Jeudi 27 août 2026 à Lausanne (Suisse)

D’habitude, en cette fin de mois d’août, je suis en vacances loin de chez moi. Cette année, étant resté à la maison, j’en profite pour faire les concerts que je ne peux pas faire d’habitude dans un rayon proche de mon lieu de résidence.
Aussi, lorsque mon copain Steve*74 m’a proposé la date de WOLFMOTHER aux Docks de Lausanne, ni une ni deux, j’ai dit : « banco » !
Report SEB 747 – Photos prises de la foule : STEVE*74
Nous partons en fin d’après-midi pour Lausanne et passons prendre un copain sur la route. Plus il y a de fous… vous connaissez la suite. Arrivés un peu en avance, nous trouvons une place pour nous garer pas trop loin – ce qui m’arrange bien – et attendons à l’extérieur. Nous papotons en attendant l’ouverture. Nous nous dirigeons ensuite dans l’antre et là, nous nous rendons compte qu’il n’y a pas grand monde pour l’instant. Du coup, on profite de l’ouverture du balcon pour nous asseoir en attendant le début du concert.
Au fur et à mesure de nos discussions, il y a de plus en plus de monde. C’est que ça pourrait être blindé maintenant ! Et effectivement, en redescendant du balcon, je constate que c’est bien plein. Nous nous plaçons tranquillement devant la scène et attendons la première partie, assurée par le groupe lausannois HEY SATAN.

Il est 20h28 et quelques secondes lorsqu’une musique de mariachis retentit dans les Docks.
Le trio de HEY SATAN, composé de François à la guitare, de Ian à la basse et de Frank à la batterie, arrive sur scène pour nous jouer du bon Hard Rock comme savent le faire les Suisses, sur une base moderne, un peu Grunge, un peu Stoner, teintée de Desert Rock. C’est étrange, mais le nom me dit quelque chose… Je pense les avoir déjà vus, mais pas avec le même bassiste… Mais oui, c’était il y a presque dix ans à l’Usine de Genève, en première partie de FU MANCHU ! Comme nous, ils ont pris de l’âge, mais ils n’ont rien perdu de leur vigueur.
François, au chant éraillé, coupe à ras presque militaire (tout comme Frank), se démène comme un beau diable. Le batteur frappe toujours aussi fort derrière sa batterie minime, et Ian, les cheveux sur les yeux, fait vrombir sa basse.
Dès le second titre, François fait crier sa guitare avant de faire face à son bassiste. L’énergie est bien là mais me semble un peu faible. Dans le public, quelques têtes headbanguent mais, pour le moment, il est très sage et écoute gentiment. Il y a dix ans, j’avais aimé l’audace déployée ; aujourd’hui, je suis plus dubitatif.
J’aime bien, c’est assez cool à écouter, musicalement c’est très intéressant et vocalement ça passe bien. Certains morceaux sont un peu plus agressifs et m’attirent l’oreille, cependant, au bout d’un moment, je trouve ça un peu trop linéaire, un peu trop bien joué. Il me manque un petit grain de folie pour l’instant. « Merci à WOLFMOTHER pour une soirée comme ça. Il nous reste deux morceaux, après on se voit au merch’. Hein Frank ? », nous dit le guitariste-chanteur. « Celle-ci s’appelle… je sais plus, mais elle va sortir sur notre nouvel album qui va sortir bientôt ». A partir de cet instant, le public s’excite un peu plus et l’on voit poindre deux-trois pogos. Le groupe se lâche davantage et cela se ressent. « On s’appelle HEY SATAN, de Lausanne. Merci d’être venus. »
Et enfin, je retrouve ce que j’avais apprécié dix ans en arrière : ce petit grain de folie qui me fait apprécier la musique de HEY SATAN. François se lâche complètement et descend de scène pour aller jouer au plus près du public avant de remonter pour finir le morceau. Trente minutes de set, c’est peut-être un peu court, mais ça a le mérite de faire le nécessaire avant le début de WOLFMOTHER.

Pas le temps de boire un coup ou de grignoter si on ne veut pas perdre notre place pas trop loin de la scène, même si à mon avis, on aurait pu la retrouver en jouant un peu des coudes. Je préfère ne pas tenter le coup par respect pour les spectateurs qui étaient là avant moi.
Il est 21h30 lorsque le générique de la série TV des années 80, « Magnum », retentit dans les enceintes des Docks. James WASSENAAR, le bassiste australien, de retour en tournée depuis l’an dernier après une petite pause, Christian CONDON, le batteur du groupe depuis trois ans, et Andrew STOCKDALE, le meneur et seul membre originel de la bête australienne, arrivent sur les planches.
WOLFMOTHER, c’est la puissance des 70’s remise au goût du jour, le crochet du droit en pleine face qui vous fait vaciller et plonger dans l’ancien temps, l’époque où les chemises à fleurs étaient encore plus brillantes et où la musique faisait délirer — oui, oui, les cigarettes aussi. Enfin bref, une époque révolue qu’Andrew STOCKDALE s’efforce de faire revivre via sa musique. Et il le prouve en nous faisant frapper dans les mains dès le premier titre, « Dimension ».Il nous emmène directement dans un autre univers.

Veste en jean sans manches sur un T-Shirt noir WOLFMOTHER – on n’est jamais mieux servi que par soi-même – cheveux courts, moustache et barbe qui le font ressembler à un officier de l’Empire autrichien du XIXᵉ siècle, Andrew est déjà à fond. Dès le second titre, « Woman » (celui qui a gagné le Grammy Award de la meilleure performance de Hard Rock en 2007), l’excellent guitariste présente les musiciens qui l’accompagnent. D’abord James, lui-aussi en T-Shirt WOLFMOTHER, qui tient le riff central avec solidité, puis Christian (véritable sosie de RINGO STARR) avec sa coupe à la BEATLES et son t-shirt WOLFMOTHER – sans manches, sûrement afin de frapper plus fort sur ses fûts.
Bon, comme on dit, « ce qui est fait n’est plus à faire », et Andrew peut continuer à enchaîner les uppercuts et les directs. Toute la puissance de « White Unicorn », « Apple Tree », « Mind’s Eye », « Colossal » remplit chaque recoin de la salle et nous abasourdit. Le public commence à s’exciter avec des pogos juste après « Midnight Train » et lance quelques stage divings, mais dans l’ensemble ça reste assez sage.

Avec sa voix suraiguë et écorchée, Andrew nous fait une démonstration avec ses refrains immédiats, ses ruptures psychédéliques et, surtout, ses riffs qui vous trouent le cerveau. Il ne parle pas beaucoup et laisse parler sa guitare, soutenu par la rythmique qui épaissit le son de WOLFMOTHER. Il encourage le public à frapper dans les mains puis annonce : « This one from the first record : « Where Eagles Have Been ». » Cet excellent titre, avec son fameux chorus « Nothing’s quite what it seems in the city of dreams », a le don de réveiller les pogos au centre de la salle.
Alors que la chaleur devient de plus en plus intense dans le public comme sur scène, le leader australien enlève sa veste pour « New Moon Rising » et continue de fasciner avec sa voix éraillée et suraiguë. Très avare en paroles, à part lorsqu’il présente ses chansons « How you doin’ tonight, who’s there? This is Feeling Love, it’s called « Feeling Love » », le guitariste semble plus à l’aise lorsqu’il joue que lorsqu’il doit prendre la parole.
« Gypsy Caravan » continue de pilonner l’ambiance Heavy Metal malaxée au son d’un vieux Hard Rock. J’aime beaucoup la musique de WOLFMOTHER et j’avais une petite crainte de la voir interprétée en Live. Là, toutes mes peurs se sont envolées. Je reste complètement sonné, abasourdi par le résultat.

La seule petite critique que je pourrais faire – mais c’est juste parce que la critique est bonne – c’est le manque d’interaction entre le guitariste et le public. Il laisse parler sa musique et ne baratine pas pendant deux heures sur tout et n’importe quoi. En même temps, c’est un Australien, pas un Américain. Cependant, il reste humble et respectueux envers ses fans. A tel point qu’après avoir bu un coup, il offre sa bouteille à un spectateur.
« C’est l’anniversaire de James demain », annonce le guitariste avant un nouveau titre. L’ovation que le bassiste reçoit du public semble bien le toucher. Le temps passe et il est bientôt l’heure de clore le spectacle. Et c’est avec le fameux morceau bien connu de la pub de la Peugeot 308 SW, « Joker & the Thief », qu’Andrew s’éclate et lâche tout. Il joue au-dessus de la tête, fait tourner le riff, frotte sa guitare sur le pied de micro et descend vers le crash-barrière pour faire jouer un peu le public avant de remonter sur scène.
Et c’est terminé. WOLFMOTHER salue ses fans et donne la setlist à un spectateur. Fin.

Cependant, le public n’a pas l’intention d’en finir et manifeste pour un nouveau morceau. Le groupe revient cinq minutes plus tard. Andrew annonce : « Got one more for you, okay ? ». Le public est aux anges lorsque WOLFMOTHER entame « Victorious », un des morceaux les plus solides du groupe.
Une heure et vingt-cinq minutes plus tard, c’est fini. Le groupe quitte la scène non sans avoir remercié la foule par un : « Hey, thank you for coming out tonight, you are a good crowd. »
Nous patientons un peu en attendant une éventuelle venue du groupe dans la salle, mais le temps passe et comme nous avons un peu de route à faire, nous quittons à regret les Docks sans avoir pu voir le trio australien. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.
Un grand merci aux Docks pour cette soirée !
