européenne avec des haltes en Allemagne, en Espagne et en France… et forcément, un passage par le Brin de Zinc, ce temple du rock underground où les groupes viennent chercher la magie de la proximité.

Ce soir, le concert est même retransmis en direct sur Radio Alto, la radio des Bauges (94.8 FM). Malgré ça, la salle n’est remplie qu’à un quart – mais bon, on est en plein été et il fait chaud. Plus un temps à aller au bord d’un lac qu’en concert, quoi.

Sur scène, c’est un vrai jeu de Tetris : ils sont sept. Ben ADAMS (guitare, synthé, chant), Matt GIBBS (guitare, chant), Rafferty SWINK (claviers, chant), Kai SORENSEN (trompette, chœurs), Jared YEE (saxophone), Ronnie LANZILOTTA (basse) et Dave PALAZOLA (batterie). Autant dire que la scène du BDZ n’a jamais paru aussi petite.

EVOLFO fait partie de ces groupes impossibles à ranger dans une case. A leurs débuts, on les a collés dans la catégorie Garage Rock avec « Last of the Acid Cowboys » (2017). Pas faux, mais tellement réducteur. Deux albums plus tard, leur univers est devenu un mélange mouvant de Rock Psyché, Garage, Soul, Pop, Glam… bref, un joyeux bazar parfaitement assumé.

On raconte que Rafferty SWINK et Matt GIBBS composaient la majorité des morceaux au début, mais que le groupe fonctionne désormais en création collective, ce qui explique cette cohésion et cette identité sonore si particulière.

Les deux premiers titres de la soirée sont franchement Rock, portés par les deux guitares. Puis arrive « Silver Dog », plus expérimental, trituré, enrichi par le sax et les claviers. Ben et Matt chantent ensemble, leurs voix se mêlent avec une belle évidence.

« City Mind » démarre pied au plancher, toujours aussi inclassable. EVOLFO a clairement son propre langage musical.

Puis vient « Anywhere but Here », jazzy-funky, où Matt et Ben se partagent encore le chant. Le morceau suivant commence à la batterie et finit dans une ambiance Glam inattendue.

Petit moment échange avec le public : « Merci beaucoup », lance Matt, avant d’ajouter dans un français approximatif mais adorable : « Beautiful town… et… l’hospitalité… du Brin de Zinc ».

Le titre suivant démarre au sax et évoque immédiatement « Pin-Ups » de BOWIE (1973). Les effets de synthé ajoutent une belle couleur, le solo de sax dérape vers le Psyché, et la cohésion du groupe saute aux yeux : personne ne tire la couverture à lui, tout le monde joue pour l’ensemble.

On enchaîne sur un morceau plus Pop, porté par une seule guitare. Le chanteur danse comme un possédé.

Changement d’ambiance : claviers en avant, grosse voix… on croit à un virage musclé, mais non, c’est un morceau plus doux, presque planant… jusqu’au déluge final de guitares, quelque part entre PINK FLOYD et GENESIS.

A ce stade, j’ai perdu le fil des titres : ça part dans tous les sens, mais toujours avec intention. A un moment, le guitariste s’accroupit, suivi du bassiste et du claviériste, tandis que le batteur continue imperturbable. Le clavier présente le morceau, et ils enchaînent sur un titre Pop/Variétés complètement délirant.

Puis vient un morceau digne d’un film de TARANTINO, suivi d’un titre très seventies où le claviériste prend le chant. Le bassiste s’approche pour chanter lui aussi, rejoint par le guitariste. Et voilà que ce dernier finit à genoux pour jouer. Chez EVOLFO, ça bouge, ça vit, et c’est un joyeux bordel – parfaitement orchestré.

Le rappel arrive. On a droit à un morceau très STONES / BLUES BROTHERS, avec une reprise de « Zig Zag Wanderer » de CAPTIAN BEEFHEART, puis le final avec « Lotac », tiré de leur premier album « Last of the Acid Cowboys ».

En résumé, : un concert déjanté et imprévisible comme seul le Brin de Zinc sait en accueillir. Et comme toujours, tout le monde finit dehors à discuter avec les musiciens. La convivialité du BDZ, c’est aussi ça : la musique ne s’arrête jamais à la dernière note.

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